Le seul dialogue que connaissent le capitalisme et ses sbires, c’est le rapport de force !

lundi 30 janvier 2012
par  QD, Administrateur

Ci-dessous et en pièce jointe, l’analyse d’Emancipation sur les enjeux d’actualité.

Au moment où les conditions de travail, d’emploi, de vie, sont menacées de devenir encore plus difficiles, que signifie ce "dialogue social" brandi par Sarkozy, et accepté par son opposition politique comme par des directions syndicales ? Tout d’abord l’exploitation que fait le lobby capitaliste (spéculateurs, banques, Commission européenne, FMI…) de la crise du capitalisme mondialisé pour faire payer les salariéEset les classes populaires et pour liquider tous les acquis sociaux. Mais aussi le bilan social des cinq années de Sarkozisme. Ou encore le refus de l’opposition de rompre avec ces logiques, notamment sur l’école…

On voit bien que le seul "dialogue social" à la hauteur de la situation, c’est le rapport de force pour les revendications.

En finir avec le "dialogue social"
L’urgence pour le syndicalisme est de créer les conditions d’une dynamique interprofessionnelle et d’un affrontement avec ce pouvoir par la grève générale. Mais les directions syndicales ont fait un choix radicalement opposé en apportant leur caution à la mascarade du "sommet social" du 18 janvier, qui ne visait qu’à préparer la réélection de Sarkozy et à franchir une nouvelle marche dans l’austérité, en voulant donner l’apparence d’un consensus national. La "TVA sociale" prépare un transfert de milliards d’euros au détriment de la Sécurité sociale. Le développement de la flexibilité et de la précarité (chômage partiel, recours au CDD, contrat contre statut avec le protocole précarité dans la fonction publique…) vise à fragiliser encore davantage les conditions de travail et d’emploi. Les "pactes compétitivité – emploi" proposés ont pour fonction de parachever la politique de "dialogue social" en associant les organisations syndicales aux suppressions d’emplois.
Pourquoi légitimer une politique qui est massivement rejetée, et donner au gouvernement un point d’appui pour la poursuivre ? Réclamer des "concertations" en s’adressant aux parlementaires UMP, et en se complaisant dans une forme d’attentisme électoral, ne permet pas d’engager l’action qu’impose la situation.

L’Éducation nationale résiste, transformons l’essai
L’éducation nationale est en première ligne de l’austérité : les suppressions de postes et donc d’emplois annoncées s’ajoutent aux précédentes et à l’ensemble des contre-réformes en cours pour déstabiliser de façon profonde le système éducatif. Sur l’évaluation des enseignants, l’arbitraire des chefs d’établissement et recteurs, le raccourcissement et la régionalisation des vacances d’été, Sarkozy veut passer en force avant les présidentielles, et promet en cas de second mandat (vœux au monde l’éducation du 05 janvier) d’en finir avec le collège unique et le statut enseignant (recrutement local et gestion managériale, temps de présence, bivalence…).
Ces nouvelles menaces s’ajoutent aux conséquences d’une politique éducative dont nous connaissons les effets depuis plusieurs années. De la suppression de fait de toute formation des maîtres avec la "masterisation", en passant par l’accumulation de "réformes" à tous les niveaux d’enseignement, jusqu’au fichage numérique en marche qui constitue une grave menace pour les libertés … la liste serait longue et les résultats connus : une détérioration grave des conditions de travail des personnels et des élèves.
L’attentisme électoral n’est donc pas de mise, d’autant moins quand on voit les programmes des autres candidats.

La détermination des personnels à combattre cette politique n’a cessé de se manifester : la mobilisation du 15 décembre pour le retrait du projet de décret ministériel sur l’évaluation montre une disponibilité pour se mobiliser, et ce malgré des conditions difficiles (veille des congés de Noël). Quand le syndicalisme est clair sur la revendication (le retrait) et les moyens de lutte (la grève), le gouvernement est mis en difficulté comme sur le projet sur l’ "évaluation" des personnels. Le ministère manœuvre pour contourner une résistance à laquelle il ne s’attendait pas ; c’est tout le sens du report d’un an de l’application du décret Fonction publique sur l’évaluation (dont le décret Chatel est la déclinaison dans l’éducation), et de l’ouverture de "concertations". Les organisations syndicales doivent continuer à boycotter ces "concertations" et annoncer qu’elles poursuivent l’action dans l’unité la plus large possible :
- en appelant à tenir des AG pour organiser la mobilisation et la grève jusqu’au retrait du décret Chatel et pour l’abrogation du décret de 2010 généralisant à toute la fonction publique les "entretiens individuels d’évaluation".
- en organisant un combat d’ensemble, de la maternelle à l’université, pour la rétablissement des postes supprimés et la création de tous les postes nécessaires, contre cette politique de casse de l’Enseignement public et des statuts, pour le retrait des "réformes".

Une telle stratégie permettrait de déjouer les manœuvres du pouvoir, de construire le rapport de forces et gagner sur ces revendications, quel que soit le gouvernement (actuel ou à venir).

Émancipation tendance intersyndicale
Le 30 janvier 2011

Pour tout contact : er@emancipation.fr


Documents joints

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