Critique du Rapport d’Activité de la direction du SNESup-FSU

(Emancipation est la tendance d’opposition au SNESup-FSU, face à la direction bitendancielle AS + EE)
lundi 13 novembre 2006
par  Henri Amadei

Trois tendances dans le SNESup-FSU, une tendance d’opposition (Emancipation) et deux tendances qui se partagent la direction (AS "Action Syndicale" d’une part, + EE "Ecole Emancipée", dirigée par une fraction LCR, d’autre part) . Si lr’on excepte les quelques mois qui précèdent les congrès d’orientation (tous les deux ans), seules les contributions de camarades d’ AS et d’EE sont publiées dans le bulletin du SNESup-FSU . Un droit d’expression non censuré existe par contre sur les listes web du SNESup-FSU .

Pour Emancipation [1], c’est un NON
sans complaisance ni détours

Les deux tendances A.S et E.E co-dirigeantes du SNESup soumettent leur rapport d’activité commun au vote des syndiquéEs. Alors que le processus de Bologne s’accélère en Europe et que le ministre brandit de nouvelles menaces contre le service public d’Education, la co-direction tente de nous convaincre que ses stratégies ont permis d’éviter le pire ! Pourtant, cette rentrée aura été désastreuse en termes d’état des lieux et d’accumulation de menaces, mais aussi par impréparation syndicale et donc incapacité à réagir. L’exigence critique pour l’enseignement et la recherche va de pair avec une capacité d’analyse critique dans le syndicat. Il faut tirer les leçons des échecs pour espérer gagner de nouvelles batailles.

UNE RENTRÈE CALAMITEUSE

Les universités subissent les conséquences de la mise en place de la réforme libérale LMD-ECTS. Pourtant, le SNESUP n’a pas relayé les luttes étudiantes engagées dès 2002 contre la première "vague", ni celles des étudiants et des enseignants des STAPS demeurs totalement isolées.
Nos dirigeants, plutôt qu’étendre le mouvement, ont choisi le retranchement prudent dans une réflexion de type académique (Etats généraux, Assises…). Ces contre-réformes se sont donc appliquées, de vagues en vagues d’universités, sans rencontrer d’opposition syndicale construite nationalement. Le SNESup n’a pas non plus cherché à construire la lutte unitaire des personnels dans le cadre fédéral FSU, voire l’étendre à un cadre intersyndical plus large.

DANS L’ATTENTE DU PIRE …

De même, le SNESup n’a pas réagi contre les expérimentations de la réforme budgétaire (LOLF) dans les ’"sites académiques cobayes", alors que les "retours d’expérience" montrent que cette réforme apparemment technique applique de fait la casse des statuts que le gouvernement cherche à mettre en œuvre depuis le rapport Belloc jusqu’à la récente LOPRI.
Le SNESup n’a pas anticipé l’offensive prévisible contre la Recherche qui s’est concrétisée avec le projet Fillon de LOPRI qu’il découvre soudain, alors qu’elle était "écrite" dès les déclarations de Lisbonne (2000) reprises par le projet de constitution. Là aussi, il a préféré des Etats généraux (Recherche), ou des Assises (Formation en IUFM) aux luttes nécessaires face aux menées libérales du gouvernement relayées par la CPU.

LA PRÈCARITÈ JUSQU’OU ?

Le SNESup n’a pas engagé la mobilisation contre la précarité et la précarisation qui font de l’Université une véritable tête de pont de l’offensive libérale contre les personnels. Il n’a pas pris la mesure des incidences des réformes sur les vacataires, contractuels, etc, en considérant ces personnels comme extérieurs à la corporation des universitaires, laissant ainsi le champ libre au projet libéral de services marchands. De même pour les mouvements de jeunes chercheurs et de précaires, grands oubliés du CIP et les Etats Généraux de Grenoble, nous espérons que la concertation prévue par la motion de CAN de décembre 2004 se matérialisera à l’occasion du Congrès.

LE POIDS DES CONNIVENCES

Un des obstacles à la combativité du SNESup est sa complaisance intolérable vis-à-vis d’un ’"nouveau mandarinat" apparu avec l’autonomie des universités et la co-gouvernance régionale. Des éluEs, présidentEs d’universités, de sections du CNU, dont des syndiquéEs SNESup, appliquent les réformes libérales, s’opposant même aux mobilisations syndicales.
Ces méthodes de "PDG d’entreprises universitaires" peuvent aller jusqu’à des sanctions pour faits de grève, voire des poursuites judiciaires. Des secrétaires de sections refusent arbitrairement la syndicalisation de camarades jugéEs trop remuantEs. Ménager ces présidentEs et autres notables nous paralyse et compromet notre crédibilité syndicale. Le SNESup doit être capable de dénoncer les abus de pouvoirs à l’intérieur de ses propres rangs.

ASSEZ DES EXCLUSIVES

La direction du SNESup refuse de prendre en compte des forces sociales existantes mobilisées sur le terrain (coordinations etc.) sous prétexte qu’elles ne seraient pas représentatives, pour en fait privilégier les convergences de sommet avec le syndicalisme d’accompagnement. Elle ignore ainsi des forces combatives du mouvement étudiant au bénéfice de l’UNEF, beaucoup moins pugnace.
Le SNESUp n’a pas relayé, ou toujours tardivement et en les marginalisant, les mobilisations étudiantes qui se sont avérées ces dernières années le moteur de la mobilisation. Voir les EJ-MI-SE en 2002-2003 et à cette rentrée le mouvement des jeunes chercheurs et précaires porteur de convergence avec les lycéens, les étudiants et les enseignants.

EUROPE : LA DÈRIVE

Après "l’appel de Genève" du contre G8, nous avions approuvé la participation active de notre syndicat en septembre 2003 au contre sommet européen de l’Èducation à Berlin, combattue par Ecole Emancipée. Ceci témoignait d’un souci d’indépendance syndicale face aux institutions de l’Union Européenne et au syndicalisme de co-gestion incarné par la Confédération Européenne des Syndicats (CES), partenaire officiel aux côtés du patronat européen des institutions européennes qui orchestrent le démantèlement du service public.
Mais la co-direction du SNESup a depuis le congrès de Perpignan totalement modifié son orientation pour s’engager avec la FSU dans la stratégie de recomposition du syndicalisme européen autour de la CES. Rejoignant la coalition du syndicalisme d’accompagnement au moment où culminent les menaces de privatisation marchande de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, elle soutient la manifestation du 19 mars à Bruxelles organisée par la CES qui approuve la constitution.

NON A DES CHOIX D’ORIENTATION
QUI CONDUISENT A L’ECHEC
NON AU RAPPORT d’ACTIVITE


Un congrès d’orientation du SNESup-FSU se déroule tous les deux ans dans le SNESup-FSU - le prochain en 2007 .
Trois tendances présentaient des textes d’orientation et listes en 2003 et en 2005 , dont les deux tendances qui cohabitent à la direction du SNESup, AS ("Action Syndicale") et EE ("Ecole Emancipée", dirigée depuis 2002 par une fraction LCR) .
Nous présentions une orientation alternative :
§ en 2003 , sous le nom "EmancipéEs pour une alternative syndicale dans l’Education" (le sigle "Ecole Emancipée" ayant été conquis en 2002 par une fraction LCR)
§ en 2005 , sous le nom "EMANCIPATION" .
Dans les mois qui précèdent les congrès d’orientation (tous les deux ans), le bulletin national du SNESup-FSU accepte de publier nos contributions .


[1mancipation, ex EmancipÈ-e-s pour un syndicalisme alternatif dans l’Education


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