Conseil National de la FSU (20-21 juin) : texte sur l’action de la tendance Emancipation

vendredi 22 juin 2007
par  QD, Administrateur

Ci-dessous et en pièce jointe, le texte déposé par la tendance Emancipation lors du Conseil National de la FSU.

Texte action de la tendance Emancipation

Préparer une rentrée de luttes

Le syndicalisme est confronté à un gouvernement au service du patronat, qui contrôle l’assemblée et une grande partie des medias. Il s’agit d’un projet contre-révolutionnaire global, d’une volonté affichée de bouleverser de fond en comble les droits sociaux au profit du patronat. Face au démantèlement du Code du travail, à la casse des services publics, accélérée par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, face au harcèlement des précaires, des chômeurs, des étrangers, des jeunes, la responsabilité du syndicalisme est de mener la contre-offensive.

Ce n’est pas par hasard si les premières attaques gouvernementales ciblent notamment le secteur éducatif : depuis la mise en place du pouvoir de la droite, il a été l’objet d’un ensemble d’attaques cohérentes, visant à son démantèlement en tant que service public national et laïque d’éducation.

Sur le plan pédagogique : mise en œuvre autoritaire de méthodes pédagogiques réactionnaires, mise en place d’un socle commun minimal, individualisation du soutien avec les PPRE et disparition des moyens dévolus à l’aide et au soutien des établissements particulièrement dans les ZEP, création d’une « note de vie scolaire », mise en place du LMD dans les universités.

Sur le plan de la structure du système éducatif : mise des écoles sous tutelle des politiques locales avec la création des EPEP, démantèlement de l’enseignement spécialisé, par fermeture de sections de SEGPA, la création des maisons du handicap et la scolarisation des enfants handicapés dans le circuit éducatif commun sans moyens, sans accompagnement, sans formations pour les enseignants, orientation précoce, soutien financier à l’école privée, réduction des budgets et mise en concurrence des universités, intégration des IUFM dans les universités, entraînant la centralisation des formations universitaires autour de grands pôles régionaux en nombre réduit, développement de l’apprentissage, de l’alternance et du financement privé. Fichage, enfin, des enfants et des jeunes de la maternelle au lycée, par l’emploi de Base élèves et Sconet, à des fins de police.

A présent c’est au tour de l’université de faire les frais d’une réforme fondée sur la mise en concurrence généralisée, l’augmentation déguisée des droits d’inscription, etc

Sur le plan des personnels : renforcement et extension des pouvoirs des chefs d’établissement, conseil pédagogique, suppressions de postes, disparition de la formation continue, dégradation des conditions de travail, augmentation du temps de travail (heures supplémentaires, lundi de pentecôte), blocage des salaires, décentralisation des personnels ATOS, précarité constamment croissante, licenciements massifs.

Dans ce contexte, l’abrogation du décret Robien et la suspension de l’apprentissage à 14 ans, sont une réponse à nos luttes, mais elles entrent aussi dans le cadre d’une stratégie de démobilisation avant l’attaque réglée de tout ce qui subsiste comme acquis progressistes, au même titre que « l’écoute des partenaires sociaux », pour le moins autiste ; « les discussions consultations » aussi informelles qu’inutiles.

Il s’agit pour le pouvoir en place de parachever l’œuvre déjà commencée de remplacement du système éducatif issu du mouvement de démocratisation scolaire qui avait marqué la seconde vingtième siècle par un système éducatif libéral le moins coûteux possible pour l’Etat.

Très rapidement, il va tenter d’imposer notamment :
- fin juin les licenciements massifs de non titulaires qui n’avaient pas été mis plus tôt sur la touche : la reconduction (d’une partie seulement) des emplois d’EVS ne prévoit pas le maintien dans l’emploi des personnes.
- En juillet/août, la casse de l’université publique et l’aggravation des politiques anti-jeunes et anti-immigrés
- En septembre
- la multiplication des heures supplémentaires, alors qu’il y aura un chômage massif des non titulaires ;
- l’aggravation de la loi Fillon
- des« consultations pour imposer le service minimum, la refonte des métiers de l’éducation, des statuts, « le travailler plus pour gagner plus », le contrat unique de travail...

Les outils de répression pour imposer cette politique sont déjà en place : condamnations lourdes de manifestants anti-Sarkozy, réforme de la justice pour les mineurs et peines plancher. Les manifestations qui ont déjà eu lieu contre la politique de Sarkozy et la répression brutale et disproportionnée qui s’en est suivie, confirment la nature policière et liberticide de ce régime. C’est dire si le pouvoir en place craint par-dessus tout qu’un mouvement de lutte mette en évidence son absence de légitimité sociale. La FSU combat frontalement ces orientations, notamment en apportant son soutien aux victimes de la répression.

Il ne s’agit déjà plus de défendre le système éducatif actuel, ce qui serait entériner les contre réformes de ces dernières années, mais de reconstruire un système éducatif véritablement laïque, gratuit et démocratique. Pour cela une refondation pédagogique est nécessaire, fondée sur les principes des pédagogies actives, de l’apprentissage collectif, de la coopération, sans orientation ni sélection jusqu’à la fin de l’actuel lycée, l’unification des statuts de tous les travailleurs de l’éducation, l’éradication de la précarité par la titularisation sans condition de tous les non-titulaires, la fin du dualisme scolaire par la nationalisation laïque.

Pour faire échec aux projets gouvernementaux et porter la revendication d’un projet réellement alternatif pour le système éducatif, la FSU refuse toute forme de concertation avec ce pouvoir qu’elle caractérise clairement comme ennemi de classe. La direction de notre fédération, plutôt que d’axer l’essentiel de sa stratégie sur les audiences, et la vaine espérance de la reconnaissance de sa représentativité, ferait mieux d’asseoir cette représentativité sur un rapport de force et sur de vrais négociations fondées sur la mobilisation des personnels et contrôlées par elle.

Dès maintenant la FSU oeuvrera au développement de mobilisations associant tous les personnels, les parents d’élèves et les jeunes, organisées démocratiquement :
- par la mise en place de campagnes d’information et de sensibilisation
- en appelant à tenir des AG pour définir les revendications et les formes d’action pour la rentrée
- en proposant dès maintenant la grève à la rentrée, par le développement d’actions sans en exclure aucune forme (grève nationale, boycotts, etc) pour aboutir au blocage de la rentrée, jusqu’à la satisfaction des revendications et l’abrogation des contre-réformes.


Documents joints

Télécharger la motion sur l'action
Télécharger la motion sur l'action

Brèves

10 juillet -  Retrait des projets Macron, retrait du projet de réforme du code du travail

Motion votée le 28 juin au Conseil syndical du SNUipp 13
Les premiers projets ou annonces du (...)

26 juin - La rentrée ne peut pas se faire dans ces conditions !

Appel intersyndical IDF
Jeudi 29 juin se tient un CTSD ayant à l’ordre du jour les dotations en (...)

2 février - Communiqué PPCR

Mise en œuvre du protocole PPCR : plus de risques que de bénéfices sur la feuille de paye (...)

1er octobre 2016 - L’évaluation en débat au CDFN de la FSU

Le projet de réforme de l’évaluation des personnels vient compléter l’ensemble des réformes qui ont (...)

2 septembre 2016 - Retrait du projet “d’évaluation” des personnels enseignants !

La mise en place de la loi de “refondation” de l’école (2013) impose la redéfinition du métier (...)