Brèves féministes (juin 2019)

dimanche 7 juillet 2019
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Place des femmes dans les programmes de Première : encore raté !

Le 4 avril, vient d’être publié au Bulletin Officiel , le programme national pour l’enseignement du français au lycée. Les œuvres au programme en classe de Première sont réparties en quatre thèmes : poésie, littérature des idées, roman, théâtre. Pour chaque thème, trois œuvres sont proposées, l’enseignant·e devant en choisir une par thème. Sur la liste des 12 œuvres, seules deux ont été écrites par des femmes. On est extrêmement loin de la parité.

De plus, pour aggraver la situation, les deux autrices, Madame de Lafayette et Marguerite Yourcenar, pour la voie générale et Madame de Lafayette et Nathalie Sarraute pour la voie technologique, sont “en compétition” parce qu’elles sont toutes les deux dans le même sujet d’étude, le roman. Donc parmi les quatre œuvres que devront lire et étudier les élèves de Première, une seule au maximum aura été écrite par une femme et dans nombre de classes, il pourra n’y en avoir aucune.

Que veut-on nous faire croire ? Qu’il est impossible de trouver des autrices de poésie, de théâtre ? Que la littérature d’idées est l’apanage des hommes ? De qui se moque-t-on ? C’est à croire que celles et ceux qui sont à l’origine de cette sélection d’œuvres, ont des préoccupations bien éloignées de l’égalité filles/garçons pourtant mise en avant par leur Ministère…

Marie de France, Olympes de Gouges, Virginia Woolf, Colette… du Moyen-Âge à nos jours, les femmes de lettres, en France et au-delà, sont très nombreuses ; le site Le deuxième texte (http://george2etexte.free.fr), plateforme web qui met à disposition des professeur·e·s une base de textes écrits tant par des femmes que par des hommes de la manière la plus exhaustive et paritaire possible, nous le confirme.

Il est plus que temps d’agir pour augmenter la visibilité des femmes et de leurs travaux dans tous les domaines, aussi bien littéraires, artistiques que scientifiques. C’est dès l’âge de l’école et jusqu’à la fin du lycée qu’il faut battre en brèche les stéréotypes et les idées reçues. Les propos tenus par le ministère au sujet de l’égalité homme/femme, fille/garçon, ne feront pas bouger les lignes s’ils ne sont pas suivis d’actes concrets. On en a malheureusement l’habitude et la montée au créneau pour affirmer nos exigences en matière d’égalité et de droits est d’autant plus nécessaire.

Joëlle

Engagez-vous

Une des institutions les plus réactionnaires sur tous les plans, y compris donc sur le terrain de la misogynie : l’armée… le proclame fièrement : “Le ministère des Armées engagé dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles” (communiqué de novembre 2018 indiquant leur implication dans la journée de lutte contre les violences sexistes). La ministre quant à elle annonce un “plan mixité” pour féminiser l’institution ; il y a fort à faire, dans un corps où jusqu’en 2019 il y avait encore une discrimination entre hommes et femmes jusque dans l’affichage des galons sur les tenues des officiers. Mais la réalité se rappelle à leur bon souvenir. Ainsi, le constat a été fait ces dernières semaines : après avoir défrayé la chronique en 2018, les groupes chrétiens “traditionnalistes” (comprendre d’extrême-droite) implantés à Saint- Cyr – d’où sort une grande partie de la hiérarchie militaire – continuent de harceler les étudiantes. Au fond, ce constat renvoie à une autre question : vouloir une armée féminisée et égalitaire dans la société actuelle, n’est-ce pas vouloir marier l’eau et le feu ?

Quentin


Brèves

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