MOTION Emancipation - Pour en finir avec le capitalisme qui porte la barbarie en soi !

lundi 6 avril 2009
par  PB, Administrateur

Congrès national du SNES – 23-27 mars 2009 – Perpignan

MOTION EMancipation Thème 3

Pour en finir avec le capitalisme qui porte la barbarie en soi !

Ni refondation, ni rénovation : aucun système politique ou économique n’est éternel.

Le système capitaliste écrase la planète plus que jamais, mais n’est pas plus éternel que l’empire romain, le féodalisme ou la royauté. Il a remporté des victoires qu’on pouvait croire décisives ces dernières années avec l’absorption des modèles qui prétendaient être ses alternatives (Russie, Chine) mais qui ne furent jamais que des capitalismes d’État. Car tous ces modèles ont en commun de favoriser un processus d’accumulation en écrasant la classe ouvrière et en interdisant les grèves.

C’est alors qu’il n’a pas de contrepoids institutionnel que le capitalisme se réoriente. Ses crises sont cycliques et structurelles. Elles permettent au capitalisme de se restructurer. Depuis une trentaine d’années, la version libérale du capitalisme réduit l’État à ses fonctions régaliennes : normalisation des comportements et des esprits, répression des dissidences. Les fonctions de régulation : services publics et protection sociale disparaissent.

Ce capitalisme transforme tous les actes de la vie humaine en marchandise, y compris la santé, le logement, l’éducation, les retraites, l’intérêt général s’effaçant face aux profits privés. Se crée alors un véritable monstre : "le marché mondialisé" et le système financier. Une pieuvre qui permet à quelques milliers de nantis de s’enrichir sans limite.

Jamais l’inégalité n’a atteint un tel stade. L’arme absolue du Capital, c’est son pouvoir absolu dans l’entreprise, l’État étant à son service. Il est libre à tout moment de rechercher ailleurs le profit maximum dans les anciennes colonies ou les pays émergents.

Dans ce monde les institutions internationales sont au service des plus riches et la guerre dans quelques régions limitées du monde permet de tout contrôler. Et la moitié de la planète reste un territoire à piller et une réserve de main d’œuvre exploitable.

Mais dans cette gigantesque partie de Monopoly mondial, les règles sont en train de changer. L’enrichissement d’une infime minorité reposait sur du vent, sur le fait de pouvoir acheter sans limites et sans argent à l’image des oligarques russes qui se sont accaparés à quelques-uns la partie rentable de l’économie de leur pays. Tout reposait sur la "confiance". La faillite des banques semble mettre un arrêt provisoire à ce processus. Nul doute que nos gouvernants vont tout faire pour recréer la "confiance des marchés" et relancer ce système de pillage.

Ni moralisation, ni régulation : ne pas les laisser replâtrer !

La grande victoire du capitalisme, version libérale, c’est d’avoir fait disparaître du paysage politique l’idée même de rupture avec le capitalisme. Aujourd’hui les vautours se précipitent sur les ruines fumantes des banques. Mais pas question bien sûr de toucher au capitalisme : l’État a de nouveau pour tâche de rétablir les profits, de recréer les conditions d’une rentabilité.

Pire, les États capitalistes s’apprêtent à appliquer partout le modèle qu’ils ont imposé à l’Afrique et à l’Amérique Latine : démanteler un peu plus l’Éducation, la protection sociale, le système de santé, les transports publics et consacrer tous les moyens à la restauration des bénéfices des capitalistes en sacrifiant emplois, statuts et salaires, dans le privé comme dans la fonction publique.

L’idée de socialiser les pertes et de privatiser les gains est présentée comme la seule solution.

Les médias, qui ont perdu toute indépendance et sont pour la plupart la voix de leurs maîtres, parlent de "moraliser" le capitalisme. Tartufferie ! Qu’il y a-t-il de moral à renflouer les voleurs en expliquant que leur faillite serait préjudiciable à touTEs. Qu’il y a-t-il de moral à enlever un zéro aux millions des parachutes dorés quand les revenus de chaque maître du monde équivalent à des milliers d’années de travail d’unE salariéE ?

Comment rénover un système dont le seul moteur est l’enrichissement personnel et dont toutes les lois sont hostiles à toute forme de partage ou d’intérêt commun ?

Il est symptomatique qu’avant la grande crise bancaire actuelle, Denis Kessler, idéologue du Medef et inspirateur de Sarkozy, proposait de liquider le compromis de 1945 et le programme du Conseil National de la Résistance. Un capitalisme régulé n’est utile que dans des phases transitoires de réajustement. Le dumping social et la recherche du profit maximum sont l’essence même du capitalisme mondialisé.

Ce n’est pas par malchance que la social-démocratie européenne a produit Tapie ou Blair après avoir produit au siècle précédent la boucherie de 1914 ou les guerres coloniales. C’est la conséquence inévitable du refus de la rupture.

La régulation du capitalisme, c’est demander au renard de ne plus venir tous les jours dans le poulailler et de se contenter de trois visites hebdomadaires pour que les poules aient le temps de se reproduire.

Il n’y a pas de capitalisme à visage humain. Le libéralisme n’est pas un moment de l’histoire du capitalisme, c’est son essence. La nouvelle crise amorce juste une période où les libéraux ont provisoirement besoin de l’État pour restaurer leurs profits. Mais n’oublions pas qu’ils n’hésiteront pas à recourir à la guerre, locale ou globale, si une phase de destruction s’avère indispensable à leurs intérêts.

L’école au cœur du combat : le capitalisme est un rapport social global.

L’acuité de la crise économique actuelle nous rappelle que l’analyse du capitalisme par l’entrée économique est indispensable, tant sa dynamique d’accumulation repose sur la production. Il convient néanmoins de continuer à affirmer que loin de se réduire à ce seul champ économique, le capitalisme est un rapport social global qui génère et structure aussi les formes et les conditions de sa reproduction.

À ce titre, les questions d’éducation, et au premier rang la place de l’école et la fonction du système éducatif sont incontournables. L’offensive globale lancée contre l’école, de la maternelle à l’Université, est ainsi à mesurer aussi à l’aune de l’aliénation généralisée, qui passe par la normalisation des esprits et le contrôle des comportements.

La rentabilisation des individus, réduits à des compétences parcellisées monnayables sur un marché de l’emploi, devient l’objectif unique de la scolarisation. Les repérages des déviances à la norme et des indocilités comportementales s’annoncent comme des fonctions annexes, mais ô combien fondamentales de l’école.

C’est contre ces évolutions de nos fonctions que nous devons, en tant que syndicalistes et révolutionnaires dans l’école, contribuer à un mouvement global de lutte contre le capital.

Une perspective unifiante : la lutte des classes, encore et toujours

Toutes celles et ceux qui ont intériorisé l’idée que le capitalisme est indépassable, qu’il n’y a pas d’alternative et que la seule perspective est de chercher à gratter des miettes dans ses marges se retrouvent eux-mêmes en faillite idéologique. Il n’y a pas de "partenaires sociaux" ni d’intérêts communs possibles entre classes antagoniques. Il ne s’agit pas de répartir les richesses mais d’exproprier les capitalistes, de confisquer ce qu’ils ont volé et de le transformer en bien collectif.

Toute cette alternance entre capitalisme dur et capitalisme mou est un leurre. Les idées du socialisme et du syndicalisme révolutionnaire : la propriété collective (et pas étatique) des moyens de production, la solidarité, l’égalité (et pas l’équité), la lutte des classes, l’internationalisme sont plus que jamais d’actualité et doivent être articulées dans nos luttes avec un projet de libération collective et d’émancipation individuelle. À nous de dénoncer les illusions et de développer concrètement nos utopies. Une seule solution, la Révolution !

(30 Pour, 369 Contre, 36 Abstentions, 10 Refus de vote)


Brèves

2 février - Communiqué PPCR

Mise en œuvre du protocole PPCR : plus de risques que de bénéfices sur la feuille de paye (...)

1er octobre 2016 - L’évaluation en débat au CDFN de la FSU

Le projet de réforme de l’évaluation des personnels vient compléter l’ensemble des réformes qui ont (...)

2 septembre 2016 - Retrait du projet “d’évaluation” des personnels enseignants !

La mise en place de la loi de “refondation” de l’école (2013) impose la redéfinition du métier (...)