Congrès FSU : Lutter pour le retrait des « réformes » ; en finir avec le « dialogue social » !

Tract d’Emancipation pour le congrès 2010 de la FSU à Lille.
dimanche 31 janvier 2010
par  Communiqué Émancipation

Dans l’Education nationale comme dans toutes les Fonctions Publiques les personnels s’interrogent de plus en plus sur le bilan de l’action syndicale de ces dernières années, et le congrès national de la FSU a l’obligation de répondre à leurs attentes en changeant de stratégie syndicale...

Année scolaire 2007 – 2008 : Grèves d’une journée les 18 octobre 2007 ; 20 novembre 2007 ; 24 janvier 2008 ; 18 mars 2008 ; 15 mai 2008 ; 10 juin 2008. Manifestation nationale le 18 mai 2008.
Résultats : 22 800 postes supprimés dans la Fonction Publique en 2008, dont 11 200 supprimés dans l’Education Nationale, mise en place des "réformes" dans les écoles primaires et maternelles en septembre 2008 (suppression du samedi matin, aide personnalisée, nouvelles évaluations, nouveaux programmes), suppression progressive du BEP et généralisation du bac Pro en 3 ans, application de la loi LRU, stagnation salariale, financement accru des écoles privées (Loi Carle), accords Kouchner-Mauberti qui reconnaissent les diplômes délivrés par les facultés catholiques.

Année scolaire 2008 – 2009 : manifestation nationale le 19 octobre 2008 ; grèves d’une journée les 20 novembre 2008 ; 29 janvier 2009 ; 19 mars 2009 ; "journées d’actions décentralisées" le 26 mai 2009 ; manifestations le 13 juin.
Résultats : 30 000 suppressions de postes dans la Fonction Publique en 2009 dont 13 500 supprimés dans l’Education Nationale ; stagnation salariale toujours, « report » de la réforme Darcos du lycée général à 2010, report d’un an de la réforme dite de la "mastérisation", agrément des universités catholiques.

Pourtant, la grève générale en Guadeloupe et en Martinique, les manifestations interprofessionnelles des 29 janvier et 19 mars 2009, la mobilisation exceptionnelle à l’université, le mouvement lycéen, attestent de la volonté de lutte.

Va-ton laisser brader les derniers acquis sociaux, les services publics et le syndicalisme ?

En 2010, le gouvernement poursuit sa politique de destruction du service public d’éducation, avec la réforme Chatel des lycées, la suppression des IUFM et de la formation des enseignantEs par la "mastérisation », et le développement de la précarité. Il généralise les atteintes aux libertés et la répression. Il annonce de nouvelles régressions sur les retraites avec l’aval du COR. De même pour l’étranglement des hôpitaux publics et pour la destruction de la fonction publique territoriale, du statut des fonctionnaires et de la garantie d’un service public égalitaire. Sarkozy se fait fort de balayer les derniers acquis sociaux, les services publics, le syndicalisme y compris la FSU, tout en saluant « la responsabilité » des directions syndicales qui n’envisagent pas de riposte unitaire à la hauteur.

Les enjeux du 6ème congrès national de la FSU sont donc considérables.

Il s’agit tout d’abord de sortir de ce congrès avec un positionnement clair : retrait et abrogation de tous les projets et contre-réformes qui nous ont été assénées depuis 2007, voire 2003. Il s’agit enfin de revenir aux fondamentaux du syndicalisme de lutte de classes : rupture avec le dialogue social, refus de se couler dans le moule de la représentativité syndicale forgé par le patronat et la droite, refus d’intégrer le syndicalisme européen d’accompagnement et de renoncement, c’est-à-dire la CES.

Pour la direction nationale assurée conjointement par U&A et EE, la « crise met à l’ordre du jour l’urgence d’une profonde transformation sociale ». Mais s’agit-il de se situer dans une perspective de « replâtrage » du capitalisme ; au prix d’un abandon des acquis en concertation avec le gouvernement ? S’agit-il de réunifier le syndicalisme ouvrier issu de l’éclatement de 1947 pour en faire un outil au service des luttes, ou s’agit-il d’aligner la FSU sur le "syndicalisme rassemblé" prôné par l’appareil de la CGT ?
Pour Émancipation, la perspective de « transformation sociale » sur laquelle il faut lutter c’est celle de : « l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ». Sur cet axe, il est possible de faire émerger un projet clair, lisible et mobilisateur, de placer au centre de notre réflexion collective l’action et la confrontation avec le gouvernement.


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