Votes internes au SNES (du 2 au 29 mai) : Votez et faites voter Émancipation !

jeudi 26 avril 2007
par  QD, Administrateur

Les votes internes au SNES vont bientôt commencer. Il s’agit pour les syndiqué-e-s de voter en fonction des orientations des différentes tendances. C’est donc un moment important dans la vie de ce syndicat.
Émancipation propose une alternative syndicale, unissant tous/toutes les opposant-e-s à la direction du SNES, pour enfin aller vers ce dont nous avons besoin : un syndicalisme de lutte !
Ci-dessous et en pièce jointe, le texte d’orientation et la liste déposés par Émancipation.

Émancipation

STOP

à l’agression du service public et de ses personnels
à la stratégie de l’échec de la direction du SNES


Pour une alternative syndicale et pédagogique

Statuts, précarité, conditions de travail, salaires, formation des enseignantEs : le gouvernement se donne les moyens de casser, si possible de façon irréversible, tous les acquis du service public d’éducation et de ses personnels. Le second degré est particulièrement visé. Le SNES fête ses 40 ans cette année, au moment où tout ce qui fonde son existence et sa représentativité est en passe d’être balayé, et l’avenir de notre syndicat va se jouer sur sa capacité à résister à ces attaques décisives, mais aussi à proposer une alternative syndicale unifiante et mobilisatrice.

En finir avec la stratégie de la direction du SNES (co-animée par « Unité et Action » et « Ecole Emancipée »), qui a conduit à l’échec

Les critiques que nous faisions sur le rapport d’activité national ( US N°646 p. 11) sont confirmées par la stratégie de l’exécutif national sur la période de forte mobilisation contre le décret Robien puis contre les DHG : Après avoir posé dès la fin novembre, en alternative à la grève que nous demandions, une manifestation fin janvier (dont les principales motivations étaient de préparer le congrès national FSU et de s’adresser aux candidatEs), l’exécutif a été contraint, sous la pression de la mobilisation croissante dans les établissements, d’appeler à la grève en catastrophe pour le 18 décembre, après le SNEP et… le SNALC. La manifestation du 20/1 a invalidé tout développement des luttes avant le 20 et après, jusqu’au 8 février. La grève du 20 mars, trop tardive, avait en fait un objectif interne de préparation du congrès national du SNES et un autre, externe, de solliciter une fois de plus les oracles électoraux.

Quand on fait le bilan, on a la manif du 20/1, qui a paraît-il vidé les caisses du SNES, au point d’empêcher de recourir une fois de plus à cette forme d’action, et puis trois grèves de 24 heures, « temps forts » butant sur les vacances de Noël, de février et de printemps, qui, loin de développer un rapport de force à la hauteur des enjeux, ont rassemblé de moins en moins de grévistes. De ce fait, la mobilisation à la base, qui reste forte, prend souvent des formes moins traditionnelles (occupations, menaces sur les examens…). La responsabilité du SNES, c’est de soutenir toutes ces luttes en proposant de les fédérer dans une confrontation collective qui ne fera pas l’économie de la grève nationale reconductible ; l’objectif étant de développer -quels que soient les aléas électoraux- un rapport de force permettant de gagner. Or, la direction du SNES a refusé de faire du congrès national un congrès de lutte, pour reprendre la main, pour impulser la contre offensive. Elle a choisi de s’en remettre à l’électoralisme : attentisme, baisse des exigences revendicatives (laïcité, précarité, école, CSI…), refus de coordonner les luttes locales contre la carte scolaire et le décret Robien , refus d’appeler à la grève et/ou à une manifestation nationale en mai et proposition à la place d’une espèce de « forum ». La direction pressentie pour mener cette politique est la plus « modérée » en 40 ans d’existence du SNES.

Dans le congrès, c’est au contraire une orientation de lutte et de transformation sociale qu’Émancipation a défendue, dont nous résumons quelques axes ci-dessous.

Pour cesser de perdre du terrain, choisissons une orientation clairement anticapitaliste !

Contre le recentrage de la direction du SNES, dans une période vitale pour le syndicat, nous proposons, comme nous l’avons fait dans la FSU, aux militantEs et aux syndiquéEs qui refusent cette dérive droitière d’unifier notre opposition à la direction. Il faut sans plus tarder mettre le syndicat au service des luttes, en informant enfin sur leur réalité, en appelant à les développer, à les coordonner et en offrant des échéances de centralisation.

Par delà cette résistance, qui doit permettre d’arracher l’abrogation du décret Robien , le rétablissement de tous les postes supprimés et des moyens supplémentaires pour une rentrée moins catastrophique, il faut aussi contrer la cohérence réactionnaire du projet libéral. Celui-ci n’épargne aucun secteur, comme le prévoient les audits des inspections des Finances et de l’EN (notamment « l’audit de modernisation sur le pilotage des académies à l’épreuve (sic) de la LOLF » qui considère que le système éducatif doit être géré par la performance, en fonction des choix des décideurs et non des besoins sociaux, ce qui doit conduire le SNES à exiger l’abrogation de la LOLF ). Ce projet libéral est présenté par les médias -et par les candidatEs aux élections- comme inéluctable, seul remède aux désordres qu’il génère.

Le SNES doit donc aussi défendre une alternative, fondée sur les luttes et indépendante des échéances électorales. Ce qui suppose de désigner clairement les tenants de cet ordre libéral : en premier lieu le capitalisme mondial, industriel ou financier, dont il faut dénoncer et combattre les ravages économiques, sociaux et écologiques. Puis ses relais institutionnels, l’OMC, la banque mondiale et le FMI, qui rationalisent le néocolonialisme des pays riches vis-à-vis des plus pauvres ; ou la Commission européenne qui œuvre à démanteler les acquis des mouvements ouvriers et guette le moment favorable pour ressortir un texte « constitutionnel ». Sans oublier les officines syndicales qui prétendent « participer à la gouvernance » de tout ce système, la Confédération Européenne des Syndicats (CES) créée et payée par la Commission européenne, et maintenant la Confédération Syndicale Internationale (CSI) (voir encadré ci-dessous).

Pour défendre efficacement les statuts, unifions les et titularisons touTEs les précaires !

Les statuts, garantie d’indépendance et d’universalité du service public, sont à défendre pied à pied. L’attaque du statut de 50 a été rendu possible par d’autres : les MI-SE, les TOS, les CO-psy en savent quelque chose. Pour ne pas voir les statuts cassés un à un, il faut les unifier pour mieux les défendre tous ensemble : même temps de travail, mêmes salaires…

Quant à celles et ceux qui n’ont pas de statut, les non titulaires, qui alternent des emplois de plus en plus précaires et le chômage, le syndicalisme de lutte se doit de leur apporter une solidarité inconditionnelle. Les nouveaux contrats (CDI, « professeur associé »…) n’offrent qu’une garantie : celle d’avoir été créés pour généraliser une situation comme à La Poste où les titulaires sont deux fois moins nombreux/ses que les non fonctionnaires. L’utilisation de ce volant précaire pour fragiliser les statuts n’est plus à prouver. Pour rendre plus fort l’ensemble des personnels par la défense des plus fragiles, il faut se battre pour la titularisation immédiate (et donc sans conditions de concours ni de nationalité) de touTEs les non titulaires déjà recrutéEs (y compris celles et ceux qui ont été licenciéEs), comme solde de tout compte, et pour l’arrêt du recrutement de hors statuts.

Pour réhabiliter l’école publique laïque, unifions la et rendons la plus vivable !

Plus que sur les promesses électorales, qui masquent les futurs reniements, nos propositions doivent se fonder sur les attaques actuelles en anticipant leur aggravation.

- L’existence du dualisme scolaire et des statuts concordataire et scolaire d’Alsace-Moselle, de Guyane et de Mayotte, le développement des obligations de financement du privé et… les positions du rapporteur du congrès national sur « l’unification du public et du privé par glissement », doivent conduire le SNES à revendiquer la nationalisation laïque de l’enseignement privé confessionnel et patronal.

- Outre l’abrogation de la loi Fillon-Robien et de la Loi pour l’Egalité des Chances , il y a urgence à exiger tous les postes statutaires nécessaires, y compris pour la concertation et l’aide aux élèves, sans augmentation de la présence des personnels dans les établissements : en effet, les suppressions de postes des dernières années entraînent une véritable asphyxie du service public.

- Les exclusions vers l’apprentissage dès 14 ans (ce qui revient à un abaissement de 2 ans de la scolarité obligatoire, alors que tout pousse à l’allonger), le poids pris par les patrons et les collectivités territoriales à tous les niveaux doivent conduire à introduire un enseignement polyvalent et polytechnique dès le primaire et à unifier les voies de formation générale, technologique et professionnelle, jusqu’à la fin de l’actuel lycée.

- Pour résoudre les tensions dans les établissements, les élèves doivent pouvoir s’approprier de vrais droits. Les fichages de type SCONET, ou biométriques, le flicage et la délation n’ont pas leur place à l’école et le SNES doit se doter de mandats plus radicaux sur ces questions d’une triste actualité.
- le SNES doit appeler les personnels à renforcer le RESF, pour le droit à l’éducation pour touTES et la régularisation de tous les sans-papiers, ainsi que la lutte contre la loi de prévention de la délinquance, la criminalisation des jeunes et des pauvres

Pour un syndicalisme offensif, l’unification syndicale, avec droit de tendance et l’indépendance syndicale !

La FSU a confirmé lors de son dernier congrès son incapacité à unifier les catégories, les syndicats, et à faire vivre le droit de tendance. Pour redonner unité et cohérence à la fédération, il faut la structurer en sections regroupant toutes les catégories de personnels à la base (établissement, ville, district), fédérées au niveau départemental comme au niveau national.

Pour nous, la FSU n’est pas une fin en soi, il faut œuvrer à l’unification de toutes les forces syndicales dans une seule organisation, avec droit de tendance pour permettre que toutes les sensibilités du mouvement syndical s’y retrouvent. Ces tendances doivent pouvoir débattre avec les syndiquéEs, notamment par l’accès à la presse du syndicat, et leur proposer des alternatives. La démocratie syndicale doit être garantie aussi par la rotation des mandats, la limitation des décharges et la consultation fréquente des syndiquéEs…

Dans l’action syndicale quotidienne, on revitalisera le SNES avant tout en s’appuyant sur les potentialités de lutte des personnels. Cela implique de s’appuyer sur les structures de lutte dont ils se dotent de manière autonome (AG d’établissements, coordinations…), mais aussi de les impulser et de veiller à leur fonctionnement démocratique : c’est aux personnels mobilisés qu’il appartient de contrôler leur mobilisation !

L’indépendance syndicale doit être garantie, dans les termes de la Charte d’Amiens , par rapport aux partis et aux gouvernants. Indépendance aussi par rapport à l’administration avec les questions de la cogestion et d’un paritarisme de moins en moins efficace. Quant à l’indépendance financière, elle doit être garantie par les cotisations et non par des subventions, et doit permettre d’assurer deux manifs dans une année, si besoin est…

Lutter pour gagner c’est possible : Le mouvement de la Seine-Saint-Denis, en 98, avait permis de gagner 3000 postes le 30 avril, moment où le S3 du SNES et une partie de l’Ecole Emancipée proposaient d’arrêter la grève. Celle-ci ne s’est achevée que le 18 mai parce que l’AG des établissements voulait maintenir le rapport de force sur les conditions de budgétisation des moyens gagnés (collectif budgétaire, non obtenu), de répartition (autant pour le premier que pour le second degré, obtenu) ; classements ZEP (60 attribués) ; paiement des jours de grève (négocié favorablement). Ce rappel doit nous guider pour les mouvements à venir et inciter à intégrer dans les dispositifs d’action le temps de la négociation sur les retraits salariaux, ou à défaut à organiser la solidarité financière.

Pour tenter de briser toute velléité de lutte, les sanctions pleuvent sur celles et ceux qui résistent : notre soutien aux personnels, étudiantEs, élèves, militantEs…(Veuillet…) victimes de répression antisyndicale, disciplinaire et/ou judiciaire doit être sans faille.

Montrons au pouvoir que nous sommes déterminéEs à stopper la casse de tous les acquis sociaux (services publics, retraites, sécurité sociale….) en soutenant et en développant toutes les formes de lutte, y compris de désobéissance civile. Et donnons-nous pour objectif de construire la grève générale interprofessionnelle nécessaire pour contrer l’offensive capitaliste. Le SNES peut et doit devenir un atout de poids pour cela, à condition de changer d’orientation de toute urgence !

VOTEZ ET FAITES VOTER POUR ÉMANCIPATION

Contact : er.emancipation@free.fr

ENCADRÉ

La nouvelle Confédération Syndicale Internationale (CSI) est née de la fusion de la Confédération Internationale de Syndicats Libres (créée après guerre par la CIA) et de la CMT, confédération internationale des syndicats chrétiens. Les directions U et A et EE du SNES et de la FSU proposent d’adhérer à la CSI, alors qu’il est avéré qu’elle ne soutient pas les luttes des salariés des différents pays et que son fonctionnement est tout sauf démocratique… Cette affiliation reviendrait à cautionner un syndicalisme d’accompagnement, en lui donnant en plus le droit d’exiger, sous peine d’exclusion, que le SNES se conforme à cette orientation, au détriment de tout ce qui se fait déjà au niveau de la solidarité internationale et alors même qu’il y a déjà des organisations syndicales internationales qui agissent concrètement et n’ont pas besoin de la CSI pour cela ! Émancipation appelle à voter contre l’adhésion de la FSU à la CSI, et dans ce but nous agirons en commun avec tous ceux qui s’y opposent comme nous.


Documents joints

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