Dès la rentrée, pour la défense du service public d’éducation aussi

samedi 21 août 2010
par  QD, Administrateur

Ci-dessous et en pièce jointe, le texte sur le système éducatif adopté lors de la Semaine d’Emancipation à Anost (71) en juillet.

Dès la rentrée, pour la défense du service public d’éducation aussi

De la maternelle à l’université, l’accès à l’éducation et à l’instruction pour touTEs est en voie de destruction, sous les assauts répétés du pouvoir en place.

A l’école maternelle, après la suppression de la scolarisation des enfants de 2 ans, la scolarisation des enfants de 3 ans est menacée, et au-delà l’ensemble de la maternelle. Malgré les fortes mobilisations, la création des Jardins d’éveil, structures qui seront à la charge des familles et des collectivités locales, a été inscrite dans la loi en catimini, à quelques semaines des départs en vacances. L’accueil de la petite enfance est dégradé avec la baisse des taux d’encadrement et des qualifications requises pour les futurs recrutements.

Dans tout le système éducatif, c’est la réduction du temps d’apprentissage et du temps scolaire : suppression du samedi matin dans le Premier degré, réduction d’horaires disciplinaires dans le Second degré, raccourcissement de la voie professionnelle de 4 ans à 3 ans avec la mise en place du nouveau Bac Professionnel et la suppression des BEP, multiplication des « évaluations » nationales qui n’ont aucune fonction pédagogique, mais uniquement un but de « pilotage » du système éducatif et de gestion des flux. La mise en place du « socle commun », articulée avec les nouveaux programmes, organise l’appauvrissement des connaissances transmises, accentue leur caractère idéologique au service du capitalisme libéral et espère formater une jeunesse docile.

Pour les personnels, c’est la destruction totale de la formation initiale et continue des enseignantEs avec la "mastérisation », qui oblige les nouveaux/elles titulaires des concours à enseigner (-)à temps plein sans aucune préparation sérieuse. La formation initiale et continue ne sera plus payée par l’Etat mais par les étudiantEs et les enseignantEs. Les statuts et les missions des ConseillerEs Principaux/ales d’Éducation et des ConseillerLs d’Orientation sont menacés. Les conditions de travail et d’enseignement sont dégradées : multiplication des tâches, fermetures de classes, suppression de 16 000 postes en 2011, s’ajoutant aux 40 000 postes déjà supprimés de 2008 à 2010, concentration des enfants et des jeunes dans des classes et des établissements de plus en plus chargés, étouffement progressif de l’enseignement spécialisé. Dans le même temps, le développement de l’école privée s’accélère grâce aux financements publics accrus.

Le tout est habilement enrobé dans un discours officiel démagogique, qui fait croire à la poursuite d’ objectifs généreux alors les ambitions sont réduites, qui fait croire que le gouvernement prend en charge l’échec scolaire avec des dispositifs sortis du temps de classe, alors qu’il refuse aux jeunes en difficulté le temps nécessaire à la consolidation de leurs acquis quand ils sont fragiles, et qu’il leur propose comme seule perspective la sortie le plus vite possible vers l’apprentissage.

Dans un tel contexte, Emancipation
- Soutient les revendications d’abrogation et de retrait de tous les textes cassant l’Education Nationale depuis 2003 (décentralisation, loi Fillon de 2005, LRU, « mastérisation », réforme des lycées …).
- Appelle au boycott des évaluations nationales, du socle commun et des divers dispositifs qui lui sont liés (pseudo soutien, cahiers de compétences…)
- Appelle au refus de participer de quelque manière que ce soit au nouveau dispositif d’entrée dans le métier d’enseignantE qui tient prétendument lieu de formation.
- Soutient tous les « désobéissantEs » du premier comme du second degré et participe à leur défense.
- Exige la création des postes statutaires nécessaires pour réduire les effectifs des classes (pas plus de 24 élèves), et pour multiplier les écoles et établissements de proximité à taille humaine.

Elle intervient pour que ces revendications soient reprises par les directions syndicales, consciente que ces exigences ne peuvent être satisfaites que si elles sont accompagnées par des luttes déterminées. Ces mobilisations doivent se développer dès la rentrée, et s’intégrer dans la lutte sociale d’ensemble, en premier lieu sur les retraites.

A plus long terme, Emancipation milite pour une éducation polyvalente et polytechnique, sans orientation jusqu’à la fin de l’actuel lycée, et défend les pédagogies centrées sur la coopération, le tâtonnement expérimental et visant à l’épanouissement de l’esprit critique. Elle défend la perspective d’un système éducatif réellement démocratique pour touTEs dans le cadre d’une société en rupture avec le système capitalisme.

Emancipation, Semaine d’Anost, 8-18 juillet 2010.


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