Le prurit de la négociation, le SNESUP ne doit pas cautionner la réforme du statut des enseignants-chercheurs !

dimanche 22 mars 2009
par  PB, Administrateur

Le 24 mars, en pleine grève, et sur des positions très en retrait des votes des coordinations, la direction du SNESUP décide de siéger en CTPU au ministère... Voici un texte des camarades d’Emancipation signataires de la motion d’orientation Pour une opposition frontale aux contre-réformes libérales.

Pour une opposition frontale aux contre-réformes libérales avec Emancipation intersyndicale

LE PRURIT DE LA NÉGOCIATION

Le SNESUP - qui prépare son congrès et renouvelle ses instances - doit boycotter le rendez-vous paritaire pipé du 24 mars avec la ministre. Il doit maintenir la revendication d’abrogation de la LRU, du retrait des réformes, le refus commun de la mastérisation et le maintien de l’IUFM.

Alors que le mouvement de refus des contre-réformes se poursuit dans l’enseignement supérieur (une sixième réunion de la Coordination Nationale Universitaire est organisée à Strasbourg le 25 mars), d’aucun-e-s se précipitent déjà et cherchent à en marchander les retombées à leur profit. Si l’on ne saurait s’étonner de voir la CPU ou d’autres associations et groupements corporatistes dans cette clique, il n’en va pas de même vis-à-vis d’un syndicat "majoritaire dans la profession" qui se revendique encore, dans ses statuts du moins, de la lutte de classes.

Retenue une première fois - le 26 février - par la détermination de la coordination (et non - comme certains essaient de nous le faire croire - par les permanents de la tendance associée à sa co-gestion) la direction du SNESUP s’apprête en effet cette fois-ci à aller négocier, en pleine grève ! derrière le paravent du paritarisme, avec la ministre sur des "mandats" en retrait des revendications de ses syndiqué-e-s en lutte dans leurs établissements ! (voir lettre Flash n°90). Et une fois encore l’EE/FSU, s’emploie dans les forums à donner le change de la force d’opposition sous l’étiquette électorale blanc bonnet de "pour un syndicalisme offensif" composée de "militants hors tendances, de l’École Émancipée ou venant d’Action Syndicale" c’est à dire en fait les mêmes que la coalition actuellement aux manettes.

Car tandis que se jouent de vrais enjeux sur le terrain des luttes, la direction bicéphale du SNESUP qui pense surtout à ses élections internes en cours pollue les forums de discussion internes avec de pseudos débats sur la démocratie syndicale accompagnés depuis quelques temps de manœuvres de discrédit de la seule tendance véritablement oppositionnelle, qui continue de refuser de s’associer à l’exécutif : Emancipation Intersyndicale. Mais la comédie jouée par ses dirigeants AS (Action Syndicale, associée à U&A au niveau fédéral) avec l’EE/FSU qui lui donne la réplique depuis des années et tente de sauver les meubles ne doit pas tromper les syndiqué-e-s sur le dénouement de la pièce si on laisse l’épilogue se jouer au ministère : la poursuite de la LRU et des réformes, la disparition de l’IUFM, le maintien de la mastérisation et de la redéfinition des services.

De quoi les dirigeants AS et EE/FSU ont-ils peur ?
Même si elle tente de donner le change sur sa combativité en s’affichant dans les coordinations, les critiques de plus en plus ouvertes de l’attitude de la direction du SNESUP, en majorité Action syndicale, se font jour dans les coordinations et dans les établissements. Mais l’orientation "pour un syndicalisme offensif" proposée par l’EE/FSU n’est qu’une alternative en trompe-l’oeil. Relisez les textes de l’EE/FSU, à aucun moment il n’est fait appel explicitement ni au retrait de la réforme LRU et des autres réformes, ni au refus de la mastérisation (revendication des coordinations partagée par Emancipation), mais ce manque est enrobé dans des critiques des seuls effets de ces mesures ou camouflé derrière des formulations ambiguës comme "la question (posée) de leur retrait" ou "la mise en question de...".

Rien à voir avec la plate forme proposée par Emancipation aux syndiqué-e-s du SNESUP "pour une opposition frontale aux contre-réformes libérales". Les textes d’orientation, déposés le 15 janvier - donc rédigés avant le départ de la mobilisation dans les universités - et publiés dans le 1er bulletin préparatoire au congrès en font foi, relisez-les ! et c’est bien ça qui inquiète la bureaucratie installée au SNESUP. Derrière les nuances de style, A.S comme EE, c’est le même discours. Foin de ces fausses alternatives : le SNESUP doit boycotter ce CTPU du 24 mars et ne pas tenter de court-circuiter les revendications de la Coordination. Dites-le leur aussi avec un vote Emancipation !


Voir le texte d’orientation Emancipation au SNESup


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