Eletions FSU : des listes unitaires en Région Parisienne et au-delà ?

dimanche 12 novembre 2006
par  QD, Administrateur

(article publié dans la revue "L’Emancipation syndicale et pédagogique", n°3 de novembre 2006)

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Des listes unitaires en Région Parisienne et au delà ?

Nous avons demandé à Pour un Syndicalisme de Lutte (PSL) et à Ensemble leurs points de vue sur le congrès de la FSU. Dans le 75 et le 93 il s’est trouvé assez de points communs entre PSL, Ensemble et Emancipation, pour qu’une intervention commune puisse se concrétiser dans le cadre des congrès départementaux de la FSU. Nous publions ici un ensemble de trois textes permettant d’informer sur une démarche inhabituelle dans la FSU qui pourrait peut-être préluder à un rassemblement des forces oppositionnelles à la direction. La question se pose de l’avenir d’une telle dynamique au delà des congrès 2007.

Après la lutte victorieuse contre le CPE, où va la FSU ?
« Le congrès, placé devant la crise dans laquelle le mouvement syndical se débat en ce moment, crise dont la scission confédérale est une des manifestations et les luttes politiques internationales la cause essentielle, proclame sa foi dans la valeur révolutionnaire du syndicalisme, qu’il considère comme étant toujours l’arme essentielle des travailleurs dans l’œuvre d’émancipation devant aboutir à la disparition du salariat et du patronat, à l’avènement d’une société juste et fraternelle. »

Ainsi s’exprimaient, en 1948, des camarades du syndicat national des instituteurs (FEN) dans une motion d’orientation (Bonnissell-Valière). Presque 60 ans après, ce texte continue à poser de manière aiguë des questions qui seront celles du débat fédéral à la veille du prochain congrès national de la FSU. Et c’est seulement en apportant des réponses à ces questions que pourra être envisagé l’avenir du syndicat. La question de l’extension du champ de syndicalisation du syndicat ne doit-elle pas être subordonnée à celle des orientations politiques que nous lui donnerons, à savoir du choix qui sera fait par les militants d’un syndicat maintenant la lutte de classe comme modalité centrale de son action en en redéfinissant les contours à l’aune de la crise sociale actuelle ou, à l’inverse, d’un syndicalisme de compromis accompagnant les contre-réformes en cours au risque de perdre grand nombre d’acquis.

Le danger du syndicalisme de compromis mène souvent à la défaite. Ce fut le cas lors de la grève du printemps 2003 où des millions de salariés, menant une lutte exemplaire pour le maintien des régimes de retraites par répartition et voyant se succéder les journées d’actions démobilisatrices, ont exigé en vain des directions syndicales qu’elles appellent à la grève générale.

Mais ces directions sont à présent de plus en plus isolées depuis que salariés, chômeurs, précaires, retraités ont rejoint au printemps dernier lycéens et étudiants dans la lutte pour le retrait du CPE et ont fait reculer le gouvernement. Face à l’ampleur d’un mouvement qui a gagné la jeunesse toute entière, soutenue par des millions de salariés du public et du privé, les directions fédérales et confédérales ont été contraintes de renoncer au règlement « négocié » d’une crise sociale majeure.

Aujourd’hui, 15000 suppressions d’emploi de fonctionnaires au budget 2007, s’ajoutent de manière vertigineuse aux dizaines de milliers de postes déjà supprimés lors des exercices précédents. Tout un système d’éducation s’effondre. Le projet de loi Jacob entend pérenniser l’usage du CDI dans la fonction publique et maintenir des centaines de milliers de salariés du public dans la précarité. Nous avons perdu près de 20% de pourvoir d’achat en 20 ans et les traitements de la catégorie C frôlent le SMIC. L’instauration d’un salaire au mérite a commencé. N’y a t il pas alors vraiment urgence à poursuivre la mobilisation du printemps dernier, à l’amplifier, à construire enfin un puissant mouvement de grève dans l’ensemble de la fonction -publique et au-delà ?

C’est la tâche à laquelle doit s’atteler la FSU. Sauf à faire deux pas en arrière, elle doit contribuer sans réserve au rassemblement tous les acteurs sociaux, étudiants, lycéens, salariés, chômeurs, précaires, et des structures qu’ils se sont donnés : syndicats, coordinations, comités et collectifs de lutte.

La FSU doit être un outil efficace au service des luttes, pas l’inverse.

Texte national commun, Pour un Syndicalisme de Lutte
et Ensemble pour le SNUIPP

Pourquoi des Listes communes ?

Les oppositionnels s’unissent pour dire "Non" à la direction de la FSU, et pour que la fédération soit enfin au service des luttes.

Les congrès départementaux et national sont des occasions à ne pas rater, vue la rareté des tribunes libres dans la presse syndicale, pour faire toute la clarté sur la responsabilité de la direction de la FSU dans l’échec de la fédération, et pour construire une alternative révolutionnaire à cette direction.
Outre les questions de plate forme, la rupture se fait sur les questions de l’unité et de l’indépendance syndicale.

- L’unité dans la grève contre les retraites et la décentralisation… Malgré le refus de l’ensemble des directions syndicales "représentatives" d’appeler à la grève générale.
L’unité de la coordination étudiante et lycéenne, contre la loi d’égalité des chances (dont le CPE), le CNE…, contraignant les syndicats de travailleurs à l’unité dans l’action avec les jeunes… Mais pas plus loin que le retrait du CPE.
A chaque fois que les mobilisations sont sur le point de fragiliser le pouvoir capitaliste qui abat méthodiquement les acquis des luttes, les directions syndicales en chœur, jouent la reprise, direction de la FSU en tête, qui, pour être plus sûre de reculer en bon ordre, choisit de pratiquer l’intersyndicalisme avec les syndicat les plus attentistes, plutôt qu’avec les plus radicaux.

- L’indépendance syndicale impose de mettre un terme aussi bien à la (co)gestion avec l’administration qu’aux atermoiement vis-à-vis des organisations politiques, en premier lieu de la "gauche de gouvernement".
L’appel à candidature Emancipation pour les listes nationales allait dans ce sens et sur ces bases, la tendance PSL ( Pour un Syndicalisme de Lutte ) nous a contactéEs pour envisager un travail en commun.

Le dernier Collège national de l’ Emancipation a décidé de donner suite à cette démarche unitaire avec PSL , qui depuis s’est renforcée avec la tendance Ensemble , sur la base du constat suivant : nous pratiquons aussi souvent que possible l’unité avec les courants les plus radicaux. A l’extérieur de la FSU avec en premier lieu les militants d’ Emancipation investis dans les différents syndicats, et bien sûr pendant les mobilisations au sein des AG, coordinations. Mais bien sûr aussi à l’interne de la Fédération en soutenant les motions ou campagnes d’autres tendances. Nous avons donc trouvé logique de faire des listes unitaires avec les courants ou tendances oppositionnelles, qui ne soient ni parti prenante de la direction de la FSU, ni fraction d’une organisation politique. Et ce sur des bases claires, qui engagent vis-à-vis des syndiquéEs, dans les congrès, comme à plus long terme.

C’est chose faite entre Emancipation , Ensemble et PSL , dans le 75 et dans le 93 (cf texte unitaire ci-joint). Travaillons à ce que ce soient les premières étapes d’une expression commune contre les rapports d’activité des directions nationales et départementales et pour une orientation de rupture. L’objectif étant de préparer partout, dans les sections syndicales, comme dans les AG d’établissements, de villes, dans les congrès comme dans les instances syndicales, les luttes pour résister au bradage des acquis et pour des conquêtes nouvelles.

Olivier VINAY

TEXTE D’ORIENTATION COMMUN
POUR LES ELECTIONS DANS LA FSU 93

« EMANCIPATION » - « ENSEMBLE » - « POUR UN SYNDICALISME DE LUTTE »

DONNONS-NOUS ENFIN LES MOYENS DE GAGNER !
La FSU doit être un outil efficace au service des luttes

Pour espérer résister à une offensive globale et généralisée du libéralisme, la première fédération de fonctionnaires a la responsabilité d’œuvrer à l’organisation d’une riposte de tous les personnels et de tous les secteurs. Ce qui suppose des pratiques syndicales qui unifient et n’ajoutent pas à la division :

Il faut en premier lieu diffuser une vraie information syndicale, fréquente, exhaustive et pluraliste, pour contrer la propagande du pouvoir relayée par les médias en laisse et faire apparaître en clair la réalité des mesures et des menaces, leur cohérence et leur contexte. Il faut donner aux personnels les moyens d’information qui leur permettront de forger leur jugement de manière indépendante. La FSU doit rendre publics tous les avants projets de « réformes » dès qu’ils sont connus, de présenter les analyses des différentes tendances et de placer l’action dans la perspective de la victoire, en rappelant d’abord qu’il est possible de gagner (retrait du CPE, 3000 postes du 93, rejet du TCE).

Il faut mettre en place des assemblées générales des personnels de toutes catégories et de tous métiers dans le respect de la démocratie ouvrière. L’objectif c’est le front des organisations syndicales avec un droit inaliénable d’organisation en tendances et d’expression à tous les niveaux. A l’inverse d’une logique de division dans l’appétit bureaucratique, la question de l’extension du champ de syndicalisation de la FSU ne peut être discutée que si elle est subordonnée à une orientation syndicale maintenant la lutte de classe comme modalité centrale de son action, redéfinissant ses méthodes à l’aune de la crise sociale actuelle, sauf à perdre toujours plus de droits acquis et tourner définitivement le dos à l’histoire du mouvement ouvrier.

Il faut définir les revendications et les formes d’action, non dans le sens descendant, comme le font souvent la FSU et les directions des syndicats nationaux – il faut lire les rapports préparatoires aux congrès ! - mais de manière démocratique et ascendante, dans les A-G et les différents niveaux de la fédération, dans des intersyndicales sans exclusion et qui ne sont pas des prétextes à l’inaction. C’est dans les collectifs de lutte et dans les structures dont les mobilisations se dotent (AG d’établissements, coordinations, comités de grève) que se construit la démocratie. Les décisions qui engagent l’outil syndical ne peuvent relever des seuls permanents sans consultation permanente de la base souveraine. Il est préférable d’être à l’écoute des structures auto-organisées des étudiants, des lycéens et de se tenir aux cotés des jeunes qui ont décidé de se battre sur tous les fronts que de prétendre tenir des « Etats Généraux » de la jeunesse.

Ainsi en s’appuyant sur les secteurs les plus mobilisés et en veillant à unifier les revendications et les formes d’action, en proposant des initiatives de centralisation, la FSU, jouera son rôle d’organisation syndicale majoritaire dans l’EN et la fonction publique. Il y a urgence à rattraper tous les retards : création des postes nécessaires au bon fonctionnement du service public ; titularisation sans condition de tous les non-titulaires et arrêt immédiat des recrutements de contrats précaires, notamment de droit privé (EVS dans le 1° degré) ; salaires : 300 euros pour tous intégrés en points d’indice ; relèvement important et immédiat des bas salaires et progression de tous au rythme le plus favorable. Il y a aussi des droits perdus à reconquérir, à commencer par l’abrogation de la loi Fillon sur les retraites.

L’école ne doit pas être conçue pour trier les jeunes vers l’apprentissage à 14 ans après leur avoir inculqué un « minimum culturel » avec des méthodes archaïques, ce qui suppose que tous les élèves puissent recevoir une formation polytechnique de la maternelle à l’entrée à l’université. L’école laïque doit se relever ; nous devons dénoncer le dualisme scolaire et les obligations de financement du privé (amendement Charasse et circulaire du 2/12/2005), demander la nationalisation, sans indemnités ni rachat, du secteur d’enseignement privé confessionnel et patronal. L’école ne saurait devenir le creuset d’une société qui pratique les discriminations (immigrés, jeunes, femmes, homosexuels…) et traque les enfants dans les écoles, suscite le fichage, la défiance, la délation, la détresse. Le syndicalisme est historiquement porteur d’un monde du travail sans patrons et sans salariat.

Nous, Emancipation, Ensemble, Pour un Syndicalisme de Lutte, faisons le choix de nous battre ensemble au sein de la FSU pour la rendre plus indépendante et pugnace et qu’elle soit un outil efficace au service des luttes.

Vous pouvez contribuer à ce combat solidaire en votant pour la liste Emancipation / Ensemble/ Pour un Syndicalisme de Lutte et en votant contre le rapport d’activité départemental et national.

Contacts : Olivier Vinay (ovinay@free. fr) ; Henri Fourtine (hfourtine@univ-paris8.fr)


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