Présentation brève d’Emancipation au SNESup-FSU

intervention en congrès d’orientation en avril 2005
mercredi 6 décembre 2006
par  Henri Amadei

Pourquoi notre proposition d’orientation alternative Emancipation au SNESup ?

Ce n’est pas une fantaisie de trublions. Il est sain qu’existe(nt) une orientation alternative, une ou des tendance(s) d’opposition, un débat démocratique interne sans concessions - - et dans le respect des personnes et des différences, avec le droit à tribunes libres . C’est très sérieux : il s’agit du respect du "droit de tendance", droit fondateur du syndicalisme enseignant en France, et inscrit dans les statuts du SNESup/FSU.
On n’adhère pas au SNESup sur une orientation, mais sur une volonté unitaire de pluralisme accepté . Les différences doivent rester visbles : la démocratie !
En 1947 - mais quelle actualité pourtant ! - , dans un contexte "d’échec du mouvement ouvrier " et de "scission syndicale", les congrès de la FEN ont voté, choisi la motion Bonissel-Vallière , -pour permettre de maintenir les travailleurs de l’enseignement dans une même structure syndicale, malgré des différences de vues et d’engagements politiques et pour faire obstacle au "noyautage" (dans l’ombre, au sommet) - pour la reconnaissance de l’organisation en tendances avec "élection à la représentation proportionnelle" sur des propositions de programmes portées à la connaissance des syndiqué-E-s pour qu’ils puissent choisir. Mais la motion Bonissel -Vallière avait également institué dans cette logique "l’homogénéïté des organismes d’exécution" (nos exécutifs actuels) sans laquelle l’exercice du droit de tendance est vidé de son contenu.
Or les deux tendances AS et EE ont décidé de rompre cette "homogénéité" pour diriger ensemble notre syndicat . Nous militions alors dans l’EE : plusieurs de nos élus ont été exclus, du CDFN et du BDFN de la FSU par exemple .
Il ne suffit pas de publier tous les deux ans une motion distincte et une contribution prétendument critique à une activité dont on est co-responsable . L’exécutif est globalement solidaire de son activité .
La direction du SNESup, à cause de ses atermoiements est en grande partie responsable de la mise en place erratique du LMD, et partant d’une rentrée catastrophique voire, dans certaines universités, d’une année calamiteuse qui obère leur avenir . Nombre de présidents d’universités "chefs d’entreprises", par ailleurs adhérents au SNESup, ont soutenu et grandement favorisé la mise en oeuvre de cette réforme .
Pas d’unité sans débat critique !
En enseignement et recherche, nous préconisons l’accès CRITIQUE aux savoirs .
Dans le SNESup aussi nous préconisons la diversité acceptée - notre force - , les tendances, y compris donc les critiques .
L’ UNITé dans les LUTTES doit se faire sur la base des revendications - sans AUCUNE EXCLUSIVE à priori de sigles et organisations - de personnels, d’étudiant-E-s, de jeunes docteurs et doctorants .
La direction bi-tendancielle AS-EE préfère UN des syndicats d’étudiant-E-s , l’ UNEF,
seul invité au congrès ...
PAS D’EXCLUSIVE vis à vis des AUTRES syndicats et organisations d’étudiant-E-s !
Pas d’exclusive non plus avec les mouvements de doctorants et jeunes docteurs : CJC Confédération des Jeunes chercheuses et chercheurs, JCCP Jeunes Chercheurs Contre la Précarité, ...etc ...
Nous avons des divergences, des priorités syndicales différentes . Tant mieux !
EMANCIPATION , par exemple ,
donne la priorité à la LUTTE CONTRE LA PRéCARITé . Notre contribution de congrès "Lutter contre la précarité ! " formule des critiques acerbes, propose aussi une plateforme unitaire entre tendances (en deçà de la notre) vers un RAP Réseau Anti-Précarité, un groupe de travail préparant dès le congrès des luttes, un appui à la direction, qui n’a pu appliquer contre la précarité des mandats de congrès et de CA nationale .
Pour les SALAIRES, Emancipation revendique des augmentations UNIFORMES , en nombre de points d’indices - et non en pourcentages : celle ou celui qui gagne dix fois plus ne doit pas être augmenté-E dix fois plus !
INDEPENDANT , le SYNDICAT doit le rester .
Pas de courroie de transmission ! INDéPENDANCE par rapport aux églises, aux pouvoirs patronaux et politiques (dont le UE Union Européenne par l’intermédiaire de la CES), indépendance par rapport aux "Chefs d’entreprises Universitaires" et la CPU !
Nous refusons toute DOMESTICATION de l’outil syndical, y compris par les présidences d’Universités, ou la CES Confédération Européenne des Syndicats, inféodée ("gouvernance européenne" ...) à la Commission Européenne .
En 2003, le SNESup a eu raison de participer au CONTRE-SOMMET de l’éducation européenne à Berlin - ce qui n’a plu ni à la CES évidemment, ni à la direction de la FSU par conséquent .
LAÏCITé :
Farouchement attachés à la laïcité, pour des ESPRITS LIBRES et CRITIQUES , nous défendons une école sans dogmes, sans patrons, sans endoctrinement d’aucune sorte, ... émancipatrice ! Cette laïcité n’est pas la neutralité, mais un accès aux savoirs pluriel dans les contenus et dans les méthodes de travail . Cette année 2005 est celle du centenaire des lois laïques . Notre laïcité est celle d’une émancipation des individus et des peuples (pas celle du Jules Ferry) .
Ni clientélisme, ni corporatisme, ni inféodation !
EMANCIPATION !

Ce texte a été distribué au congrès d’orientation 2005 du SNESup-FSU, repris oralement à la tribune (d’où sa brieveté) . Une motion d’orientation d’Emancipation au SNESup-FSU et plusieurs textes thématiques avaient été publiés . Au SNESup-FSU Emancipation est la tendance d’opposition face à la coalition majoritaire AS ("Action Syndicale") + EE FSU ("Ecole Emancipée", dirigée par une fraction LCR).

amadei.henri@wanadoo.fr