Contribution Emancipation : contre la "culture commune", une culture scolaire à visée émancipatrice

lundi 5 mars 2012
par  QD, Administrateur

Ci-dessous une contribution d’un militant d’Emancipation dans le cadre de la préparation du congrès national du SNES, à propos de la culture commune.

Contre la "culture commune",

une culture scolaire à visée émancipatrice

La notion de "culture commune" a été imposée par le pouvoir, dans la foulée du "débat national" sur l’école en 2003 et avec son inscription dans la loi Fillon de 2005.

Certes le texte préparatoire au congrès dénonce "l’apartheid social" qui en découle (1.1) et, plus loin, le projet d’école du socle (2.1) fondé sur le LPC et un " .socle commun utilitariste et figé en 7 compétences peu lisibles" (2.2.3.1).

Mais quelle est la lisibilité des mandats du SNES et des propositions du texte ?

Face à la culture commune, le SNES oppose une "culture commune émancipatrice" (1.1). Et le texte réutilise à de multiples reprises la seule expression "culture commune" (paragraphes 1.1, puis 1.2.1, 2.1, et 2.2.3.1) pour décrire un projet dont on ne voit pas bien en quoi il est fondamentalement contre la culture commune.

Pour Émancipation il s’agit d’opposer à la culture commune la notion de culture scolaire à visée émancipatrice.

Il s’agit bien en effet de définir une culture scolaire, car dispensée à l’école et par l’école, et qui doit concourir, avec d’autres lieux de diffusion culturelle, à l’émancipation de la personne. Pour nous, l’école doit être un lieu d’apprentissage de l’exercice de ses droits (ce qui présuppose que les enfants et les jeunes aient des droits dont l’exercice ne soit pas faussé et réduit par les dispositifs institutionnels, comme par exemple dans les conseils de classe).

Elle doit aussi permettre, par la sollicitation de différents champs disciplinaires, l’accès de touTEs à la compréhension des diverses grilles de lecture du monde d’aujourd’hui. Une telle culture scolaire est donc nécessairement de portée universelle, et ce qui fait sens commun , ce n’est pas tant le fait que toute une classe d’âge doive apprendre et avoir acquis la même chose au même moment de son parcours, indépendamment de ses origines sociales et de ses aptitudes, (conception qui ne peut conduire qu’à une définition d’un strict minimum sur le modèle du socle), mais le fait que nous sommes touTEs confrontéEs au même monde, et qu’au final de son parcours scolaire, chacunE aura pu s’approprier un large éventail commun de méthodes, d’analyses et de pratiques qui, formant à l’esprit critique, lui permettront d’agir et de penser en être libre.

Le débat n’est seulement sémantique, car, comme l’indique le texte des rapporteurs (1.2.1) la culture scolaire qu’il s’agit de transmettre est bien un "élément structurant d’un second degré cohérent", et nous ajoutons : "d’un système éducatif cohérent".

Raymond Jousmet


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