"Ensemble, tout devient possible"

Texte action présenté par EMANCIPATION au CDFN de la FSU, le 5/12/2007
mercredi 5 décembre 2007
par  DK, Administrateur

« Négocier tue et peut provoquer l’impuissance »

Il n’y a rien à négocier avec Sarkozy et Fillon sans un rapport de force construit dans les luttes.

La contre-révolution décomplexée

Le programme « de refondation » a été annoncé par l’idéologue du MEDEF : Denis Kessler. Il s’agit de déréguler et de défaire méthodiquement toutes les réalisations du Conseil National de la Résistance : sécurité sociale, garantie du droit de grève et des congés payés, code du travail, retraites, réglementation de la durée du travail, contrôle de l’Energie, des principaux moyens de transport et des grandes banques par l’Etat, statut de la fonction publique, médias pluralistes etc. Toutes ces conquêtes doivent être remplacées par « une concurrence libre et non faussée », c’est-à-dire par un partage de toutes les richesses entre quelques grands capitalistes. Les salaires sont bloqués et la pauvreté explose quand la richesse des nantiEs s’affiche sans complexe.
L’offensive de Sarkozy se fait tous azimuts et les attaques sont cohérentes : retraites, suppressions massives de postes, arrivée du patronat dans la gestion des universités, répression dans les banlieues, rafles contre les Sans-PapierEs. Il s’agit d’infliger à la société française le même type de mutation tragique que celle subie par la Grande-Bretagne après la défaite des mineurs anglais face à Thatcher il y a 20 ans. Il s’agit d’installer durablement une société où la charité remplace les solidarités, où on appelle « plan social » une casse de toutes les garanties et où le mot « réforme » signifie démantèlement.

En face : absence d’alternative politique et syndicalisme d’accompagnement

Les patrons et Sarkozy croient en la lutte des classes et ils sont décidés à la gagner en brisant les salariéEs et leurs droits. La force d’une classe dominante, c’est qu’elle est capable d’imposer son idéologie aux autres au nom « du bon sens ». Le marketing politique lobotomise les esprits en jouant sur l’image et en formatant l’opinion. D’autant que la quasi-totalité des médias sont aujourd’hui aux ordres et assènent quotidiennement la propagande du pouvoir. Ils ont même réussi à convaincre que les nantis ne sont pas les patrons du CAC 40 ou celui qui s’augmente de 172%, mais que ce sont les cheminots, les bénéficiaires des régimes spéciaux et les fonctionnaires. En face, la social-démocratie a implosé. À force d’avoir fait semblant de croire à la possibilité de réguler le capitalisme et d’avoir proclamé que l’économie de marché est indépassable ses dirigeants sont devenus totalement muets et hors-jeu face à la casse sociale. Ils ont perdu leur raison d’être.
La plupart des dirigeants syndicaux font semblant de croire qu’il y a quelque chose à négocier (« du grain à moudre ») et multiplient les manœuvres pour éviter tout affrontement central avec le pouvoir. Ils théorisent la faiblesse d’un mouvement syndical qu’ils seraient censés dynamiser. Ils pensent que la période n’est pas encore venue alors que chaque recul subi nous place touTEs en situation beaucoup plus défavorable face au pouvoir. En refusant une convergence des luttes qui s’est mise en place malgré eux le 18 octobre et le 20 novembre, ils favorisent de fait l’atomisation et l’atonisation des luttes, secteur par secteur, configuration dans laquelle nous sommes toujours défaits, les unEs après les autres.
Le virage co-gestionnaire de la direction de la CGT (qui est une confirmation de ce qu’elle avait déjà fait en 2003 sur les retraites et en 2004 à EDF/GDF, sans oublier la RTM et la SNCM à Marseille) est plus qu’inquiétant. Vouloir des négociations à la veille d’une grève unitaire préparée de longue date quand le pouvoir refuse a priori de discuter sur le fond des « réformes », c’est accompagner la casse sociale. Refuser de faire converger les différents secteurs en lutte est une erreur, hélas, volontaire partagée à des titres divers par les directions de la CGT, de la CFDT, de la FSU, de FO et de l’UNSA.

Les luttes : Unité, Action, Convergence et Reconduction

Le pouvoir a choisi d’attaquer sur tous les fronts, mais tous les fronts résistent, d’autant que certaines offensives, comme la « réforme » judiciaire, semblent totalement improvisées.
Malgré l’acceptation par l’UNEF de la réforme Pécresse, des dizaines d’universités sont ou ont été occupées, rejointes depuis par un mouvement lycéen en plein développement.
Malgré la signature par le SNUipp d’un protocole de négociations à la veille de la grève, le premier degré était dans la rue.
Malgré la violence de la répression, les défenseurs des Sans PapierEs et des mal logéEs multiplient les mobilisations, voire les victoires ponctuelles et continuent d’en appeler au mouvement syndical. Malgré la trahison rapide des habitués (Chérèque, les dirigeants de la FGAAC), malgré la précipitation manifestée par Thibault pour « négocier » au nom des grévistes mais sans leur avis, les cheminotEs n’abdiquent pas : ils ont continué la grève reconductible après le début des discussions et ils sont prêts à recommencer. Le 20 novembre, la grève de la Fonction Publique a été massive et la détermination demeure intacte. Cette combativité n’est pas prête de disparaître.
Des revendications fondamentales sont nées des luttes :
Abrogation de la loi LRU, remise en cause des prérogatives des présidents d’université et de la CPU, abandon des poursuites judiciaires contre les jeunes, dénonciation des violences policières.
Défense des régimes spéciaux, 37,5 annuités pour touTEs public et privé, départ à la retraite à 60 ans, augmentation substantielle et uniforme des salaires, refus des franchises médicales, refus des suppressions de postes et de la précarité.
Ce qui est à l’ordre du jour, c’est de faire converger tous les secteurs en lutte, c’est de montrer le sens politique et la cohérence des attaques, c’est de faire comprendre que, face à un gouvernement de « social killers », il n’y a pas d’autre alternative. Un secteur ne pourra pas gagner tout seul et la défaite d’un secteur sera celle de touTEs. Refuser la lutte touTEs ensemble, c’est prendre le risque d’une mutation de fond. Un autre monde serait alors possible, le leur. La santé, les retraites, l’éducation ne sont ni des marchandises ni l’objet d’une cession au secteur concurrentiel. Tous ensemble on peut gagner dans une lutte interprofessionnelle contrôlée démocratiquement en étant déterminéEs, en organisant la convergence des luttes et la reconduction des grèves.


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