Ça suffit !

Édito
mardi 7 mai 2019

Le pouvoir a peur. Il s’énerve. Après la casse de la jeunesse lycéenne, après celle des Gilets jaunes, après les conclusions ineptes de sa campagne électorale intitulée “grand débat”, il lui faut vendre ses conclusions avant les élections européennes. Et donc, il entend siffler la fin de partie et pour ça faire régner la terreur à tous niveaux, à commencer par ce 1er mai : gaz et LBD en nappes, matraquage et tabassages, ainsi que, moins “conventionnel”, jets de pavés, coups de poings, sparadrap noir masquant les numéros d’identification dans le dos des CRS, rendant impossible d’hypothétiques poursuites judiciaires. Agresser aussi sauvagement la manifdu 1er mai permet d’affaiblir à la fois les syndicats, les Gilets jaunes, et les secteurs en lutte, d’empêcher leur convergence, de justifier la répression et de retourner l’opinion. Jusqu’au mensonge de l’hôpital de la Salpêtrière pour justifier les exactions de cette journée, pour nuire à la jonction Gilets jaunes, personnels hospitaliers, notamment en obligeant les urgentistes en grève à retirer leur banderole à l’extérieur de l’hôpital, et pour occulter l’énorme succès de cette manif résistant aux attaques répétées des forces de répression.

Cette fois, Macron et ses sbires ont raté leur coup. La manif a eu lieu, massive et a été un moment fort de jonction des secteurs les plus mobilisés avec les Gilets jaunes. Ces derniers ont sauvé la manif par leur nombre et leur détermination, en restant compacts et en résistant aux innombrables charges et gazages, ce qui laisse augurer des reprises des ronds-points dans les meilleures conditions.

Malheureusement, les syndicats eux sont tombés dans le piège tendu, avec leur incapacité collective à défendre la fête du Travail, qui est leur pré-carré, avec leurs cortèges désertés, les manifestant·e·s syndiqué·é·s pour beaucoup, optant de plus en plus pour d’autres horizons que les ballons syndicaux, et avec le départ de la FSU ou les exfiltrations des responsables de la CGT et de Solidaires difficiles à comprendre dans ce contexte d’agression de la manifestation syndicale la plus symbolique de l’année. Les directions syndicales doivent sans délai – et les congrès de la CGT, de la FSU et de FO de cette année peuvent en être l’occasion – tirer les conséquences de leur stratégie de dialogue “social” avec ce pouvoir qui ne lâche rien et qui vient de montrer on ne peut plus clairement qu’il veut en finir avec les syndicats. Elles doivent contribuer, comme a commencé à l’initier la CGT en ce premier mai (article de Martinez dans La Provence du 29 avril) à l’unité d’action de tous les mouvements d’opposition à la politique ultralibérale du pouvoir, des Gilets jaunes qui ont fait ravaler sa morgue à Macron et des mobilisations sectorielles qui actuellement mènent pied à pied la bataille contre la casse des services publics (l’école, la santé…)

Mais les mouvements de luttes sectorielles, comme toutes les structures présentes le 1er mai, doivent également tirer le bilan de leur difficulté d’apparaître dans une confrontation d’une telle violence. Elles doivent donc revoir dans l’urgence leur capacité d’auto-organisation pour pouvoir résister ensemble aux attaques du pouvoir (coordinations aux différents niveaux chargées y compris de formations à l’autodéfense des personnes, des cortèges, des locaux…), travailler en convergence avec les Gilets jaunes autrement qu’en posant un vague rendez-vous hebdomadaire ; elles peuvent par exemple étendre les convergences Gilets jaunes/éducation et si possible santé, comme dans l’Hérault, l’Yonne, le Var ou en Île-de-France.

Agir ainsi, dès maintenant, pour stopper l’offensive ultralibérale permettra, espérons-le, de continuer à pouvoir agir demain contre la ligne de plus en plus dure du régime Macron, ou de tout autre dont il ne manquera pas de favoriser l’accès au pouvoir.

Olivier Vinay, le 4 mai 2019


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