Mobilisation contre les suppressions de postes !

lundi 12 mars 2012

Depuis deux mois la répartition par académies et par départements des suppressions de postes d’enseignantEs est connue. Les réactions syndicales se sont limitées à des dénonciations. Maintenant que les annonces de suppressions arrivent dans les écoles, les collèges et les lycées, les personnels se mobilisent en ordre dispersé, au gré des caprices calculés des calendriers administratifs départementaux et des zonages des vacances de printemps.

Jouant évidemment des décalages du calendrier de départ en vacances, tout a été mis en œuvre par le ministère et les rectorats pour empêcher une convergence des luttes contre les suppressions de postes. Mais partout les mobilisations prennent de l’ampleur. Quelques exemples qui sont loin d’être isolés et qui témoignent de l’homogénéité des situations dans les départements.

Dans les Bouches du Rhône

Le 14 février le SE-UNSA 13 avait appelé à la grève dans le premier degré contre la carte scolaire. Le 22 février plusieurs centaines de parents d’élèves et d’enseignantEs se sont rassemblés devant l’inspection académique, à l’appel du SNUIPP 13, SUD Éducation.
Le 24 février, parents, enseignantEs et enfants d’écoles où des classes sont menacées de fermeture, sont venuEs occuper l’Inspection Académique dès 9 h, avec casseroles, slogans, banderoles, déguisements. À La Penne, Cuges, Aubagne, occupations d’écoles et manifestations se succèdent.

En Seine Maritime

Là non plus la carte scolaire ne passe pas (- 126 postes dans le 1er degré) et l’IA jette de l’huile sur le feu. Après une manifestation unitaire le 18 février, la grève unitaire du 1er degré a été décidée le 23, jour de la réunion du CDEN (Conseil Départemental de l’Éducation Nationale). Face au mépris de l’Inspecteur d’Académie au cours de cette réunion, parents, enseignantEs et éluEs ont décidé l’occupation de la Préfecture, durant une partie de la nuit. Finalement la carte scolaire est reportée au 21 mars.

En Seine Saint Denis

Dans les écoles de ce département, 2 244 élèves en plus sont prévuEs ; pour les accueillir, 39 postes doivent être supprimés ! Dans les collèges, alors que le nombre d’élèves va augmenter de près de 1400, la dotation diminue de 1 400 heures, soit un équivalent de 78 postes d’enseignantEs. Dans les lycées généraux et technologiques, 2 250 heures disparaissent. Dans les lycées professionnels, ce sont149 postes, soit 2 800 heures, qui sont supprimés. Une grève a été décidée le 16 février à l’appel de la CGT Éduc’action 93, de SUD, avec rassemblement devant l’IA à Bobigny. Dans le département voisin, le Val de Marne (94) la grève est prévue dans le premier degré pour le 15 mars.

Dans l’académie de Limoges

C’est l’une des académies les plus touchées, en proportion. Depuis le début du mois de février, journées "école morte", occupations, manifestations devant le Rectorat, sont quotidiennes, et aussi dans les communes concernées. À La Souterraine, toutes les écoles de la ville ont été occupées le 17 février, et à nouveau le 20 février. Samedi 25 février, la fête du carnaval s’est transformée en manifestation contre les fermetures de classes. Les instances départementales et académiques ont été boycottées et reportées.

Dans l’académie de Poitiers

En Charente, le Conseil d’Administration a voté à deux reprises contre la Dotation Horaire Globale. Les enseignantEs à l’unanimité ont déposé un préavis de grève pour la semaine du 12 au 16 mars et demandé une audience à l’IA.

En Charente Maritime, les enseignantES du collège Fromentin, à La Rochelle, avec le soutien de la FCPE, ont fait une grève unanime le 20 février. Ils ont décidé une nouvelle grève à partir du 20 mars, jour de la réunion du CTA (Comité Technique Académique). Au lycée Merleau-Ponty de Rochefort les personnels se mobilisent aussi. Au lycée Bernard Palissy, 9 postes de STI sont supprimés, les enseignantEs ne savent pas ni où ni dans quelle discipline elles/ils enseigneront.

Dans le Val-de-Marne

Le 27 Janvier, l’Inspecteur d’Académie annonçait ses mesures de carte scolaire pour le 94, 31 ouvertures et 66 fermetures de classes et 59 fermetures de postes destinés à l’aide aux élèves en difficulté (RASED, CLAD, soutien lecture en ZEP). En détruisant brutalement tous les dispositifs élaborés au fil des années pour répondre aux besoins des élèves en grande difficulté scolaire, ce sont non seulement les élèves déjà les plus fragiles qui sont directement touchés, mais aussi l’ensemble des élèves qui sont abandonnés. C’est le rôle même de l’école publique qui est remis en cause. Les organisations du premier degré SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, SUD Education, appellent à la grève et à manifester au Ministère le jeudi 15 mars 2012 pour s’opposer massivement à toutes les fermetures et dès la rentrée à se réunir dans les communes où seront organisées des réunions d’information syndicales unitaires le samedi 10 Mars.

L’exigence d’une centralisation des luttes

Ce tour d’horizon est évidemment très incomplet. Il n’est pas un département qui ne soit durement touché par les suppressions de postes à la rentrée 2012.

L’unité intersyndicale et la mobilisation des parents d’élèves se réalisent naturellement sur le terrain. Mais l’administration joue à plein des divisions, en jouant sur les dates, imposant des rythmes différents dans le premier et le second degré, évitant de tenir les comités techniques le même jour dans les départements d’une même académie. Les directions syndicales départementales se calquent trop facilement sur ce calendrier imposé. Ainsi dans l’académie de Poitiers, où elles envisagent une grève le 16 mars dans les Deux-Sèvres (79), le 27 mars en Charente (16), une manifestation le samedi 24 mars dans la Vienne (86), une grève le 5 avril en Charente Maritime (17).

La responsabilité des directions syndicales au niveau national, c’est bien d’ouvrir pour les personnels et les parents mobilisés la perspective d’une centralisation de la lutte en proposant la grève reconductible nationale dès le 12 mars, jour de rentrée de la dernière zone.

Raymond Jousmet, 26/02/2012.


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