Revue Emancipation n°6 (février) : l’edito

mardi 19 février 2008
par  QD, Administrateur

Contre la "fatalité", on peut lutter !


La récente grève dans la grande distribution, peu évoquée dans les médias, montre que des évolutions se dessinent en profondeur dans le salariat. Cette grève s’est caractérisée par l’unité syndicale entre les trois plus importantes confédérations (CGT, FO et CFDT), mais aussi par son caractère massif : 80% de des enseignes touchées. Les travailleurs (plus souvent en fait des travailleuses) de ce secteur sont pourtant ceux/celles qui rencontrent le plus d’obstacles pour mener des luttes syndicales : flexi-insécurité de l’emploi, des horaires, des conditions de travail, temps partiel, précarité, féminisation du bas de l’échelle, bas salaires indécents, retraites de famine, stress permanent, mépris de la hiérarchie et des grands groupes qui les exploitent - et tout ça pour souvent même pas 1000 euros par mois.


Et pourtant, même ce concentré de l’exploitation du salariat est mis en cause. Oui, il se passe quelque chose ! C’est une leçon pour toutes celles et ceux qui prêchent le renoncement, y compris à la tête des grandes centrales syndicales (cf. l’accord scandaleux sur la flexi-sécurité signé par toutes les confédérations sauf la CGT ; cet accord est de plus en plus contesté par exemple dans FO).


Ce que des caissières surexploitées ont pu faire, pourquoi d’autres ne le pourraient-ils pas ? Prenons la prochaine rentrée scolaire qui se prépare actuellement. Outre les régressions programmées par le Livre vert de la commission Pochard, des décisions très importantes sont prises dès maintenant contre l’école publique : fermeture de classes, de postes, de sections de BEP et de bac professionnel, voire d’établissements entiers. Quand les dotations en heures d’enseignement arrivent dans les collèges et les lycées, c’est le même constat qui émerge : toutes ces dégradations s’appuient sur la multiplication des heures supplémentaires.


Il faut être clair : les heures supplémentaires permettent à l’État-patron de faire des économies, de supprimer des postes et de diviser les personnels. Cette année, ces heures existent à la suite de pas moins de 3500 suppressions de postes. La multiplication des heures supplémentaires signifie autant de postes supprimés et de précaires assurés d’être licencié-e-s à la rentrée. A partir de là les militant-e-s des organisations syndicales ont la responsabilité de porter toutes ces analyses, pour organiser le refus collectif des heures supplémentaires.


Ces éléments de riposte à la politique gouvernementale ne seront pour autant pas suffisants en eux-mêmes. L’affaiblissement de l’école publique programmé pour la rentrée prochaine, est beaucoup plus vaste. Une lutte à la hauteur suppose de réunir les personnels en AG pour élaborer leurs revendications établissement par établissement, définir des cahiers de doléances dans chaque établissement… et bien entendu faire la jonction avec les autres établissements, mais aussi avec les parents d’élèves et les forces du mouvement social.


Quentin Dauphiné (Var)

Le 06/02/2008


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