Quelle place pour la FSU ?

mercredi 7 février 2007
par  QD, Administrateur

(article publié dans la revue "L’Emancipation syndicale et pédagogique", n°5 de janvier 2007)

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Débat

Quelle place pour la FSU ?

Le 20 novembre 2006, la FSU 13 organisait un débat public à l’IUFM de la Canebière à Marseille : "Syndicalisme, quelles perspectives ? Quelle place pour la FSU ?". Jean-Marie Pernot traitait la première question et René Mouriaux la seconde. Ce dernier, avec humour, a tracé un tableau sans concession de la FSU.

René Mouriaux observe trois périodes depuis la scission de 1992 :

- 93-97 : la FSU connaît un élan flamboyant et devient la première force syndicale dans l’Education nationale, et aussi dans la Fonction publique d’Etat.

- 97-2001 : les dégâts occasionnés par la gauche plurielle, le conflit SNES-SNUipp et la dissidence du SNETAA brisent cet élan.

- Depuis 2001, la FSU piétine.

Pourtant, en 2003, la FSU a été moteur dans le mouvement contre la loi Fillon sur les retraites et depuis elle s’implique dans le débat sur l’éducation et dans tous les domaines qui posent questions à la société.

Fléaux
Cette situation tient pour beaucoup, selon René Mouriaux, aux sept fléaux de la FSU :

- La FSU n’existe pas en tant que fédération, il n’y a pas de structures régionales, elle regroupe seulement des syndicats nationaux et n’a pas de projet syndicat fédéral.

- Les deux grands syndicats (SNES et SNUipp) regroupent 120000 adhérents sur 170000 et se trouvent en rivalité, le SNESup pratique plutôt l’amicalisme.

- Les tendances, heureusement maintenues à la création, n’apportent plus d’idées aujourd’hui. U et A gère les syndicats et n’existe pratiquement plus en tant que telle, l’EE s’est développée dans les syndicats, mais représente plus des intérêts d’organisation : d’où l’émergence d’Emancipation.

- Les non-enseignants sont trop faibles.

- La FSU se trouve dans un grand isolement international. Elle a quitté la FIS et devrait rencontrer la CSI l’an prochain.

- Le départ des plus âgés n’a pas trouvé de relève chez les jeunes (le SNUipp a perdu 5% d’adhérents). L’implication de la FSU dans les grands mouvements ne s’est pas soldé par un afflux d’adhérents.

- L’autonomie de la Fédération représente sa croix. Sans avoir une suite confédérale, le conflit SNES-SNUipp est insoluble.

Alors, quel avenir ?
S’il n’y a pas eu de suite après la victoire contre le CPE, c’est que la mobilisation reste très difficile. Les libéraux vont faire passer, après les élections de 2007, de nouvelles attaques contre tous les services publics et en particulier contre l’Education nationale.

Il faut que la FSU s’ouvre, mais comment ? Le texte de congrès n’est absolument pas à la hauteur. Quelques pistes :

- Créer un pôle de radicalité avec Solidaires ?

- Aller vers un élargissement afin d’obtenir la représentativité comme l’UNSA ?

- Créer une coordination, mais l’échec du CLUI est là ?

- Organiser des collaborations partielles, même en absence de continuité ?

- Travailler à une réunification syndicale, c’est-à-dire se rapprocher de la CGT ? Cette dernière n’est pas pour.

Selon R. Mouriaux, la FSU possède à son actif quatre atouts.

Elle a un fort enracinement dans son milieu de syndicalisation et reste à l’écoute du personnel.

Elle conserve une combativité importante ; le milieu a une forte conception de la dignité de son travail et de la laïcité.

Même si sa créativité est plus faible, elle garde des expériences fortes comme celle des 70 % dans les votes.

Enfin, elle propose un accueil et des débats.

La question des statuts
Si la FSU reste sur un statu quo, elle verra se poursuivre sa lente érosion. Par contre, l’offensive des libéraux après 2007 risque de provoquer son déclin en accéléré.

René Mouriaux, en conclusion, indique qu’il est nécessaire de refondre les statuts de la FSU, car ceux-ci ne sont pas séparables de l’orientation, pour doter la fédération de pouvoirs. Pour lui, il faut garder les tendances pour faire avancer les idées. Il considère urgent d’élaborer un projet scolaire qui englobe le primaire, le secondaire et le supérieur afin de poser sur la scène publique les fondements de l’Education nationale. Enfin, de son point de vue, la confédéralisation de la FSU est indispensable et passe par une nouvelle approche du mouvement syndical, une approche qui cesse de se caractériser par un comptage réciproque : la FSU doit devenir une composante de la recomposition syndicale à venir.

Michel BONNARD
Le 21 novembre 2006


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