MOTION Emancipation - Mastérisation

lundi 6 avril 2009
par  PB, Administrateur

Congrès national du SNES – 23-27 mars 2009 – Perpignan

MOTION EMancipation Thème 2

Recrutement et formation des enseignantEs :
retrait des réformes Sarkozy-Darcos-Pécresse

Les projets de réforme de la formation et du recrutement des enseignantEs constituent des éléments importants du démantèlement du service public de l’Education . Leur mise en place entraînerait de dramatiques reculs tant dans la conception du métier de professeurE que d’un point de vue statutaire.

Le gouvernement veut procéder en deux temps.

Il prétend réformer les concours de recrutement selon deux axes :

- réduction considérable du poids des épreuves disciplinaires dans l’architecture des concours ;

- mise en place d’un entretien prétendument pédagogique, en réalité idéologique, ayant un poids considérable sur le résultat final, où le/la candidate serait interrogéE sur sa "connaissance du système éducatif" par un jury composé non seulement d’enseignantEs, mais aussi de chefs d’établissements, de hiérarques du Ministère et peut-être de personnes des entreprises privées.

C’est la preuve que la réforme du gouvernement n’a nullement pour but d’élever le niveau de formation des enseignantEs. Bien au contraire, elle l’abaisserait. En outre, elle instaurerait une grande part d’arbitraire dans le recrutement et de fortes pressions idéologiques sur les futurEs enseignantEs.

Mais son objectif final est la mastérisation proprement dite.

Aujourd’hui, après la licence et une année de préparation du concours, les lauréatEs ont le statut de professeurE stagiaire, ils/elles sont rémunéréEs durant leur cinquième année d’étude et leur formation se déroule en alternance entre l’IUFM et des cours en responsabilité.

Nous ne nous satisfaisons pas du statu-quo et la formation des enseignantEs pourrait être grandement améliorée. Décriés dès leur mise en place, privés de moyens et manquant parfois de projet cohérent, les IUFM n’ont en effet pas atteint certains des buts qu’ils s’étaient assignés : une formation commune des professeurEs des 1er et 2nd degré, cassant le corporatisme et la hiérarchie des catégories ; une articulation entre savoirs disciplinaires et pratiques didactiques et professionnelles ; une véritable recherche associée à la formation.

Mais la réforme entreprise à marche forcée par le gouvernement ne s’appuie sur aucune évaluation préalable des dispositifs actuels et ne vise en aucun cas à les améliorer.

Bien au contraire, la mastérisation du recrutement aura des conséquences néfastes à plus d’un titre :

- en l’absence de pré-recrutement au niveau bac (avec rémunération des années de formation), on ira vers la disparition plus d’enseignantEs issuEs des classes populaires.

- avec la disparition de la formation en alternance, les débutantEs devront assurer seulEs, sans accompagnement véritable, un enseignement à plein temps à l’année.

- la suppression de l’année de stage rémunéré, la disparition programmée des IUFM et le retour du "compagnonnage" vont entraîner des régressions considérables dans tous les aspects de l’enseignement, tant disciplinaire que pédagogique ou didactique, tout en permettant à l’Etat de faire de substantielles économies.

- bien loin de permettre une revalorisation des enseignantEs, ce dispositif entraînera une division catégorielle et statutaire supplémentaire entre actuelLEs et futurEs ProfesseurEs des Ecoles, certifiéEs et agrégéEs, allant ainsi à l’encontre d’un processus d’unification des catégories.

- dans le contexte de non-remplacement d’unE fonctionnaire sur deux et de suppression de milliers de postes, les étudiantEs se destinant au métier d’enseignantE qui obtiendront un master sans avoir le concours deviendront les futurEs précaires de l’Education. Les professeurEs de demain ne seront plus fonctionnaires ou, tout au moins, ce statut sera-t-il réservé à une petite minorité.

La mastérisation et les nouveaux concours de recrutement sont des éléments du projet global de démantèlement du système éducatif du gouvernement, qui conduisent tout droit à la destruction du statut d’enseignantE et du recrutement par concours (le concours = un poste), avec à terme la mise en place, comme dans l’enseignement privé, d’un système de recrutement et de mutation au gré de l’employeur, le chef d’Etablissement.

En conséquence, le congrès du Snes exige le retrait des réformes de la formation et des concours de recrutement des enseignantEs.

Le SNES mettra tout en œuvre pour défendre les IUFM et le potentiel d’expérience en formation professionnelle qu’ils ont accumulé. Il impulsera une réflexion associant professeurEs, formateurEs, stagiaires, étudiantEs, spécialistes, chercheurEs… afin de définir les grandes lignes d’une véritable formation démocratique et de qualité des enseignantEs, incluant de solides exigences universitaires et alternant des périodes de réflexion théorique et des périodes de prise en charge concrète d’enfants et de jeunes.

(21 Pour, 379 Contre, 21 Abstentions, 11 Refus de vote)


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