Contre ce pouvoir qui casse, mobilisons nos établissements... et nos syndicats !

lundi 24 septembre 2007
par  QD, Administrateur

Tract adopté à l’issue du collège national d’Emancipation les 22-23 septembre. Il est téléchargeable au bas de la page.

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Le programme politique réactionnaire Sarkozy/Fillon/UMP/MEDEF, se met en place sans perte de temps. Les lois anti-sociales et répressives imposées dans la précipitation (TEPA (Travail, Emploi, Pouvoir d’Achat), « autonomie » des universités, « récidive », « service minimum », véritable attaque du droit de grève qu’il est prévu de généraliser aux différents secteurs, « immigration et regroupement familial », avec test ADN...), aggravent tout ce qu’elles prétendent améliorer. Ce qui compte, c’est d’en finir avec les acquis politiques, sociaux, culturels, d’accueil des étrangers de ce pays, de gommer les luttes sociales(1945 ; 1968), de réécrire l’histoire, en imposant une lecture de Guy Môquet, hors de tout contexte historique, tout en s’ingéniant à faire disparaître l’héritage progressiste du Conseil National de la Résistance ( la sécu, avec les franchises médicales, le statut, de la fonction publique, le préambule de la constitution de 46, repris en 58…), ou à vouloir faire oublier le rôle fondamental des étrangers dans la résistance.

Jouant du mieux qu’il peut de l’explosion en plein vol d’une « gauche » qui oscille entre le ralliement à Sarkozy ou à ses idée, ce dernier, au delà de ses gesticulations démagogiques et populistes prétend construire une société totalement inféodée aux impératifs politiques et financiers du capitalisme le plus dur, du patronat et des plus riches, bénéficiaires du « bouclier fiscal ». Il mène en fait une véritable guerre de classe et pour tenter de limiter les réactions, il réprime les travailleurEs et les militantEs qui ne se résignent pas au genre de société qu’il veut imposer (Roland Veuillet ; Florimond Guimard du RESF 13 ; Catherine Bernard, AS de Belfort ; lycéens…).

Dans cette confrontation de classe, les forces progressistes, le mouvement syndical sont investis d’une responsabilité historique : organiser immédiatement une riposte à la hauteur des attaques actuelles et annoncées.


LES DIRECTIONS SYNDICALES ATTENDENT…

QUE LE POUVOIR AIT FINI DE DYNAMITER LES ACQUIS, « DANS LA CONCERTATION »


Les travailleurEs de tous les secteurs sont attaquéEs : pourtant, les directions des confédérations, on ne peut plus divisées, tergiversent pour appeler à la mobilisation unitaire. Reçues plusieurs fois -officiellement, comme clandestinement- par Sarkozy, elles voudraient que les agressions, comme la remise en cause des régimes spéciaux, ne soient pas imposées mais négociées. Mais il n’y a rien à négocier : sans luttes et sans rapport de force, le Pouvoir applique le programme rétrograde du candidat UMP, et les entrevues ne font que donner à croire qu’il y a aurait concertation, compromis acceptable, alors qu’il s’agit simplement de caution, quand ce n’est de compromission.


Les services publicssont particulièrement visés  : en plus du contentieux sur les salaires et l’emploi et des suppressions massives de postes, qui iront jusqu’au non remplacement d’un départ à la retraite sur deux, Sarkozy a annoncé le 19 septembre un véritable « dynamitage des principes fondateurs de la fonction publique » ; les fédérations de fonctionnaires ne réagissent pas immédiatement, comme l’attendent et le demandent les personnels débattant d’échéances à un mois sans même tomber d’accord sur une date, pour impulser la mobilisation.


L’éducation nationale est au bord de l’asphyxie : les conditions désastreuses de la rentrée, tant du point de vue des élèves que des personnels (effectifs de plus en plus chargés ; heures supplémentaires en augmentation ; et utilisation aggravée de la précarité comme variable d’ajustement au mépris des personnes ; transformation des écoles publiques en EPEP, sous contrôle municipal ; privatisation aggravée, avec le recrutement local à l’université dans toutes les catégories, en plus des précaires de statuts divers et avec le décret d’application de l’article 89 de la loi de 2004, qui impose aux communes de subventionner des écoles privées situées en dehors de leur territoire…) couplées à l’annonce de suppressions de postes d’une ampleur jamais égalée, auraient nécessité une réaction syndicale d’envergure dès les premiers jours de l’année scolaire… Et on attend toujours, un mois après la rentrée, quelque chose qui ressemble à une proposition d’action.


Les directions syndicales ne répondent pas aux exigences de riposte, de résistance, de dignité de leurs adhérents. Bien que certaines organisations aient montré la voie du boycott, le plupart acceptent de pseudo concertations (et autres « livres verts »), où elles poursuivent l’illusion de gratter quelques miettes sur « la représentativité » ou « le dialogue social ». Il est pourtant possible d’agir autrement, comme le font l’intersyndicale du 93, les collectifs de non titulaires ainsi que le collectif d’organisations étudiantes et universitaires, qui œuvre à mobiliser sur le terrain, pour l’abrogation de la loi Pécresse sur l’université.

En ne se donnant pas les moyens de mobiliser, en acceptant de discuter de la mise en place de la politique annoncée, les directions syndicales laissent le temps à Sarkozy de développer ses campagnes démagogiques, de sortir les textes qui modèlent une société qui n’a rien à voir avec les principes défendus par le mouvement syndical. Elles prennent le risque de laisser isolés les travailleurEs, les établissements, les secteurs, qui refusent cette situation et qui entrent en lutte et de laisser le Pouvoir utiliser la répression pour traquer celles et ceux qui lui résistent :

Le 22 octobre le procès de Florimond Guimard sera celui des syndicalistes qui, avec le RESF, s’opposent à la chasse aux enfants. SUD et la CNT appellent à la grève pour se rassembler à Aix… pas la direction de la FSU, qui tient ce jour là un bureau national, alors qu’elle a déplacé tous les autres pour participer aux « réunionsde concertation » sur le dynamitage de la fonction publique.

L’Emancipation appelle à la grève le 22 octobre, pour exiger devant le tribunal la relaxe de Florimond Guimard, et elle considère que la lutte sans faille contre la répression, notamment de celles et ceux qui refusent les lois liberticides et le contrôle social est une exigence pour espérer gagner touTEs ensemble sur les revendications.

NOUS NE POUVONS LAISSER FAIRE


Partout, dans les universités, dans les écoles, les lycées, les collèges, dans les quartiers, quels que soient notre catégorie, notre statut, titulaires ou non, syndiquéEs ou non, militantEs ou non, nous ne pouvons laisser détruire l’Ecole, les services publics, les garanties sociales et du travail, les droits humains…


Partout, réunissons des AG pour expliquer, s’il est encore besoin, la gravité de l’offensive du Pouvoir, définissons des revendications qui permettent une riposte au moins aussi cohérente que cette offensive :
- sur l’amélioration des conditions de travail, les effectifs (24 élèves par classe maxi avec tous les dédoublements nécessaires) et pour la création de tous les postes nécessaires (pour assurer les enseignements obligatoires, les options, l’encadrement éducatif, médical et social, l’aide et le soutien aux élèves dans le temps de service…), condition de survie d’un service public d’éducation pour touTEs. L’auto-réduction des effectifs, l’organisation de classes sauvages, peuvent permettre de mettre en évidence les besoins et d’associer les parents.
- sur le refus des heures supplémentaires : l’organisation de ce refus collectif doit être menée en parallèle avec la lutte pour le réemploi et la titularisation sans conditions de touTEs les précaires, avec celle pour obtenir des augmentations salariales uniformes pour touTEs (sans travailler plus !), avec le refus de la mise en concurrence à tous niveaux (carte scolaire, conseil pédagogique, salaires au mérite…). L’accueil des non titulaires au chômage dans leur ancien établissement et/ou leur installation médiatisée sur des heures non assurées ou sur des regroupements d’heures supplémentaires sont des formes d’action qui illustrent bien les solidarités entre les situations.
- sur le refus du peu que le collège a d’unique, du bricolage du BAC et du SMIC culturel qu’est le « socle commun », développons les passerelles entre le général le technique et le professionnel pour aller vers la fusion de ces enseignements pour tous les jeunes, soutenons les innovations des équipes et la mise en commun des pratiques pédagogiques.
- sur les droits sociaux : contre l’augmentation de la période de cotisation pour la retraite, y compris pour les régimes spéciaux, 37,5 annuités pour touTEs, maintien des solidarités (dépendance…) ; contre les franchises médicales, avec les initiatives du 29 septembre, contre les atteintes au droit de grève et le service minimum
- sur les libertés fondamentales : justice expéditive en particulier pour les mineurEs, utilisation du système éducatif pour ficher, dès la maternelle, les enfants et les jeunes (notamment avec Base Elèves et Sconet), traque des pauvres et des immigréEs collectivement désignéEs comme problème pour "l’identité nationale", et privéEs des droits les plus élémentaires au mépris des traditions d’asile pourtant emblématiques dans notre pays… Ce sont là les premiers éléments d’un contrôle social généralisé.
- contre le nouveau projet de traité européen, dont la seule « simplification » résiderait en fait dans son adoption en dehors de tout contrôle des citoyens. Lutter pour l’Europe des travailleurEs est nécessaire, la CES et la CSI ne le font pas et les forums sociaux le font de moins en moins. Il faut organiser des solidarités dans les luttes et des réseaux intersyndicaux « non alignés ».

Résistons dans tous les domaines et exigeons des directions syndicales qu’elles en fassent de même :

Chaque secteur, chaque établissement, chaque personnel a des raisons graves pour se mobiliser. Le droit de grève est attaqué, défendons le avec l’ensemble des travailleurEs et leurs organisations, et usons-en !


REJOIGNONS LES CHEMINOTS DANS LA GREVE LE 18 OCTOBRE !

Exigeons des directions syndicales nationales qu’elles appellent à la grève avec les travailleurs de la SNCF, le 18 octobre. Ce qui permettrait d’initier une dynamique de mouvement durable, à condition de l’accompagner d’un appel à organiser des AG intersyndicales et interprofessionnelles de grévistes pour se prononcer sur la poursuite de la lutte, et dans l’éducation d’un appel à manifestation nationale avec la participation avec les parents le plus rapidement possible après les congés de novembre. L’unité doit être favorisée, à tous les niveaux, entre les organisations syndicales de l’Education et de la Fonction Publique, de jeunesse et de parents mais elle ne doit pas se caler sur les moins mobilisées, ni retarder l’action au motif qu’il n’y a pas assez d’appelants. Chaque organisation, chaque secteur, chaque travailleur est devant ses responsabilités. Si les directions des syndicats représentatifs commettent l’erreur de ne pas appeler au 18, il appartient aux AG, aux intersyndicales à tous les niveaux de le décider et de se doter de relais de mobilisation et de contrôle de luttes (AG de secteur et départementales, coordinations). C’est en ripostant touTEs ensemble à chaque attaque, quel que soit le secteur concerné (privatisation d’EDF et de GDF, du fret ferroviaire…), qu’on préparera la grève générale interprofessionnelle nécessaire pour développer un rapport de force à la hauteur des attaques.


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