Un mois dans le monde

dimanche 2 juin 2019

Assange

Partout dans le monde, les médias sont contrôlés par les grands capitalistes et leurs valets. En France, non seulement le ton de ce qu’il faut penser est donné par BFM mais, quand un journaliste indépendant révèle les violences policières, il est immédiatement mis en garde-à-vue, fiché S et interdit de manifestation.

Le scandale dans l’arrestation d’Assange, c’est que tous les “pourris” dont Wikileaks a dévoilé les errements sont en liberté et n’ont même pas été inquiétés. Notons aussi qu’après la Bolivie expulsant Battisti, l’Équateur a expulsé Assange. Il n’y a plus de gauche en Amérique Latine

Europe orientale

Sortez les sortants”. Le “dégagisme” s’est abattu sur l’Ukraine et la Slovaquie où les présidents sortants paient à la fois pour la corruption et pour la pauvreté. Problème, celles et ceux qui vont les remplacer ne représentent pas vraiment d’alternative.

Sri Lanka

Les Musulman·e·s comme les Chrétien·ne·s sont très minoritaires dans ce pays bouddhiste à 70 %, pas encore remis de la très longue guerre contre les autonomistes tamouls. Les attentats meurtriers contre plusieurs églises sont directement importés. Les États du Golfe ne sont pas seulement des pays esclavagistes. Ils ont formé les nouveaux djihadistes.

Algérie

On ne peut qu’être admiratif devant la maturité collective du peuple algérien. Bouteflika n’est plus là, mais les créatures de son régime, les trois “B” (Bensalah, Belaiz et Bedoui) n’arrivent pas à maintenir le système. Ils sont compromis dans toutes les turpitudes du régime et les manifestant·e·s exigent qu’ils dégagent, ce qui est déjà le cas de Belaiz à l’heure où ces lignes sont écrites. Que va faire l’armée ? Certaines manifestations ont été réprimées mais sans grande violence. L’armée a tellement profité de la corruption généralisée qu’un coup d’État militaire (comme en Égypte) ou l’imposition d’un homme de paille ne sont pas à exclure.

Maroc

Les très lourdes peines de prison frappant les manifestant·e·s du Hirak (du nom du mouvement citoyen de la région du Rif) ont été confirmées, en particulier les 20 années de prison pour Nasser Zefzafi. Cette répression s’accompagne d’un alignement de la diplomatie du Maroc sur l’Arabie Saoudite.

Libye

Le général Haftar qui a lancé une offensive particulièrement meurtrière sur Tripoli a été successivement ou en même temps l’homme de Kadhafi, des États-Unis, du maréchal Sissi et… de la France puisque, cocorico, c’est en partie avec des armes françaises qu’il attaque. Pour l’instant, les gardiens de camp de concentration, payés par l’Europe pour torturer et enfermer les migrant·e·s restent neutres et attendent de savoir qui sera le vainqueur.

Soudan

30 ans de dictature d’Omar el-Béchir qui s’achèvent ne doivent pas faire oublier qu’il y a toujours eu dans ce pays un fort mouvement social. Dans les années 1970, le parti communiste soudanais était le plus puissant d’Afrique. Comme en Algérie, la rue a fait tomber le dictateur. Elle se bat à présent pour empêcher l’armée de confisquer la révolution. L’ancien dictateur a été arrêté en possession de l’équivalent de 113 millions de dollars. Les fins de mois sont difficiles.

Sahel

Le changement climatique et la politique néocoloniale française sont largement responsables de la désintégration de plusieurs États de la région. Au Mali, l’intervention militaire française a installé au pouvoir Ibrahim Boubacar Keita. Celui-ci a laissé mourir 7 cheminots en grève de la faim pour salaires impayés. Il n’est pas innocent dans le massacre du village Peul d’Ogossagou (160 mort·e·s). Au Burkina Faso, un autre village Peul, celui de Yirgou a subi une tuerie (48 mort·e·s). C’est la dégradation des conditions de vie qui provoque ce début de guerre communautaire et l’opération Barkhane, censée mener la guerre contre les groupes djihadistes, attise ce type de massacres.

Turquie

La défaite des partisans d’Erdogan à Istanbul et Ankara donne espoir car c’est dans ces villes qu’avait commencé la marche vers le pouvoir de l’autocrate turc. Au Kurdistan, plusieurs élections favorables au HDP (le parti accusé d’être proche du PKK) ont été aussitôt invalidées dont celle de Diyarbakir. On notera l’élection (pour la première fois) d’un maire communiste à Tuncelli.

Israël

Poisson-pilote des armes de haute technologie, de la surveillance et de l’enfermement des populations jugées dangereuses, Israël est aussi devenu un laboratoire de l’allégeance obligatoire à l’idéologie dominante, trait caractéristique de beaucoup d’États totalitaires.

Malgré les scandales à répétitions, malgré des propos négationnistes et racistes (sans compter les appels au meurtre) tenus régulièrement par Nétanyahou et ses alliés, la société israélienne a manifesté son accord avec une stratégie d’anéantissement de toute résistance palestinienne. La coalition autour de Nétanyahou a 65 députés sur 120.

Même les alliés néo-nazis deNétanyahou n’ont pas dégoûté l’électorat. Bolsonaro, en visite au mémorial de la Shoah (Yad Vashem), avait pourtant expliqué que les Nazis étaient de gauche et qu’il fallait pardonner l’holocauste.

Il faut dire que, face à Nétanyahou, il n’y avait pas vraiment d’alternative. Principal adversaire, l’ancien général Ganz s’était signalé, quand il dirigeait l’armée, par de nombreux massacres à Gaza et par la promesse de faire revenir ce territoire à l’âge de pierre. Quant à la “gauche sioniste”, celle qui a créé Israël et qui est compromise dans presque tous les crimes contre les Palestinien·ne·s, elle s’est écroulée et sa disparition est programmée. Son dernier dirigeant avait expliqué que les colonies étaient ce qu’Israël avait de plus beau.

Il y a eu une abstention massive des Palestinien·ne·s d’Israël (50 % contre 35 % aux élections précédentes). Après le vote de la loi “Israël, État-nation du peuple juif”, ils/elles se sentent de plus en plus étranger·e·s dans leur propre pays.

Et maintenant ? Avec Trump, Nétanyahou pense qu’il a une “fenêtre de tir”. Son compère a reconnu l’annexion du Golan, il reconnaîtra bien sûr l’annexion imminente de la Cisjordanie. Il pense que les principaux dirigeants arabes iront jusqu’au bout de leur complicité en acceptant cette liquidation de la Palestine.

Le protecteur états-unien sortirait alors son “plan” : un État palestinien sur Gaza et quelques arpents de désert et des dollars pour avaler la pilule.

En attendant, les “marches du retour” à Gaza réunissent toujours autant de monde et les Israélien·ne·s tirent sur les civil·e·s et les paysan·ne·s palestinien·ne·s qui essaient de cultiver. Même sans arme, le peuple palestinien n’a pas abdiqué.

Roms, Gitans, gens du voyage, Manouches…

L’oppression et le racisme qu’ils et elles subissent sont séculaires. Ils et elles ont été fiché·e·s, contrôlé·e·s, enfermé·e·s dans des camps de concentration par notre vaillant État français. Ils et elles ont été exterminé·e·s comme les Juifs et les Juives par les Nazis. Pourtant, le Président Macron se permet d’étaler des propos racistes et méprisants contre un “boxeur gitan”.

Autrefois une rumeur courait que les Juifs/Juives commettaient des crimes rituels et on allait brûler le ghetto. En région parisienne, il aura suffi que la rumeur affirme que “des Roms enlevaient des enfants à la sortie de l’école” pour que plusieurs campements soient incendiés. Même chez les pauvres, la solidarité est un combat.

Pierre Stambul


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