Débat dans le SNUipp sur la CSI... des militant-e-s prennent position

jeudi 19 avril 2007
par  QD, Administrateur

Le SNUipp va tenir son congrès, une de ses publications ("La Lettre du SNUipp", destinées aux membres des conseils syndicaux départementaux) a ouvert des tribunes
Nous reproduisons ci-dessous :
- la tribune commune Emancipation/Ensemble.
- une tribune commune de divers-e-s militant-e-s qui prennent aux aussi position contre l’adhésion.

Tribune commune Émancipation/Ensemble

TROMPERIE SUR LE SYNDICALISME : NON À LA CSI !

N’ayant pas obtenu du Congrès de Marseille le feu vert pour rejoindre la Confédération Syndicale Internationale, la direction bicéphale de la FSU a recours au vote des adhérent-e-s. Chimère née de la fusion de la CISL (créée sous les hospices de la CIA) et de la CMT (créée avec la bienveillance du Vatican), la CSI se présente comme un organisme d’aménagement et d’accompagnement des politiques de la mondialisation capitaliste. Ainsi la branche européenne de la CSI est-elle la Confédération Européenne des Syndicats qui a appelé à voter OUI au traité constitutionnel !

Si son Programme énonce des évidences telles que la condamnation du travail des enfants, la lutte contre la pauvreté, le refus du racisme, il est beaucoup plus discret quand il s’agit d’aborder les mobilisations et les perspectives alternatives pour atteindre ces objectifs.

Loin de remettre en cause la globalisation économique fondée sur la domination des capitalismes développés, ses Statuts orientent la CSI vers une politique d’aménagement à la marge de l’ordre international. Revendiquant un "dialogue social" avec le FMI et ses épigones, la CSI se dit à la recherche d’une "meilleure gouvernance" du système existant et se présente comme une conseillère des transnationales et des gouvernements : "le dialogue avec ces institutions doit être mené à bien".

Côté fonctionnement, la CSI pratique un centralisme peu démocratique puisque c’est la direction qui décide à loisir si les propositions/amendements des organisations membres peuvent être débattues dans les instances. Autant dire que la prétention à changer de l’intérieur un tel organisme relève de la fanfaronnade !

Syndicalisme d’appareil à l’idéologie chrétienne-sociale à l’unisson de celle d’une Europe libérale ignorant le principe de laïcité, la FSI est une sorte de CFDT internationale. N’est-ce pas Chérèque qui représente le syndicalisme français dans l’exécutif de la CSI !

La FSU ferait fausse route en rejoignant cette institution qui n’a de syndical que le nom. Ce n’est pas de ce syndicalisme dont nous avons besoin pour faire aboutir les luttes des salarié-e-s face aux multinationales.

Refusant le verdict du Congrès de Marseille, la direction de la FSU espère que la base sera plus malléable que les congressistes. Il importe que les adhérent-e-s lui montrent le contraire en rejetant cette proposition et en faisant savoir que la FSU doit explorer d’autres voies pour construire un authentique syndicalisme international.

Stéphane Julien (Ensemble pour le SNUipp)
Jean-Michel Sahut (Emancipation)

Tribune commune de militant-e-s contre l’entrée à la CSI

VOTONS NON À l’ADHÉSION DE LA FSU À LA CSI

Les textes préparatoires du Congrès de la FSU annonçaient notre adhésion à la Confédération européenne des syndicats, qui avait co-signé avec le patronat européen un appel à voter OUI au traité constitutionnel européen, et à la « nouvelle » Confédération syndicale internationale. Le Congrès de Marseille en a décidé autrement et ce n’est que grâce au combat des militant(e)s opposés à ces affiliations internationales que tou(te)s les syndiqué(e)s vont pouvoir se prononcer.

Dans un mois de mai électoral où bien des syndiqué(e)s auront aussi d’autres choses en tête, nous voudrions attirer l’attention sur la gravité de cette proposition d’adhésion.

CSI ? Certains nous disent « oh c’est moins grave que la CES » et d’autres ne savent pas trop ce que c’est. Trop nouvelle pour avoir eu le temps sous son sigle actuel de faire autant de bêtises que la CES, la CSI ne surgit pas du néant : c’est essentiellement un élargissement de la C.I.S.L. dont elle a gardé le secrétaire général, Guy Ryder, et 50 des 70 membres de son organe de direction. François Chèrèque, le jaune de 2003, y est le titulaire français.

Dans un entretien à Alternatives économiques en 2006, Guy Ryder déclarait être « favorable à une économie internationale ouverte » et qu’ « il y a une différence fondamentale entre une délocalisation justifiée par des coûts moins élevés et celle, que nous combattons de toutes nos forces, fondée sur l’exploitation du travail et la négation des droits syndicaux, comme en Chine principalement. ».

Cela fait écho à ce principe adopté à la création de la CSI :« Le Congrès reconnaît que les entreprises multinationales sont un moteur essentiel de la mondialisation, qui rend de plus en plus nécessaire et urgente la coopération intergouvernementale de la réglementation internationale des entreprises. »

Est-ce en justifiant le droit des patrons à délocaliser pour des coûts moins élevés (donc des coûts de main-d’oeuvre !) qu’on construira le bon outil pour combattre la mondialisation capitaliste ?

Le programme de la CSI n’est que d’humaniser la mondialisation par le « dialogue social » et le lobbying auprès des institutions internationales. Dire que la FSU pourrait de l’intérieur réorienter une telle machine est soit une plaisanterie naïve, soit un mensonge de circonstance.

Devrons-nous désormais consacrer une partie de nos cotisations à l’affiliation à une bureaucratie défendant sans complexe un syndicalisme d’accompagnement et un syndicalisme sans aucune valeur laïque, la CSI ayant absorbé l’ex-CMT sociale-chrétienne ?

En votant NON à la CSI, nous défendrons une orientation de syndicalisme de lutte pour notre Fédération.

Michel BOUFFIER (26)
Stéphane JULIEN (secrétaire national du SNUipp)
Laurent LAUG (secrétaire départemental du SNUipp Guadeloupe)
Valérie MICHEL (14)
Bruno ROBIN (secrétaire départemental de la FSU 59)


Documents joints

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