Le point sur le festival 2019 de Douarnenez

Culture
vendredi 5 juillet 2019

Comme souvent à Douarnenez (Rroms, Turquie, Congo) le thème choisi cette année s’inscrit dans une actualité brûlante. Mais celle-ci soulève cette fois un immense espoir qui nous concerne tous et toutes.

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Il s’agit en effet de l’Algérie, ou plutôt des “Algéries”, première mouture choisie par les organisateurs et organisatrices pour tenir compte de la diversité ethno-culturelle. Mais les évènements récents ont justifié l’intitulé choisi par la suite “Algériennes, Algériens”. Un bel hommage à ces magnifiques femmes algériennes qui ont sans doute sauvé le pays pendant les années de plomb de la décennie 90, lors de l’affrontement entre les islamistes prêts à tout et un pouvoir politico-militaire corrompu qui ne vaut guère mieux, qui tente de se sauver en coupant ses branches pourries. Mais que pourra-t-il faire face à cette jeunesse avide de liberté ? C’est ce que souligne la présentation du pré-programme.

Moins réjouissant : comme beaucoup de mouvements associatifs, le Festival de Douarnenez, malgré un succès qui perdure, connait un déficit structurel. Malgré aussi l’investissement des militant·e·s et des bénévoles. Les bénéfices tirés de la restauration et du bar atteignent leur point maximum. Le deuxième cinéma, le Rex, devenu le “K” grâce à l’action du Festival, n’a pas tenu en année normale, et sa réouverture temporaire ne serait pas viable fiscalement. Pour le sauver, plusieurs pistes sont envisagées. Tentatives de réactivation des aides qui stagnent quand elles ne régressent pas, campagne d’adhésions, produits dérivés : vente d’affiches, tee-shirts, autocollants.

Paul Dagorn

Présentation du pré programme : Algériennes·Algériens / 17-24 août 2019

Les Algériennes et les Algériens se sont mis·e·s en mouvement après des années de “guerre toujours recommencée”. Avec le slogan Silmiya, Silmiya (pacifique, pacifique) elles/ils ont ouvert une zone des possibles. En lutte contre un mythe national mortifère qui a tenté d’éliminer la réalité de la diversité culturelle, d’effacer les corps, notamment celui des femmes, elles·ils savent aussi rester vigilants·e·s.

Cette année, plus que jamais, le festival se construit à l’écoute de ses invités·e·s, au diapason de ces instants décisifs, non seulement pour le peuple algérien mais pour tous les peuples. C’est donc un festival qui contient encore beaucoup d’inconnu mais qui s’appuie sur une cinématographie très riche, une littérature puissante, une effervescence créatrice et beaucoup d’espoir.

Aucun film n’est réductible à une thématique, cependant notre traversée en cours du cinéma algérien nous a permis de repérer quelques préoccupations dominantes : la place, le rôle et le quotidien des Algériennes, la confrontation des Algérien·ne·s à un mythe national peu propice à l’émancipation, une diversité de cultures, de langues qui s’entrecroisent et donnent une Algérie créole, un aller-retour permanent, physiquement et/ou symboliquement entre l’Algérie et la France pour nombre d’Algériens·ne·s... Nous vous présentons ici un aperçu de la sélection finale qui se poursuit. Certains films sont encore en fabrication. Le cinéma algérien possède tant de pépites qu’il mériterait plusieurs éditions du festival ; nous espérons que notre sélection, nécessairement imparfaite, vous donnera l’envie de poursuivre par vous-mêmes cette découverte.

Une si jeune paix de Jacques Charby (1964, 1h40)• La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo (1966, 2h01) • Tahia Ya Didou de Mohamed Zinet (1971, 2h) • Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier (1972, 1h40) - en partenariat avec la Cinémathèque de Bretagne • Nahla de Farouk Beloufa (1979, 1h49) • Les enfants du vent de Brahim Tsaki (1981, 1h10) • Histoire d’une rencontre de Brahim Tsaki (1983, 1h20) • La moitié du ciel d’Allah de Djamila Sarhaoui (1995, 58 min) • La colline oubliée d’Abderrahmane Bouguermouh (1996, 2h15) • Aliénations de Malek Bensmaïl (2003, 1h45) • K (les femmes) de Frédérique Devaux (2003, 5 min) • Cousines de Lyes Salem (2004, 32 min) • Viva Laldjerie de Nadir Moknèche (2004, 1h53) • Lettre à ma sœur de Habiba Djahnine (2006, 1h08) • Rome plutôt que vous de Tariq Teguia (2008, 1h51) • Garagouz de Abdenour Zahzah (2010, 24 min) • J’ai habité l’absence deux fois de Drifa Mezenner (2011, 20 min) • Demande à ton ombre de Lamine Ammar-Khodja (2012, 1h22) • AT(h)OME d’Élisabeth Leuvrey (2013, 53 min) • Chantier A de Lucie Dèche, Karim Loualiche, Tarek Sami (2013, 1h44) • Go forth de Soufiane Adel (2014, 1h02) • Dans ma tête un rond-point de Hassen Ferhani (2015, 1h40) • Corps à corps de Louisa Babari (2015, 8min) • Babor casanova de Karim Sayad (2015, 35 min) • Je suis mort de Yacine Benelhadj (2015, 1h30) • Kindil el bahr de Damien Ounouri (2016, 40 min) • Atlal de Djamel Kerkar (2016, 1h41) • Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans de Fatima Sissani (2017, 1h14) • Les bienheureux de Sofia Djama (2017, 1h42) • En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui (2017, 1h52) • Fragments de Rêve de Bahia Bencheikh el Fegoun (2017, 1h15) • Derwisha de Leïla Beratto et Camille Millerand (2018, 50 min) • La bataille d’Alger , un film dans l’histoire de Malek Bensmaïl (2017, 2h) • Des figues en avril de Nadir Dendoune (2018, 58 min) • Sur les pentes des collines de Abdallah Badis (2018, 1h41).