Résistons pied à pied pour sauvegarder et améliorer la formation des enseignanTEs

samedi 21 août 2010
par  QD, Administrateur

Ci-dessous et en pièce jointe, le texte sur la formation des enseignants, adopté lors de la Semaine d’Emancipation à Anost (71) en juillet.

Résistons pied à pied pour sauvegarder et améliorer la formation des enseignanTEs

Malgré les mobilisations, malgré les résistances, le gouvernement prétend imposer dès la rentrée 2010 la destruction de la formation initiale et continue des enseignantEs, partie intégrante des statuts.

C’est une régression sans précédent dans l’histoire du système éducatif français. Le remplacement de la formation initiale par les Masters ne nous ramène pas seulement aux années antérieures à 1991, date de création des IUFM, conçus pour dispenser la formation professionnelle du 1er et du 2d degré.
- Il nie tout principe d’une formation professionnelle spécifique pour les Professeurs des Ecoles, principe hérité de la Révolution française et de la création des Ecoles Normales en 1794. Certes, quelques IUFM poursuivront une partie de leurs activités au sein des Universités, mais dans de nombreux départements des sites seront fermés.
- Pour les enseignantES du Second degré, c’est la disparition d’une formation professionnelle commune parfois critiquée, mais qui constituait dans son principe un grand pas en avant par rapport à l’ancien dispositif des CPR (Centres Pédagogiques Régionaux).

Des officines privées ne s’y sont pas trompées, et se positionnent déjà sur ce nouveau marché, proposant aux nouveaux/elles recrutéEs des stages payants pour préparer leur entrée dans le métier. Les étudiantEs et les nouveaux/elles enseignantEs devront se payer leurs formations jusqu’ici payées par l’Etat.

Le nouveau dispositif introduit aussi des éléments de déréglementation, puisque son application est variable d’une académie à l’autre. Mais partout les nouveaux/elles enseignantEs sont placéEs en responsabilité face à des élèves à temps plein ou quasiment plein, la formation étant réduite à quelques semaines dans l’année scolaire, avec un vague compagnonnage. Cette situation ne peut que générer de vives tensions pour les enseignantEs, les élèves et les parents.

En outre, les nouvelles modalités de recrutement, en multipliant les conditions à remplir (Master 2, C2i, CLESS II, concours) constituent un obstacle supplémentaire au recrutement des jeunes d’origine populaire, créent une inégalité entre les candidats au niveau national, favorisent le développement d’un vivier de personnels précaires, et font régresser les droits actuels des précaires en poste.

De ce point de vue, les directions syndicales qui ont soutenu -y compris par leur vote- la "mastérisation" portent une écrasante responsabilité.

C’est pourquoi Emancipation exige l’abrogation des lois, décrets et circulaires, concernant le recrutement et l’entrée dans le métier des enseignantEs. Elle appelle à généraliser toutes les formes de résistance, en en particulier le refus d’être tuteur ou tutrice.

Pour une véritable formation professionnelle et pour la démocratisation des recrutements, Emancipation revendique :
- des pré-recrutements égalitaires à l’issue du Bac ouvrant droit au statut d’étudiant salarié, en lien avec un plan de recrutement pluri annuel ;
- le maintien des concours de recrutements à l’issue de la troisième année de Licence, ouverts aux personnes qui n’auront pas été pré-recrutées, concours rénovés et venant après des Unités d’Enseignement optionnelles de découverte et de sensibilisation organisées au sein de parcours Licence rénovés dans le cadre de l’abrogation de la LRU ;
- l’autonomie budgétaire des IUFM et leur indépendance vis-à-vis des tutelles pédagogiques, hiérarchiques et territoriales, conçus comme des écoles professionnelles universitaires spécialisées. La formation dans les IUFM doit s’inscrire dans un cadrage national évitant l’atomisation des formations.
- Une formation largement ouverte aux pédagogies actives centrées sur la coopération et le tâtonnement expérimental ;
- deux années de formation professionnelle initiale rémunérée sous statut de fonctionnaire stagiaire après obtention du concours, prévoyant une entrée progressive dans le métier et ce pour toutes les catégories d’enseigantEs.
- la reconnaissance pleine et entière d’un niveau de qualification à Bac + 5, comme c’est le cas par exemple pour d’autres écoles professionnelles (écoles d’ingénieurs, par exemple) ;
- une première année de fonctionnaire titulaire permettant d’articuler acquis théoriques aussi bien disciplinaires que didactiques, et pratiques pédagogiques

Emancipation, semaine d’Anost, 8-18 juillet 2010.


Documents joints

télécharger le texte en PDF
télécharger le texte en PDF

Brèves

10 juillet -  Retrait des projets Macron, retrait du projet de réforme du code du travail

Motion votée le 28 juin au Conseil syndical du SNUipp 13
Les premiers projets ou annonces du (...)

26 juin - La rentrée ne peut pas se faire dans ces conditions !

Appel intersyndical IDF
Jeudi 29 juin se tient un CTSD ayant à l’ordre du jour les dotations en (...)

2 février - Communiqué PPCR

Mise en œuvre du protocole PPCR : plus de risques que de bénéfices sur la feuille de paye (...)

1er octobre 2016 - L’évaluation en débat au CDFN de la FSU

Le projet de réforme de l’évaluation des personnels vient compléter l’ensemble des réformes qui ont (...)

2 septembre 2016 - Retrait du projet “d’évaluation” des personnels enseignants !

La mise en place de la loi de “refondation” de l’école (2013) impose la redéfinition du métier (...)