Y-a-t-il une direction dans le syndicat ?

Alors que la maison brûle (statuts, précarité, laïcité…)
vendredi 5 janvier 2007
par  Daniel Koechlin

Le rapport d’activité de la direction sortante laisse une sensation de malaise : chaque secteur présente son activité, sans qu’apparaisse de cohérence générale. Et sans que les tendances du syndicat ne puissent présenter dans la même US leurs critiques, ce qui un moyen d’en limiter la portée "techniquement", à défaut d’avoir apporté les réponses politiques qui s’imposaient. Par exemple sur le mouvement lycéen contre la loi Fillon qui n’apparaît même pas dans l’introduction. Et pour cause, vu que c’est un des grands échecs de ce mandat, pendant lequel le SNES a plus perdu en un an et demi qu’en quarante ans d’existence… Et le prochain congrès s’annonce plus préélectoral que de luttes, dans une situation d’agression annoncée quel que soit le résultat de ces élections.

La direction sortante n’a pas été à l’offensive contre le libéralisme…

Les leçons des grèves de 2003 n’ont pas été tirées et les mêmes erreurs ont été réitérées lors du mouvement lycéen ou anti-CPE... Toutes les luttes d’ampleur se sont construites à partir d’AG souveraines, d’établissements et de secteurs, se coordonnant démocratiquement entre elles et associant les syndicats sans exclusive, pour généraliser le mouvement. C’est cette forme de mobilisation qui a fait céder le pouvoir sur le CPE mais… la direction du SNES n’appuie pas ce type d’auto-organisation et ne reconnaît pas les structures démocratiques nées des luttes ! Elle se borne à constater les résultats le plus souvent décevants d’une "unité" construite au sommet, sur des revendications a minima et sans dynamique de lutte, avec les directions syndicales les plus timorées, et de surcroît excluant certaines forces (CNT, FO, SUD...).
Ainsi, lors du mouvement lycéen de 2005, où le SNES et la FSU n’ont jamais appelé à la grève, condamnant les lycéenNEs à l’isolement. Idem pour le CPE : manifs sans grève, appels à la grève tardifs et du bout des lèvres, refus de rechercher la généralisation du mouvement... à chaque fois il a fallu la pression de la base pour contraindre les directions syndicales à s’engager dans l’action… et elles ont fait cesser la mobilisation dès les premiers reculs. Concernant le statut de 50, la direction nationale a une fois de plus freiné pour appeler finalement - après d’autres syndicats - à la grève le 18 décembre, se gardant bien de prévoir une nouvelle grève malgré la réussite de la première !
Il faut cesser cette stratégie d’unité a minima, de "journées d’action" sans débouché (cf. 28 septembre) !

... et a montré qu’elle était en panne de projet alternatif

trois graves carences revendicatives ont marqué la période récente :

- la précarité : alors que des précaires se mobilisaient à nouveau (campements de non-titulaires à Nice et Créteil), jamais la direction du SNES n’a cherché à généraliser ces mouvements ni apporté de soutien à la coordination nationale qu’ils ont créée. Malgré l’échec des "plans de résorption de la précarité", elle refuse la titularisation de touTEs les précaires sans concours alors qu’ils/elles sont licenciéEs par milliers ou employéEs sous des "statuts" encore plus fragilisés.

- la laïcité : la direction UA du SNES a tenté de faire intégrer dans la FSU des syndicats de l’enseignement privé et l’EE lui a prêté main forte. Heureusement, ce projet a été repoussé, du fait de l’opposition de certains S3 et des tendances minoritaires. Le SNES et la FSU ont refusé d’organiser une mobilisation pour défendre les lois laïques (loi de 1905), et n’ont toujours pas engagé la lutte contre la loi forçant les communes à subventionner encore davantage les écoles privées.

- l’indépendance syndicale : le candidat Sarkozy veut "thatchériser" la société française et casser le mouvement social, l’opposition n’offre pas d’alternative et S. Royal agresse publiquement les enseignantEs. Un syndicat ne saurait se limiter à un commentaire plus ou moins critique des programmes électoraux : l’heure est à la mobilisation de touTEs les travailleurEs pour dire l’urgence d’abroger l’ensemble des lois réactionnaires votées depuis plusieurs années, et construire la grève générale nécessaire pour stopper le rouleau compresseur libéral.

Nous appelons donc les syndiquéEs à dire NON à une forme de syndicalisme qui tourne le dos aux urgences revendicatives, qui se contente de s’adapter là où il faudrait lutter.
Ce NON est un NON à la direction "pluraliste" Unité & Action / "Ecole Emancipée" (qui cautionne au quotidien la plupart des dérives de la direction nationale, et continue d’en faire partie), un NON qui se veut une contribution pour agir avec tous ceux et celles qui souhaitent un syndicalisme de lutte, qui s’affirme clairement anticapitaliste.

VOTEZ NON AU RAPPORT D’ACTIVITE, et NON au rapport financier qui en découle et concentre plus de la moitié des ressources au niveau d’une direction aussi coûteuse qu’inefficace.

contact : Catherine Dumont, er.emancipation@free.fr


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