L’atmosphère : une protection pour la terre, mais jusqu’à quand ?

mercredi 7 février 2007
par  QD, Administrateur

(article publié dans la revue "L’Emancipation syndicale et pédagogique", n°5 de janvier 2007)

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Environnement

L’atmosphère : une protection pour la Terre
mais jusqu’à quand ?

Le protocole de Kyoto, entré en vigueur en février 2005, comporte des engagements absolus de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 38 pays industrialisés. Quel bilan en 2007 ?

L’atmosphère est l’enveloppe gazeuse qui entoure la Terre. Elle se divise, divisions théoriques liées aux variations de température, en plusieurs couches, de la plus proche et la plus dense, à la plus lointaine et la plus ténue : la troposphère (0 à 12 km) ; la stratosphère (12 à 50 km) ; la mésosphère (50 à 85 km) ; la thermosphère (85 à 700km) et l’exosphère au-delà.

Bouclier protecteur
Dans la stratosphère un gaz présent en grande quantité, l’ozone O3 , joue le rôle de bouclier protecteur de la vie en arrêtant totalement les rayons ultraviolets C et partiellement les ultraviolets B. Nous savons depuis plusieurs années qu’il a été mis à mal par les rejets de chlorofluorocarbones (C.F.C.) provenant des appareils de réfrigération, climatisation et des aérosols, mais d’utilisation fortement réglementée maintenant. Le bulletin de santé de la couche d’ozone présente un état stable sans s’être toutefois notablement amélioré.

Dans la troposphère, où nous respirons, sont présents une multitude de gaz tels le diazote N2 (78 % du volume), le dioxygène O2 (21 %) et tous les autres (1 %). C’est dans ce 1 % qu’un autre défi se dresse devant l’humanité. Depuis 1750, c’est-à-dire le début de la révolution industrielle en Grande-Bretagne, jusqu’à nos jours, le taux de dioxyde de carbone CO2 a augmenté de 35 % (de 280 ppm (1) à 379 ppm), le taux de méthane CH4 a été multiplié par 2,5 (de 700 ppb (2) à 1783 ppb) et le taux de protoxyde d’azote N2O a augmenté de 18 % (de 270 ppb à 319 ppb). Or ces trois gaz, si l’on excepte la vapeur d’eau, sont les principaux générateurs de l’effet de serre et par conséquent du réchauffement climatique à la surface de la Terre, amplifiés par la destruction des forêts tropicales.

Responsabilités
Ouvert à ratification en mars 1998, le protocole de Kyoto, ayant trait aux émissions de CO2 liées à l’utilisation des combustibles fossiles, a été ratifié à ce jour par 156 pays. Quel bilan tirons-nous des observations faites entre 1990 et 2004 ? Les émissions totales de CO2 sont passées de 20763 millions de tonnes en 1990 à 26583 millions de tonnes en 2004, soit une augmentation de 28% alors que le protocole envisageait une légère réduction de 5% à l’horizon 2012. En dépit des engagements pris à Kyoto, les émissions continuent d’augmenter.

Pointons quelques mauvais élèves portant une lourde responsabilité dans cet état de fait en 2004 : Amérique du nord (États-Unis non signataires et Canada signataire) 6558 millions de tonnes ; Europe de l’ouest, 3404 ; Asie (hors Chine), 2961. La Chine (4769 millions de tonnes) ne porte pas les mêmes responsabilités en raison de l’importance numérique de sa population et de son ralliement récent au modèle économique occidental de développement.

Affinons les responsabilités et raisonnons à partir des émissions de CO2, par habitant en 2004, liées à l’utilisation des combustibles fossiles : Australie 26,4 tonnes par habitant ; Canada, 23,6 ; Etats-Unis, 19,7 ; Arabie saoudite 13,6 ; Allemagne 10,3 ; Corée du sud 9,6 ; Japon 9,5 ; Royaume-Uni 8,9 ; 8,6 pour l’Union européenne à 15 ; en bas du classement : Chine 3,7 ; Brésil 1,8 ; Inde 1,0 tonne ; puis les pays d’Afrique.

Le système économique qui prévaut actuellement sur l’ensemble de la planète, le capitalisme, fait des dirigeants des États responsables et de leurs industriels (pour les industries grosses consommatrices d’énergie fossile) des acteurs incapables d’améliorer ou même seulement stabiliser la situation qui empire donc année après année, tout particulièrement depuis 1950.

Jean-Louis DUPONT
Le 4 janvier 2007

(1) Parts per million (abrégé en ppm)= nombre de molécules du gaz par million de molécules d’air.

(2) Parts per billion (abrégé en ppb)= nombre de molécules du gaz par milliard de molécules d’air.



Seveso

Autre hypothèse...

Que sont devenus les fûts évacués ? Voici quelques précisions, à la suite de l’article Seveso : nuage de dioxine et fumées opaques , paru dans notre numéro d’octobre 2006.

Michel Bernard, de la revue Silence , m’a fort opportunément rappelé que Fabrice Nicolino avait mené jadis des investigations autour de la décharge de Montchanin (1). Mimmo Pucciarelli, du Centre de ressources sur les alternatives sociales à Lyon, m’a aimablement transmis le dossier en six volets, paru dans Politis (2). Pour le journaliste, qui collabore désormais au magazine Terre sauvage , les quarante et un fûts évacués, le 10 septembre 1982, des parages de l’usine ICMESA à Meda, avaient été enfouis, le 4 novembre 1982, dans une couche d’argile sur le site de Saône-et-Loire (3), non loin de l’alvéole où reposent maints autres conteneurs suspects. Mannesmann Italiana avait conclu un contrat avec la Givaudan, dont dépendait la fabrique vétuste, puis sous-traita avec la Spelidec de Marseille. Bernard Paringaux, le patron de cette société, confia à la SATM de Chambéry l’acheminement vers la Bourgogne. Finalement, la Trajora, domiciliée à Saint-Martin-du-Fresne dans l’Ain, prit le relais, après dédouanement de la cargaison, gardée six semaines dans le dépôt clandestin d’Euro-Deal, 106 rue de la Fère à Saint-Quentin, une autre firme appartenant à l’ancien militaire. Arrêté, le 30 mars 1983, celui-ci rompit le silence, le 19 mai 1983. La "découverte", ce jour-là, à Anguilcourt-le-Sart (Aisne), de quarante et un autres récipients, dans l’abattoir désaffecté d’André Droy, boucher à la retraite, constituait donc le point d’orgue d’une sinistre mise en scène orchestrée par les autorités françaises de concert avec la multinationale Hoffmann-La Roche. Ce chargement-là finira dans le four à haute température de Ciba-Geigy à Kleinhüningen près de Bâle.

René HAMM
Mittelbergheim (Bas-Rhin)
Le 28 novembre 2006

(1) Le 25 mars 1983, Jacqueline Denis-Lempereur avait dans un papier pour Science et Vie , rédigé avec Katia Kanas de Greenpeace, posé la question : "Où est la dioxine ?".

(2) Editions des 14 et 21 décembre 1989, 4 janvier, 1er février, 15 mars et 12 avril 1990.

(3) Fermé officiellement, le 20 octobre 1989.

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