Régularisation de TOUS les « Sans-Papiers », RETRAIT du nouveau projet de CESEDA

mardi 24 août 2010
par  QD, Administrateur

Ci-dessous et en pièce jointe, le texte sur les sans papiers, adopté lors de la Semaine d’Emancipation à Anost (71) en juillet.

Régularisation de TOUS les « Sans-Papiers »
RETRAIT du nouveau projet de CESEDA

En dépit des obstacles, de la répression quotidienne (arrestations, rafles, enfermement, expulsions…) les mobilisations des Sans-Papiersfont preuve d’une grande ténacité : acte II de la grève des travailleurs Sans-Papiers (plus de 6000 grèvistes), « marcheParis-Nice » à l’initiative du « Ministère de la régularisation de tous les sans papiers ». Ces mobilisations s’appuient sur un important élan de solidarité, dans les villes, les quartiers… Et elles s’articulent aux luttes en défense des « acquis sociaux » (la présence, l’accueil chaleureux des Sans-papiers dans les manifestations en sont une expression visible).

Dans le même temps, Besson a rédigé son texte modifiant le code des étrangers (CESEDA) (le 4ème texte de loi en 7 ans), et Sarkozy a préparé les « festivités » marquant le soixantième anniversaire de l’indépendance des pays d’Afrique (sommet de Nice ; défilé militaire du 14 juillet …).

Alors que les firmes délocalisent les usines dans les pays du « tiers monde », de « zones franches » en « zones franches », à la recherche d’une main d’œuvre non organisée et bon marché, le gouvernement français, et les autres États impérialistes d’Europe, organisent sur leur propre territoire « l’immigration choisie ». L’accumulation de la richesse dans le système capitaliste s’accompagne du pillage des ressources naturelles, de l’endettement des pays du « tiers monde », avec l’appui du FMI ainsi que de la production d’une « armée industrielle de réserve » qui fournit au patronat une main d’œuvre toujours disponible et exploitable.

C’est dans le cadre de cette politique néocoloniale, que se mènent les « négociations » et les accords de « nouveau partenariat » entre le gouvernement français et les chefs d’États d’Afrique.

Le gouvernement français, comme les États de l’Union Européenne distribuent des prébendes aux gouvernements d’Afrique, afin qu’ils collaborent à la politique « d’immigration choisie » au service des bourgeoisies des États d’Europe. Cette politique contribue à renforcer l’arsenal policier et militaire là-bas comme ici. Cette criminalisation de l’immigration (et donc de l’émigration dans les pays du « sud ») génère un important trafic de main d’œuvre émigrée et la multiplication des camps de rétention, le tout orchestré par le système Frontex de rétention des sans papiers aux frontières de l’Europe, avec la complicité de la plupart des gouvernements d’Afrique du Nord.

Les lois répressives Sarkozy-Hortefeux-Besson sont une machine de guerre contre touTEs les travailleurEs et la jeunesse. Les « expulsions » n’ont pas pour objectif de diminuer le nombre de sans papiers. Leur seul objectif est de maintenir la pression sur l’ensemble des travailleurs Sans-papiers et leurs familles ; de les faire vivre dans la peur permanente. Au-delà, l’étalage des forces de polices, la multiplication des contrôles et des rafles visent touTEs les travailleurEs et les jeunes tout en cherchant à les dresser les uns contre les autres. C’est pour cela que Sarkozy multiplie les lois réduisant les possibilités de régularisation et facilitant les arrestations, les expulsions…

Dans cette situation, est-il possible de combattre la politique « d’immigration choisie » en « négociant » avec le patronat, avec Sarkozy et son gouvernement une circulaire « pour des critères clairs et objectifs de régularisation » ? Une « nouvelle » circulaire ne peut être qu’une circulaire d’application des lois Sarkozy-Hortefeux-Besson « d’immigration choisie ».

La défense individuelle des dossiers de régularisation des sans papiers est légitime, et ce par tous les moyens (au même titre que la défense individuelle des salariés victimes de la répression patronale). Mais cela peut-il justifier de réclamer à Sarkozy une « bonne immigration choisie » ?

Certes, environ 6000 dossiers de demande de régularisation doivent être déposés en quelques semaines. Mais rien ne garantit que ces « Sans-Papiers » seront tous régularisés (un certain nombre de grévistes ont déjà été arrêtés et expulsés). Et surtout, le nouveau projet de loi Besson adopté en conseil des ministres le 30 mars 2010, au moment même où se déroulaient les « négociations » entre les dirigeants syndicaux et associatifs du groupe des 11 et certains représentants patronaux, est conçu comme une nouvelle machine pour accroître la répression et les expulsions.

Le droit à la libre circulation et à l’installation sur l’ensemble de la planète est un droit élémentaire pour tous. Pour cela, pas besoin de lois. Pire, ce sont les lois qui limitent ce droit et créent des « sans papiers ».

On ne peut donc que rappeler les conclusions du tract Emancipation diffusé lors de la « marche des Sans-Papiers » Paris-Nice.

Contre la politique « d’immigration choisie », contre le pillage des ressources et des hommes des pays « dominés » du « sud », la solidarité des travailleurEs françaiSEs avec les travailleurEs et la jeunesse d’Afrique qui sont « chasséEs ici et pilléEs là-bas » impose d’exiger :
- Le retrait de toutes les troupes françaises d’Afrique ;
- L’annulation de la dette.

Contre cette politique « d’immigration choisie » et de « dissuasion de l’asile » qui conduit de plus en plus d’étrangers à vivre dans la clandestinité, le mouvement ouvrier, les associations doivent se battre sur des revendications claires :
- Régularisation de TOUS les Sans-Papiers ; RETRAIT du nouveau projet de CESEDA.
- Respect du droit d’asile ; fermeture des CRA.
- Abrogation des lois Sarkozy-Hortefeux (ainsi que du CESEDA) ; abrogation de toutes les lois qui limitent la circulation et l’installation (Pasqua, Chevènement…) ; abrogation de Frontex.
- Suppression du Ministère de « l’identité nationale ».

Assez de négociations avec le gouvernement, avec le patronat sur le dos des « Sans-Papiers ». Les intéressés doivent gérer eux-mêmes leur lutte avec le soutien des organisations (et non l’inverse).

C’est sur cette orientation qu’intervient Émancipation dans les mobilisations contre la politique Sarkozy-Besson .

Semaine d’Anost, 9-18 juillet 2010


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