Stoppons les régression MAINTENANT !

Revue Emancipation n°3 (novembre) : l’edito
vendredi 9 novembre 2007
par  QD, Administrateur

A l’heure où les attaques de Sarkozy se font de plus en plus nombreuses, nous devons montrer une résistance collective. Ces attaques sont, en fait, les différentes facettes d’une même pièce : quand elles touchent les plus précaires des travailleurs (les sans-papiers, les mineurs, les jeunes de banlieues) c’est en fait l’ensemble des travailleurs qu’elles touchent. Car c’est en désolidarisant les travailleurs, que le gouvernement croit pouvoir parvenir à ses fins. Nous devons donner une réponse collective à l’ensemble des attaques menées sur les différents fronts par le gouvernement. Celui-ci essaie de jouer la division, il sait par ce qui a pu arriver dans le passé, que cela marche ou peut marcher. Nous travailleurs, salariés, montrons leur le contraire, que nous savons riposter collectivement, qu’une attaque contre un seul est une attaque contre tous les travailleurs.

Le jeudi 18 et les jours qui ont suivi, notamment à la SNCF, ont montré la volonté des travailleurs de résister, et ces jours-là peuvent être ressentis comme une rupture avec la résignation des derniers mois face aux "réformes" voulues par Sarkozy et les puissants. Mais en même temps, le 18 a montré que sans un appel ferme des syndicats à la grève, il était difficile de mobiliser (en témoignent les chiffres de grévistes dans l’Éducation Nationale).

Le lundi 22 octobre, jour du procès de Florimond Guimard à Aix, et jour de l’imposition de la lecture de la lettre de Guy Môquet, a été un tollé pour le gouvernement : les ministres ont été sifflés dans les établissements où ils devaient lire la lettre, Sarkozy a dû renoncer à sa lecture au lycée Carnot, des enseignants ont refusé de lire cette lettre dans le contexte où elle nous était imposée. Et quant à Florimond Guimard, pour qui il était possible d’être condamné à trois ans de prison, l’accusation a demandé deux mois prison avec sursis. Ceci constitue une première victoire, elle n’est pas suffisante, seule sa relaxe nous satisfera.
Dès le départ nous avions fait le lien entre ces deux événements : la récupération par le gouvernement du travail de mémoire pour un militant anti-fasciste et communiste, et l’attaque faite aux défenseurs des sans-papiers.

Les luttes ont forcé les fédérations et confédérations qui refusaient de se lancer dans une action continue, à appeler à une journée de grève le 20 novembre (certes une date bien tardive, surtout quand on sait que se rapproche la mise en place du service minimum pour certains salariés...).
Nous devons, nous militants syndicalistes de lutte, transformer cette date en un début de mobilisation active pour combattre les réformes en cours et pour récupérer nos droits perdus ces derniers mois : sécurité sociale, retraite, droit intégral de grève… D’ici là, nous devons rencontrer les différents secteurs salariés et étudiants pour coordonner nos luttes, et si il n’y a pas de lutte, au moins nos revendications, pour mettre en place des Assemblées Générales interprofessionnelles pour le 20 novembre, meilleur moyen pour réussir la continuité de la lutte.

C’est aujourd’hui ou jamais que nous devons relever la tête, car demain il risque d’être trop tard. Comment expliquer aux générations qui arrivent, comment pourrais-je m’expliquer à moi qui commence ma carrière que nous n’avons rien fait pour garder nos droits, que je n’ai rien fait pour garder mes droits ? D’autant que ces droits ont été acquis par de hautes luttes (Conseil national de la résistance, Front populaire). Non, nous ne pouvons pas attendre plus longtemps pour construire la lutte.
Seule la lutte paie. Seuls les combats que l’on ne mène pas sont perdus d’avance.


Miren Genet (Aveyron)
le 24/10/2007


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