Motion Emancipation - Palestine

lundi 6 avril 2009
par  PB, Administrateur

Congrès national du SNES – 23-27 mars 2009 – Perpignan

MOTION EMancipation Solidarité internationale

Boycott et sanctions contre Israël, mode d’emploi

On n’arrêtera pas la fuite en avant criminelle des dirigeants israéliens et la destruction de la Palestine sans une pression très énergique venue de l’extérieur. La société israélienne est malade, gangrenée par une insensibilité croissante à l’autre et par l’effondrement de toutes les barrières morales. C’est l’impunité d’Israël, malgré des violations incessantes du droit, et la complicité de la communauté internationale qui permettent la poursuite de ce projet dément.

L’idée du BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) est venue de plusieurs ONG palestiniennes. Elle a été relayée par les anticolonialistes israélienNEs qui estiment qu’Israël n’arrêtera jamais l’occupation et la colonisation sans pression de l’extérieur. Même l’ancien ambassadeur d’Israël (Barnavi) estime que "l’Occident aurait dû empêcher Israël de coloniser la Cisjordanie".

L’idée du boycott, c’est de reproduire ce qui a beaucoup contribué à la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud. Il s’agit d’isoler Israël à tous les niveaux : politique, économique, scientifique, culturel, sportif, moral … tant que durera l’occupation.

Les produits

Bien sûr, cela passe par le refus d’acheter des produits israéliens et par la dénonciation des filières qui les commercialisent. Ces produits portent le n°729. Ce ne sont pas seulement les oranges de Jaffa ou les avocats Carmel. On trouve sur cette liste des produits cosmétiques (venue de l’usine Ahava en territoire occupé), des médicaments génériques, des produits informatiques … Plusieurs sites donnent des listes détaillées.

Certains auraient peut-être voulu que ne soient boycottés que les produits venant des colonies. C’est rigoureusement impossible. Les Israéliens ont totalement fait disparaître la ligne verte (frontière internationalement reconnue) espérant rendre irréversible l’annexion et il est impossible de distinguer un produit venant des colonies d’un autre venant d’Israël d’avant 1967.

Des actions exemplaires

Le boycott n’est pas qu’un acte individuel. Quand Chavez ou Morales rompent les relations diplomatiques avec Israël à cause du massacre de Gaza, ils participent au boycott. Il existe déjà un boycott syndical : refus de charger des bateaux d’armes en Grèce, interpellation de Véolia-Alstom (qui construit un tramway entre Jérusalem et les colonies) de la part de la CGT Alstom.

Il y a eu aussi des sanctions contre Alstom qui a perdu un important marché à Stockholm.

La Histadrouth

Ce n’est pas vraiment un syndicat. C’est un des piliers de l’État d’Israël au même titre que l’Agence Juive. L’adhésion est obligatoire pour les salariéEs. La Histadrouth a possédé jusqu’à 12% de l’économie : la banque Hapoalim, la compagnie de bus Egged… Elle a ses propres caisses de retraites et elle a escroqué des centaines de milliers de travailleurs palestiniens obligés de cotiser et qui n’ont rien touché en retour. Dans ses statuts, la Histadrouth défend le "travail juif". Bref, il faut boycotter ce syndicat. On aurait pu penser que, dans la coalition des Israéliens anticolonialistes, il y aurait des syndicalistes. Dans la Histadrouth, vues ses structures, c’est impossible.

L’isolement moral et sportif

Le match de tennis Israël-Suède s’est joué à huis clos à cause des manifestations.

Il faut rompre toute relation sportive avec Israël et obtenir son exclusion des Jeux Olympiques comme cela s’est fait contre l’Apartheid. Il faut obtenir la dénonciation de tous les accords économiques qui permettent l’arrivée massive et détaxée des produits israéliens.

Il faut lutter contre les jumelages avec les villes israéliennes, contre les manifestations culturelles (salon du livre, festival de cinéma). Il faut que les Israéliens qui voyagent énormément (et 15% vivent à l’étranger) soient interpellés en permanence sur la politique de leur État, comme les Sud-Africains étaient interpellés sur l’Apartheid. À cet égard, la création d’un tribunal Russell avec des personnalités éminentes (Jean Ziegler, Ken Loach …) pour juger symboliquement les criminelLEs de guerre, doit contribuer à cet isolement.

L’isolement doit aussi frapper les universités israéliennes, d’autant que celles-ci participent de façon importante au développement d’une économie "high tech" fortement intégrée dans la mondialisation libérale. Il faut donc refuser toute forme de coopération universitaire.

Le recours à la justice

Déjà dans des pays comme l’Espagne ou la Belgique, des plaintes contre les généraux israéliens sont instruites et ils ont peur de voyager. Des centaines d’associations ont porté plainte contre plusieurs dirigeantEs israélienNEs pour crimes de guerre. L’Autorité Palestinienne a fait de même. Toutes ces actions en justice doivent être soutenues et popularisées.

Ceux qui refusent toute idée de boycott ou toute sanction concrète renvoient de fait dos-à-dos l’occupant et l’occupé. Au contraire, des associations comme le MRAP ou l’AFPS (Association Française Palestine Solidarité) ainsi que des syndicats de nombreux pays se sont ralliés au boycott. Ils nous montrent la voie à suivre.

(45 Pour, 179 Contre, 46 Abstentions, 17 Refus de vote)


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