Solidaires des Sans Papiers

jeudi 10 septembre 2009


L’expulsion de la Bourse du travail de Paris, le 24 juin 2009, de plusieurs centaines de travailleurEs sans papiers par le service d’ordre de la CGT constitue un acte inacceptable, symboliquement et concrètement, un acte en contradiction fondamentale avec le mouvement syndical. Elle donne à Sarkozy, à son gouvernement et à la police le feu vert pour accentuer les répressions. De nombreux-ses militantEs des diverses organisations syndicales, y compris de la CGT, ont condamné cette expulsion.

C’est aussi un acte révélateur des réponses insuffisantes aux côtés des Sans Papiers qui se sont fortement mobiliséEs pour la régularisation et contre la rétention et les expulsions.
Ces mobilisations de populations parmi les plus fragiles des plus précaires de la classe ouvrière participent de l’ensemble des mobilisations qui se sont développées aussi dans les secteurs de l’éducation, les entreprises, Outre-Mer… contre la politique gouvernementale de remise en cause de tous les acquis sociaux et des libertés individuelles. L’ensemble des lois Sarkozy-Hortefeux vise d’une part à livrer au patronat une main-d’œuvre docile et bon marché. D’autre part dans la situation de crise et de montée du chômage cette politique cherche à diviser les salariéEs en stigmatisant des travailleurEs victimes de lois qui les rejettent sans cesse dans l’illégalité.
La direction de la CGT avait choisi de diriger le mouvement de grève des travailleurEs sans papiers du 15 avril 2008, en dehors du cadre unitaire intersyndical interassociatif qui existait, en s’appuyant sur un amendement de la loi Hortefeux. Deux mille ont été régulariséEs et des dizaines de milliers d’autres sont condamnéEs au travail illégal et à la clandestinité, d’autant plus soumisE à l’exploitation patronale. Aujourd’hui seule la carte de séjour "travailleur" est mise en avant, les possibilités de regroupement familial sont quasi impossibles : les droits fondamentaux tels que le droit de vivre en famille sont totalement bafoués.
On ne peut lutter pour la régularisation de touTEs les Sans Papiers en s’inscrivant dans le cadre des lois de "l’immigration choisie" ; ces lois ne peuvent être que combattues comme toute la politique de ce gouvernement.
Pour cela il est nécessaire que se réalise l’unité de l’ensemble des organisations ouvrières (syndicats et partis) et des associations, sur des mots d’ordre précis :
- régularisation de touTEs les Sans Papiers.
- arrêt des expulsions.
- liberté de circulation et d’installation pour touTEs.
- abrogation du Ceseda, des lois Sarkozy-Hortefeux et de toutes les lois et textes contre les immigréEs. Suppression du délit de solidarité et arrêt des attaques contre les associations œuvrant à l’information et à l’aide des Sans Papiers.
- suppression des Centres de Rétention Administrative (CRA) et des Zones d’attente (ZAPI).
- arrêt des poursuites contre les Sans Papiers poursuivis arbitrairement suite à l’incendie du CRA de Vincennes et dont le procès est prévu cet automne.
- possibilité de demander le droit d’asile sans conditions dans le pays désiré et suppression des "listes de pays désignés comme sûrs" pour que toutes les demandes puissent être prise en compte.
- mêmes droits pour touTEs, sans restrictions d’accès (droits sociaux, à l’éducation, prestations familiales, droit du travail, droits politiques notamment droit de vote à toutes les élections).
Émancipation soutiendra toutes les initiatives qui iront dans le sens de la constitution d’un front unitaire pour mettre en échec la xénophobie d’État.

Défendre les droits des Sans Papiers, c’est défendre les droits de touTEs.


Émancipation Tendance Intersyndicale, 16 juillet 2009 (Rians)


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