Motion Emancipation - Précarité

lundi 6 avril 2009
par  PB, Administrateur

n Congrès national du SNES – 23-27 mars 2009 – Perpignan

MOTION EMancipation Thème 2

Pour ne pas être bientôt touTEs précaires,

luttons pour une loi de titularisation sans condition !

La précarité est une atteinte inacceptable à la dignité et aux droits des travailleurEs. Elle constitue l’une des formes les plus brutales de l’exploitation et de l’aliénation capitalistes : ce n’est pas un hasard si les plus touchéEs sont les femmes, les immigréEs et les sans papierEs.

Loin d’être conjoncturelle, l’emploi précaire est au contraire développé de façon délibérée par le patronat et l’Etat depuis de nombreuses années, avec un double objectif : disposer d’une main d’œuvre peu chère, taillable et corvéable à merci, aux capacités de résistance collective amoindrie et se forger une arme pour attaquer les salaires de l’ensemble des travailleurEs et les statuts de celles et ceux qui en ont encore... Pour le gouvernement, c’est un puissant levier pour imposer sa politique de casse et de classe.

Dans la Fonction Publique, la précarité est devenue un mode de gestion qui condamne des dizaines de milliers de personnels à galérer sur des emplois de plus en plus précaires, souvent pour faire le même travail que les titulaires avec la même formation, pour être moins payéEs et finir au chômage dans la mesure où il n’y a plus de perspectives de titularisation.

Cette politique, absolument inacceptable pour les collègues qui en subissent les conséquences dans leur vie quotidienne, permet de plus de "précariser" les luttes de l’ensemble des personnels.

Les suppressions de postes sont facilitées par la "variable d’ajustement" des précaires, que l’Etat licencie ou reprend au gré des supposés "besoins" ; elles viennent encore aggraver les conditions d’emploi des non titulaires.

La défense des statuts est rendue de plus en plus difficile par la multiplication des non titulaires (vacataires, contractuelLEs, CAE, AE, EVS, AVS et CDI, sans réelle garantie d’emploi), de plus en plus précaires, de plus en plus sous contrats privés. Les secteurs où sont recrutéEs le plus de précaires, comme les 5000 contrats aidés de "médiateurs de réussite éducative" prévus pour lutter contre l’absentéisme, sont les plus menacés (vie scolaire, orientation, service social…). Le pouvoir s’ingénie à prouver que c’est le statut qui doit être l’exception !

La lutte contre la baisse et l’individualisation des revenus se heurte à l’existence de salaires très bas pour le même travail. Les mobilisations pour refuser d’appliquer les contre réformes ou contre l’autoritarisme ont du mal à associer les précaires, plus fragiles et premierEs répriméEs.

La défense du recrutement et de la formation des enseignantEs est battue en brèche par les appels d’offre généralisés dans les ANPE et dans les Facs, à destination des étudiantEs ayant échoué à des concours de plus en plus malthusiens, ou simplement découragéEs par l’allongement de la formation (d’autant plus problématique pour celles et ceux qui sont d’origine populaire).

La solidarité inconditionnelle avec les personnels les plus fragilisés ainsi que la défense efficace des statuts et des conditions de travail de touTEs imposent des réponses syndicales crédibles à la précarité.

Le SNES ne saurait se satisfaire des CCP de précaires qui vont brasser des non droits et entériner impuissantes les fins de contrats. Ce qui est à l’ordre du jour, c’est l’organisation de ces personnels, par la syndicalisation et la généralisation de collectifs intersyndicaux, que le SNES doit soutenir ou initier. L’objectif étant d’associer davantage les précaires aux luttes collectives parce qu’ils en verraient l’utilité pour eux-mêmes.

Cela pose immédiatement la question des revendications : le SNES ne peut rester une des rares organisations à ne pas exiger la titularisation sans conditions de touTEs les non titulaires déjà recrutéEs. La justification de cette position par la défense des concours a d’autant moins de sens qu’actuellement ceux-ci sont bien plus gravement attaqués par la masterisation du recrutement, la disparition programmée de la formation professionnelle des enseignantEs et des IUFM. 

Avant que nous ne soyons tous et toutes précaires, il faut adopter un dispositif revendicatif cohérent et organiser la lutte conjointe de tous les personnels pour obtenir :


- la garantie de réemploi de touTEs, à temps complet, avec paiement dès la prise de fonction et durant les vacances d’été ;


- la titularisation immédiate de touTEs les précaires sans conditions de concours, ni de nationalité, suivie si besoin des formations adaptées ;


- l’arrêt du recrutement de non titulaires.

(33 Pour, 398 Contre, 7 Abstentions, 7 Refus de vote)


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