MOTION Emancipation - Refuser le piège du dialogue social

lundi 6 avril 2009
par  PB, Administrateur

Congrès national du SNES – 23-27 mars 2009 – Perpignan

MOTION Emancipation Thème 4

Refuser le piège du "dialogue social"

Les choix gouvernementaux s’inscrivent dans une logique globale, visant à remettre en cause l’ensemble des droits (sociaux, civiques, politiques) des salariéEs, au travers du démantèlement des solidarités collectives et des services publics. Cette logique, pour être mise en œuvre, s’accompagne d’une redéfinition des structures de l’Etat (régionalisation, décentralisation et contractualisation).

Dans le même temps, il s’agit pour le gouvernement d’affaiblir le potentiel de lutte dont est porteur le syndicalisme par divers moyens :

- par la répression et la criminalisation du syndicalisme ;

- mais aussi en neutralisant le rôle revendicatif des organisations syndicales, par leur intégration accentuée dans les institutions. Un biais privilégié pour cela est le développement des instances de "dialogue social" à tous les niveaux, qui offrent de moins en moins de possibilités de défense des droits des personnels. Parallèlement, le gouvernement veut réduire le champ d’intervention des instances paritaires traditionnelles pour diminuer les capacités d’intervention des organisations syndicales.

Le SNES dénonce toutes les menaces contre les droits syndicaux et le droit de grève, et soutient les personnels victimes de cette répression.

Il considère que le rôle du syndicalisme n’est pas de cogérer la régression sociale, de contribuer à la production de textes réglementaires défavorables pour les droits des salariéEs ou de participer à la mise en place des contre-réformes ; il est de faire valoir les revendications des personnels.

Il dénonce le rôle des structures de "concertation", où les personnels et les usagers participeraient à l’élaboration des décisions avec les collectivités territoriales et/ou les représentants de l’Etat dans le cadre de l’application de "réformes" de structures.

Loin de penser que les "réformes" gouvernementales auraient pu être moins néfastes si elles avaient donné lieu à plus de concertation ou si elles s’effectuaient sans redéploiement des moyens, ou qu’il faudrait attendre une alternance politique qui les corrigerait ou les remettrait éventuellement en cause, le SNES considère au contraire que ces "réformes" doivent être combattues avec la plus grande vigueur.

Le syndicalisme peut contrer les tendances à l’institutionnalisation en s’appuyant en priorité sur l’activité syndicale sur les lieux de travail, par la revitalisation des sections syndicales de base : les rapports avec la hiérarchie et les représentants de l’Etat doivent être portés avant tout par la mobilisation des personnels, mandatant leurs représentantEs pour faire aboutir leurs revendications. La démocratisation du fonctionnement de l’Etat passe ainsi par l’établissement d’un rapport de forces favorable aux salariéEs, et non par la participation tous azimuts à toutes les structures de "dialogue social" qui se mettent en place.

Le syndicalisme n’a pas à intervenir dans des instances ne permettant pas l’expression des revendications syndicales, il n’a pas à cautionner par sa participation des organismes qui auraient pour but d’organiser la mise en place de contre-réformes qu’il combat.

(37 Pour, 381 Contre, 26 Abstentions, 2 Refus de vote)


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