Contribution Emancipation : “Entretien d’évaluation”, quelle riposte ?

lundi 13 février 2012
par  QD, Administrateur

Ci-dessous une contribution d’une militante d’Emancipation dans le cadre de la préparation du congrès national du SNES, à propos des "entretiens d’évaluation".

_ “Entretien d’évaluation” : quelle riposte ?

Le projet de décret Chatel sur l’entretien d’évaluation est reporté. Jusqu’à quand ?

Ce projet particularise aux enseignants le décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales d’appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l’État, et qui concerne TOUTE la Fonction publique. Un “entretien professionnel”, “conduit par le supérieur hiérarchique direct” et “qui donne lieu à compte rendu” est imposé à tous les fonctionnaires. Au vu de “l’appréciation générale exprimant [sa] valeur professionnelle” l’agent pourra bénéficier de “réductions ou des majorations d’ancienneté par rapport à l’ancienneté moyenne” pour accéder à l’échelon supérieur. Cette procédure remplace la notation et la promotion selon trois rythmes (ancienneté, petit et grand choix).

L’objectif de cet entretien d’évaluation est le même pour tous. Chacun devra élaborer un rapport sur ses résultats, ses objectifs (voire ceux de son équipe). Quoi de mieux pour nous contraindre à “de nouvelles manières de travailler”  ? L’entretien instaure le management par objectifs et l’avancement à la performance. Le problème n’est donc pas tant “qui évalue” (le seul chef d’établissement ? l’inspecteur ? les deux ?), que l’objectif de ce système.

L’entretien professionnel est un outil de “gestion des ressources humaines” et de “pilotage” des “réformes” élaboré en liaison avec la loi organique relative aux lois de finances (décret de 2002). Le décret du 29 décembre 2011 ne fait que reporter au 1er janvier 2013 son extension à tous (les décrets antérieurs seront alors abrogés).

Alors, faire des “propositions alternatives” sans exiger l’abrogation de ces textes, c’est participer à l’application de cette évaluation-management. Ainsi l’école qui forme les personnels de direction et d’inspection (ESEN) parle de “pilotage partagé (…) entre les corps d’inspection et les personnels de direction”.

L’un des acquis du statut de la Fonction publique (1946) et des décrets de 1950 est ainsi menacé : le droit syndical et le rôle des CAP dans l’avancement (permettant de limiter l’arbitraire de la hiérarchie).

C’est pourquoi, il convient d’exiger non seulement le retrait définitif du projet Chatel, mais aussi l’abrogation des textes mettant en place ce processus de management de la performance : décret de 2010, loi de mobilité (2009), loi de modernisation de la fonction publique (2007), ainsi que la LOLF de laquelle découle la RGPP.


Hélène Bertrand (Émancipation)


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