CDFN FSU 20-21 octobre 2009 - Motions présentées par la tendance Emancipation

jeudi 5 novembre 2009
par  PB, Administrateur

Motion stratégie syndicale

Dans la lutte de classe contre le capitalisme (re)construire le rapport de force, vers la grève générale

L’abstention de la FSU en juin sur les décrets de mastérisation a servi de signal au gouvernement pour passer en force pendant les vacances. Et l’absence de propositions crédibles d’action en cette rentrée (passons sur le rituel échec du 7 octobre de la mobilisation "internationale" pour le travail décent) lui permet de mettre le turbo et d’envisager de venir à bout de la plupart des acquis sociaux dès le premier mandat de Sarkozy, qui organise déjà la suite en plaçant ses copains et enfants aux postes stratégiques.

Du côté des travailleurEs, cette offensive cohérente et qui n’épargne aucun secteur se traduit par les suppressions de postes des restructurations, de la RGPP et de la loi mobilité, avec, en guise de "revalorisation", pour certainEs une aumône de début de carrière et pour TouTes, le salaire au mérite et au zèle à "réformer", avec des attaques incessantes contre les statuts ("le cadre statutaire ne saurait être l’alpha et l’oméga de toute politique de gestion des ressources humaines", dixit Luc Chatel) ; une précarisation accrue et l’inflation des obligations ; la casse de la formation des maîtres, des IUFM et du stage accompagné ; une réforme du lycée qui prévoit le remplacement, sur les 3 niveaux, d’heures de cours par 2 heures de soutien ainsi que des redoublements et des classes passerelles par des stages pendant les vacances (on imagine le nombre de postes supprimés, d’autant que ces palliatifs peuvent être assurés en heures sup. ou par des étudiantEs en Master comme le propose le rapport Descoings…), le bac fragilisé via l’"engagement" et la casse de l’enseignement des langues, la généralisation de l’apprentissage, l’orientation musclée, avec la cagnotte absentéisme et les bourses au mérite…

Ce gouvernement se donne les moyens pour aller au bout de sa logique : faire payer aux travailleurEs "la crise" capitaliste en cassant les services publics, les statuts, la protection sociale et les droits fondamentaux.
Pour cela il multiplie les pressions :
-  individuelles sur les salariéEs (précarité, mobilité…), dont les conséquences dramatiques à France Telecom montrent clairement les résultats de ces politiques managériales, et aussi sur les chômeurEs et les précaires de plus en plus fichéEs et pressuriséEs (RSA, pole-emploi…) ;
-  collectives, en réprimant les mouvements sociaux, les militantEs (matraquage, fichage, condamnations) et les lycéenNEs et les étudiantEs des mouvements de l’année passée, en achetant la paix sociale par l’instrumentalisation des organisations syndicales engluées dans le marché de dupes du dialogue social,
-  idéologiques, en créant des diversions alarmistes comme avec le virus H1N1, les menaces "terroristes" et/ou "ultra gauche", en maniant de plus en plus le sécuritaire, le contrôle social et le fichage ou en inversant jusqu’au sens des mots : la solidarité c’est le marché, la modernisation c’est l’exploitation…

Pourtant ce pouvoir n’est pas invincible : les mobilisations des lycéenNEs d’abord, puis des 29 janvier et 19 mars, des Antilles, du supérieur et des IUFM l’ont mis clairement en difficulté. Cette rentrée voit les mobilisations des équipementiers, de la Poste et des cheminotEs. Les résistances se développent et les désobéissances civiques se multiplient, la votation citoyenne contre la privatisation de la poste constitue un levier de défense de la poste et de l’ensemble des services publics.
Mais la direction de la FSU n’a pas eu, jusqu’à présent, une stratégie à la hauteur. Refusant de s’appuyer sur les personnels les plus engagés dans l’action, de reconnaître les structures de lutte et de reprendre à son compte les revendications définies en AG, elle a affaibli les mobilisations au lieu de chercher à les étendre. Elle a décidé, au mépris des règles démocratiques de la fédération, de participer au pseudo "dialogue social" voulu par Sarkozy, s’engluant ainsi dans un syndicalisme d’accompagnement et des tentatives de recompositions syndicales au sommet (cf. ce qui se trame entre la FSU et la CGT) qui n’ont rien à voir avec un syndicalisme de lutte.
Les votes de la délégation FSU sur les projets de décrets au CTPM de mai (qui sont revenus à laisser passer les projets de décrets) sont la traduction la plus tangible de cette involution… et le pouvoir ne s’y est pas trompé.

Il n’y a plus de temps à perdre, La FSU doit entrer en résistance !

- en construisant une dynamique vraiment fédérale à partir des revendications et des propositions d’action des secteurs les plus mobilisés,
- en cessant de cautionner la politique gouvernementale dans cet illusoire "dialogue social" et en quittant toutes les "concertations" bidons,
- en faisant le choix de l’unité intersyndicale qui ne soit pas fondée sur le moins disant revendicatif,
- en prenant à bras le corps les questions de la répression des syndicalistes, des jeunes et des immigréEs,
- en impulsant des luttes à la hauteur des enjeux, dans une dynamique de rapport de force, ce qui suppose d’en finir avec les journées d’action espacées et sans lendemain,
- en organisant les convergences entre les secteurs agressés par le pouvoir : le supérieur, le premier degré et les désobéisseurEs, mais aussi les secteurs hors Education Nationale en lutte (Poste, cheminotEs, entreprises…) dans la perspective de construction de la grève générale nécessaire pour enrayer les régressions sociales.

Vote : 7 Pour, 56 Contre, 10 Abstention, 30 Refus de Vote.

Motion Action

Remettre la fédération en ordre de bataille

Le gouvernement se donne les moyens pour aller au bout de sa logique : faire payer aux travailleurEs "la crise" capitaliste en cassant les services publics, les statuts, la protection sociale et les droits fondamentaux.

Ce pouvoir n’est pas invincible : les lycéenNEs d’abord, puis les mobilisations des 29/1 et 19/3, des Antilles, du supérieur et des IUFM l’ont mis clairement en difficulté.

Mais ni la FSU, ni les intersyndicales EN, fonction publique et interprofessionnelle, n’ont été capables à leur niveau de faire converger ces luttes en un mouvement d’ensemble permettant de développer un rapport de force à la hauteur de l’agression gouvernementale. Cette situation a entrainé une perte de confiance des travailleurEs vis-à-vis des directions syndicales et plus généralement, de l’action collective.

Il n’y a plus de temps à perdre, la FSU doit reprendre la main et, avec d’autres si possible, être à l’initiative d’un mouvement de reconquête.

Ce qui suppose de proposer aux personnels et aux autres syndicats un dispositif sans faille de développement du rapport de force :
- informer rapidement et complètement sur la dangerosité et la cohérence des différentes "réformes" gouvernementales mises bout à bout, montrant la nécessité de tenir dans l’urgence des AG pour décider d’agir touTEs ensemble et au moins avec la même détermination que le pouvoir ;
- retenir des remontées des AG un certain nombre d’axes revendicatifs unifiants mobilisateurs, comme l’annulation des suppressions de postes, l’abrogation des textes inacceptables déjà publiés (loi mobilité, décrets sur la formation des maîtres et circulaire sur les stages …) et le retrait de ceux annoncés (réforme Sarkozy des lycées...)
- appeler à la grève le plus tôt possible en novembre, pour gagner sur ces revendications, en prévoyant des AG locales et départementales pour décider les suites à donner ;
- faire savoir qu’à défaut de satisfaction de ces revendications, la FSU quittera les réunions de concertation en cours, appellera dans les AG à poursuivre la grève et proposera au niveau Fonction Publique et interprofessionnel de l’étendre en intégrant y compris les questions salariales et de protection sociale, de précarité et de défense des statuts ;
- prendre à bras le corps les questions de la répression des opposantEs à la politique gouvernementale (syndicalistes, désobéïsseurEs, jeunes, immigréEs…), afin que cette répression ne constitue pas une dissuasion à l’engagement dans l’action, comme le souhaite le pouvoir.

Vote : 10 Pour, 54 Contre, 9 Abstentions, 29 Refus de Vote

Motion Laïcité

Laïcité, reprendre l’initiative !

« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage du bien et du mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé... ». Le ton a été donné par le Chef de l’État au soir du 20 décembre 2007 où il était intronisé Chanoine du Latran sur les terres vaticanes. Il est vrai que ce titre lui confère cet éminent privilège de pouvoir entrer à cheval dans son église ! Ce discours dit « du Latran » annonçait pourtant et sans ambages le retour d’une politique française ouvertement cléricale. Tout en concédant que les non-croyants « doivent être protégés de toute forme d’intolérance et de prosélytisme », il a exprimé, au nom de la République française, sa préférence pour ceux qui croient car celui qui croit espère « Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent ».

Cette provocation n’était pas fortuite. Elle constituait un test. Et ce test a fonctionné au-delà de ses espérances : aucune réaction visible de la part du mouvement laïque et de ses diverses composantes. La faible et confidentielle riposte qui a suivi ces déclarations cléricales ne pouvait que conforter le chef de l’État dans sa volonté de faire du réseau catholique d’enseignement son petit protégé. Cela n’a pas manqué dans divers domaines et en particulier dans le domaine scolaire.

En effet, on assiste depuis à une déferlante de dispositions favorisant l’enseignement confessionnel de la maternelle à l’université :

- Le volet Éducation Nationale du Plan Banlieue qui en pré finançant la création de classes de collège dans l’enseignement catholique va au-delà de la loi Debré qui n’envisage de contrat qu’avec des structures existantes.
- Accords Kouchner-Mauberti qui remettent en cause le monopole d’État de la collation des grades universitaires en reconnaissant les diplômes délivrés par les facultés catholiques pour les disciplines canoniques comme pour les disciplines profanes.
- Les Jardins d’éveil, machine de guerre contre l’école maternelle, dont la création n’est pas permise dans les écoles maternelles publiques mais autorisée dès cette rentrée dans les écoles privées avec le concours de financements de la Caisse d’Allocation Familiale. Belle occasion de fidéliser une nouvelle clientèle quand les structures publiques de la petite enfance font défaut !
- La loi Carle qui, tout en aggravant les obligations financières des communes envers l’enseignement confessionnel, institutionnalise le concept (toujours revendiqué par le Comité national de l’enseignement catholique) de parité entre l’enseignement privé et l’enseignement public. Cette parité se concevant pour les questions financières et non pour les obligations de services.
- Des personnels de l’Éducation Nationale convoqués par des chefs de centre d’examens, par ailleurs chefs d’établissement gérés par l’OGEC, pour surveiller des examens dans les locaux affichant ostensiblement leur caractère propre... essentiellement catholique
- Le ministère des universités a, en novembre 2008, donné son agrément pour permettre à l’Institut Saint-Pie-X d’accueillir des étudiants boursiers d’État. Cet institut participe à la formation des maîtres destinés aux écoles privées intégristes.
- L’enseignement privé proportionnellement moins frappées par la politique de suppressions de postes.
- La destruction des IUFM va permettre aux instituts catholiques d’assurer la formation des maîtres de l’enseignement public.
- ...... Et ne parlons pas des financements de collectivités locales dépassant largement le cadre des contrats tels que définis par la loi Debré de décembre 1959

Il faut bien dire que cela n’a guère suscité de réactions et qu’il a fallu toute la pugnacité de modestes associations telles que le CDPEPP (Collectif pour la défense et la promotion de l’École publique de proximité) pour faire un peu bouger les lignes en particulier à propos de la loi dite « Carle ». Le CNAL a d’ailleurs surpris agréablement les laïques en prenant position contre la loi Carle et en prônant la résistance si la loi n’était pas censurée par le Conseil Constitutionnel. Il faut que ce réveil tardif ne soit pas qu’un soubresaut avant la reprise de l’attentisme.

Car, depuis le 16 janvier 1994, fort de cette immense réussite, le mouvement laïque semble faire semblant de ne pas voir que « la guerre scolaire » qu’il redoute de rallumer ne s’est jamais éteinte et pour le seul bénéfice de l’enseignement catholique qui a depuis engrangé victoire sur victoire. Comment arrêter cette spirale de la destruction de l’enseignement public ?

Prenant acte de cette situation, la FSU entend réactiver son investissement pour la laïcité dans tous les domaines : droits et libertés en particulier en soutenant les militantEs de la laïcité dans les pays théocratiques, recherche scientifique en particulier avec la résurgence de théories déistes telles que le créationnisme, immixtion des lobbies religieux en particulier à l’occasion du réexamen de la loi de bioéthique...
Plus particulièrement dans le domaine scolaire, la FSU prendra dès maintenant tous les contacts nécessaires sans exclusive pour que soit orchestrée une campagne de grande ampleur devant conduire à l’organisation d’une manifestation nationale exigeant la fin du financement public de l’enseignement privé devant conduire à la fin du dualisme scolaire.

Le cinquantième anniversaire de la grande manifestation laïque de1960 est une bonne occasion pour les laïques de redescendre dans la rue.

Vote : 29 Pour, 52 Contre, 5 Abstentions, 16 Refus de Vote

Motion Répression

POITIERS : des débordements aux airs de provocation

Les débordements qui ont eu lieu à la suite de la manifestation du 10 octobre à Poitiers suscitent de nombreuses questions. Ainsi, de nombreux-ses observateurEs ont pu noter la faiblesse de la présence policière alors que depuis deux ans, toute manifestation donne lieu à des déploiements de forces de plus en plus impressionnants.

Le ministre de l’Intérieur s’est immédiatement emparé de ces incidents pour agiter à nouveau l’épouvantail d’une "ultra gauche" fantasmée, comme le pouvoir l’avait déjà fait avec Julien Coupat, et tenter ainsi de légitimer aux yeux de l’opinion publique la répression accrue des opposantEs, un renforcement du contrôle social et la création par décret de deux nouveaux fichiers de police.

Sans le moindre débat démocratique, puisque ces fichiers ont été institués par décrets, des jeunes seront fichéEs dès l’âge de 13 ans, de même que tous ceux et toutes celles dont les comportements auront été jugés incompatibles avec leur mission, "alors même que ce comportement aurait une motivation politique, religieuse, philosophique ou syndicale".
Qui peut croire que ces décrets n’ont pas été préparés de longue date ?

La FSU exige l’abrogation de ces décrets.

Elle exige la libération des jeunes incarcéréEs et passéEs au crible d’une justice expéditive, dont certainEs ont été arrêtéEs sur simple identification par la police, comme ayant été par le passé animateurEs des mouvements étudiants.

La FSU dénonce la répression des mouvements sociaux, surtout lorsqu’elle s’apparente fortement à des provocations policières, utilisées par le pouvoir pour légitimer un renforcement de l’attirail sécuritaire et pour harceler plus encore les mouvements et les individuEs qui combattent sa politique

Vote : 8 Pour, 36 Contre, 8 Abstention, 17 Refus de Vote

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