votes internes au SNES (4-26 mai) : pour ne pas payer la crise, changeons de direction !

jeudi 30 avril 2009
par  QD, Administrateur

Les votes internes au SNES commencent Il s’agit pour les syndiqué-e-s de voter en fonction des orientations des différentes tendances. C’est donc un moment important dans la vie de ce syndicat.
Émancipation propose une alternative syndicale, pour enfin aller vers ce dont nous avons tous et toutes besoin : un syndicalisme de lutte !
Nous sommes la seule tendance du SNES à être à la fois pour un syndicalisme de lutte, et pour un syndicalisme indépendant des pouvoirs et des partis (c’est un constat et pas une polémique)...
Ci-dessous et en pièce jointe, le texte d’orientation déposé par Émancipation.

POUR NE PAS PAYER LA CRISE

CHANGEONS DE DIRECTION

C’est dans un contexte inégalé d’agression contre le service public et les statuts, et de réponses syndicales qui sont loin d’être à la hauteur, que le vote d’orientation national permet de choisir une nouvelle direction pour le SNES. Ne ratons pas cette occasion !

Surtout après un congrès national qui a imposé des avancées revendicatives (sur le recrutement et la formation des maîtres, sur la réforme des lycées, sur l’accompagnement éducatif, avec le mot d’ordre d’abandon de ces "réformes"), à une direction qui a tout fait pour s’y opposer et qui a manœuvré pour en limiter la portée vis-à-vis des médias et du pouvoir.

Ces pratiques de l’exécutif sortant, comme l’augmentation sensible des votes contre son rapport d’activité, montrent l’urgence et la faisabilité d’un changement de direction :

-pour empêcher Sarkozy et l’UMP, de poursuivre leurs "contre-réformes" néolibérales contre les travailleurEs, la protection sociale, les services publics, la laïcité, les libertés, les droits fondamentaux…

-pour résister au gouvernement et au patronat qui entendent faire payer aux travailleurEs l’aggravation de la crise du capitalisme, à coups de milliards de fonds publics pour conforter les profits, tout en laissant licencier et délocaliser à loisir.

-pour expliquer clairement les enjeux, dans la guerre de classe menée par ce régime, plutôt que de mordre à l’hameçon d’un prétendu "dialogue social", dans l’espoir de quelques miettes qui se révèlent de plus en plus illusoires… Pour un syndicalisme indépendant, bien sûr des partis, mais aussi des pouvoirs et institutions au service du libéralisme, y compris au niveau européen et mondial, à l’inverse des confédérations "syndicales " CES et CSI.

-pour dépasser la succession bimestrielle de journées d’action sans lendemain, en ne laissant pas isolés les secteurs mobilisés, surtout quand ils se battent sur les mêmes revendications que nous : le supérieur, la recherche, les IUFM actuellement, les lycéenNEs en décembre 2008 et au printemps dernier, les Antilles (on cherchait les responsables SNES dans les manifs de soutien)… Toutes ces luttes montrent que la grève longue et unitaire peut faire reculer le Pouvoir.

-pour élargir, amplifier les mobilisations et contribuer à leur caractère démocratique en faisant prendre au syndicat toute sa place dans les AG, coordinations, comités de grève, en y proposant des revendications unifiantes ainsi que des initiatives de centralisation.

-pour ne négocier que sur la base d’un rapport de forces, sous le contrôle des personnels en lutte.

C’est le contraire de ces principes que nous impose la direction sortante du SNES (qu’UA partage avec l’EE). Celle-ci, dans le contexte social, politique et économique très grave actuel, nous condamne à l’échec, comme elle le fait depuis plusieurs années (voir la critique que nous faisons du Rapport d’activité national dans l’ US n°676 p. 52).

Émancipation propose de changer de direction (dans tous les sens du terme), en votant pour l’orientation et la stratégie qu’elle défend pour résister, pour gagner et pour avancer sur des alternatives de transformation sociale ; orientation qu’elle met en œuvre dans les mobilisations sur le terrain et dans les syndicats où elle intervient.

La bataille pour une orientation de résistance et de reconquête dans le SNES, Émancipation propose de la mener avec touTEs les syndiquéEs qui se reconnaissent dans un syndicalisme de luttes et de transformation sociale :

-les militantEs de l’académie de Créteil, à l’initiative, avec Goulven Kerien, de "l’appel à voter contre les RA et pour Emancipation" (reproduit dans notre appel à candidature, US n°677 p. 11).

-les militantEs de "Front unique" Lyon qui appellent à voter au niveau national pour la liste Émancipation et dont Émancipation soutient la liste pour les élections au S3 de Lyon.

-les courants et les syndiquéEs qui veulent en finir avec la politique de l’exécutif national.

Contre la "crise" libérale, l’organisation unitaire des travailleurEs et des luttes

Face à un régime qui organise le démantèlement global des garanties du travail, de la protection sociale et des services publics, la riposte du syndicalisme doit être au moins aussi déterminée et globale.

Le SNES doit contrer l’éparpillement et la division syndicale, dont joue le Pouvoir, à la fois par une unité intersyndicale sur des revendications claires et combatives, par le soutien et la participation aux structures démocratiques dont se dotent les luttes et enfin par une évolution de la FSU.

L’unité, ce n’est pas des accords de sommet a minima dans des intersyndicales excluant des syndicats jugés plus radicaux et/ou les représentantEs des AG de lutte. Elle se construit à partir des secteurs les plus mobilisés, par la mise en place d’AG définissant localement les revendications, regroupant toutes les catégories, qui se coordonnent à tous niveaux (établissements, villes, départements, national) et fonctionnent démocratiquement (représentantEs d’établisements mandatéEs).

Émancipation Tendance Intersyndicale propose, dans la FSU, d’aller vers un syndicalisme unitaire structuré sur ce modèle de sections intercatégorielles aux différents niveaux (plutôt que sur des syndicats nationaux de catégorie souvent concurrents), dans la perspective de l’unification syndicale au sein d’une confédération unique, avec un droit de tendance qui permettrait de regrouper les différentes sensibilités du mouvement syndical. Mais en attendant, il convient de tout faire pour que la FSU et le SNES participent activement aux AG et aux coordinations (notamment celle de la formation des enseignantEs).

Face à la cohérence de l’offensive gouvernementale, unifier les revendications

Tous les secteurs du service public de l’éducation sont attaqués, de la maternelle à l’université, en passant par la formation des maîtres, qui est charnière dans l’agression de Sarkozy. Chaque attaque fragilise tout le système éducatif, et c’est l’ensemble des personnels qui doivent opposer un front uni.

Au moment où Sarkozy, qui place le curé au dessus de l’instituteurE, utilise l’enseignement privé comme bélier contre le service public, la défense intransigeante et unitaire de la laïcité doit primer (défense de la loi de 1905, arrêt des subventions, nationalisation de l’enseignement privé…).

Quand le gouvernement veut imposer le salaire au mérite et les HS, il vaut mieux revendiquer, plutôt que les hors classes et les primes, le rattrapage et la progression du pouvoir d’achat par des augmentations de salaire uniformes comme 300 euros pour touTEs, avec dans un premier temps 200 euros pour les bas salaires, comme aux Antilles.

De même, quand le Pouvoir généralise la précarité et la flexibilité pour touTEs, il faut d’urgence le priver de ce levier, par le réemploi, la titularisation sans conditions de touTEs les non titulaires déjà recrutéEs et l’arrêt du recrutement de précaires.

Le retrait des réformes Darcos-Pécresse, condition d’une alternative éducative

Grâce aux mobilisations dans les Universités, la ministre a dû reculer partiellement sur la réforme des IUFM et du recrutement des enseignantEs. Mais la plupart des problèmes demeurent et notamment la masterisation, camouflée en "revalorisation" illusoire, mais en réalité cheval de Troie du démantèlement de la formation et de la destruction des statuts.

La bataille pour la défense du droit à une formation initiale et continue et le maintien de concours nationaux doit se poursuivre et s’intensifier. Dès maintenant, le SNES doit se mobiliser aux côtés des syndicats du premier degré comme de l’enseignement supérieur pour exiger :

-la restitution des postes supprimés,

-le retrait complet de la réforme du recrutement,

-le maintien des concours actuels et du stage en alternance rétribué.

Sur le lycée, c’est exactement la même stratégie qui doit prévaloir. Les lycéenNEs et les personnels qui ont arraché le report de la réforme des lycées, montrent une fois de plus qu’on peut faire reculer ce pouvoir, à condition de s’en donner les moyens.

Après "le report", "les reculs", le SNES doit agir clairement pour le retrait complet de la réforme des lycées :

- en refusant avec force ce qui avait été rejeté dans les luttes, par exemple toute forme de "semestrialisation",

- en appelant les établissements à refuser tout "expérimentation", toute "concertation" reprenant les axes de la réforme Darcos,

- en ne retombant plus dans le piège ministériel du type "points de convergence" sur le lycée.

Pour espérer construire un autre lycée, on peut, avec les lycéenNEs, les parents d’élèves… interroger les facteurs qui jouent sur l’échec et la sélection, réfléchir à l’unification bien en amont entre les enseignements "généraux" et "techniques", aux pédagogies les plus adaptées à la formation de l’esprit critique et aux pratiques de citoyenneté.

Mais pour espérer imposer des alternatives progressistes, il faut stopper la casse de l’Ecole et des statuts des personnels, et annuler les suppressions de postes. Le supérieur nous montre la voie, qui a ainsi, au fur et à mesure de l’évolution du rapport de force, fait évoluer sa plate forme jusqu’à l’abrogation de la LRU.

Et c’est avec le supérieur, à partir de la mobilisation qu’il a construite et qu’il ne cesse de nous de demander de rejoindre, que le SNES doit proposer, après le succès des 20 novembre, 29 janvier, 19 mars, de se donner les moyens, dans l’éducation, d’un dispositif de luttes à la hauteur des enjeux : grève reconductible, occupations… intégrant, mais pas seulement, un 1er mai unitaire et lui donnant des suites, utilisant aussi les différentes formes de résistance civique, pour s’inscrire, aux niveaux fonction publique et interprofessionnel, dans la préparation de la grève générale.

Un syndicalisme qui combat, y compris dans la rue, la répression et l’oppression

Le régime attaque l’ensemble des libertés (presse, manifestations…) et des droits fondamentaux (travail, grève, éducation, santé, protection sociale…) et criminalise celles et ceux qui combattent sa politique, avec le zèle d’une police dont les abus et l’impunité sont dénoncés par Amnesty. Tout le monde est visé, mais il s’en prend d’abord aux plus fragiles, qu’il faut défendre en priorité : les sans papiers, les chômeurEs, les jeunes… Ce qui passe notamment par l’abrogation des lois attaquant les libertés publiques.

Émancipation , investie dans le soutien aux luttes des travailleurEs des Antilles-Guyane et de la Réunion, des sans papiers et contre la répression des jeunes, contre le contrôle social et les dérives sécuritaires, et aussi contre toutes les formes de néocolonialisme, pour les droits des peuples, en premier lieu en Palestine et à Gaza… propose que ces luttes pour les droits et les libertés, en France et au niveau international, deviennent un axe prioritaire du SNES, dans les congrès et les publications, mais aussi et surtout que nous descendions ensemble dans la rue pour les défendre.

POUR UN SNES QUI TIENT TÊTE,

VOTEZ EMANCIPATION !

Pour nous contacter, pour s’abonner à notre revue : er.emancipation@free.fr ; site : www.emancipation.fr


Documents joints

télécharger le texte d'orientation + la liste (...)
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