Action contre les féminicides

lundi 22 avril 2019
par  Rosine

Le 8 mars dernier, journée internationale de luttes pour les droits des femmes, des militantes d’Osez le féminisme 17 et des étudiant.e.s ont organisé un Die In pour dénoncer les féminicides (à cette date, 30 femmes étaient déjà mortes depuis le 1er janvier, soit pratiquement une tous les deux jours.)

Le féminicide est par définition “le meurtre d’une ou de plusieurs femmes ou de filles en raison de leur condition féminine” ; la sociologue Diana E. H. Russell en 1976, le définit comme “le meurtre de femmes commis par des hommesparce que ce sont des femmes”.

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Dans la majorité des cas, la victime succombe aux violences extrêmes d’un mari, d’un compagnon ou d’un ex. Trop souvent, ces meurtres sont qualifiés publiquement de “crimes passionnels” ou de “drames familiaux” ; “drame de la séparation” ou “drame conjugal” font aussi partie des formulations qui réduisent ces crimes à une dimension privée et les banalisent. Mais la réalité de ces meurtres dépasse la sphère familiale. Pourquoi les meurtriers se sont-ils acharnés sur elles ? On peut parler d’acharnement tant les statistiques montrent que dans la plupart des cas, la victime porte plus de coups et blessures qu’il n’en fallait pour causer sa mort. Très souvent, parce qu’elles ont décidé de partir, de reprendre la liberté qu’ils leur contestent. Selon eux, elles leur appartiennent et ne doivent en aucun cas échapper à leur contrôle. Sinon, ce sont les cris, les coups, la violence et dans certains cas la mort.

Un Die In : qu’est-ce que c’est ?

Pour dénoncer ces crimes, témoigner de l’horreur, et faire sortir de l’oubli ces 30 femmes mortes depuis le début de l’année, un Die In, a été organisé le 8 mars, en fin de journée à La Rochelle, plein centre ville. Nous nous sommes rassemblé·e·s sur le vieux port devant les terrasses. Pendant que l’une de nous lisait les prénoms, les âges, et les conditions de la mort de ces femmes, nous nous sommes allongé·e·s sur le sol, et avons tracé à la craie 30 silhouettes pour les représenter. Nous avons ainsi occupé l’espace public, stoppé momentanément la circulation avec notre grande banderole contre les violences faites aux femmes pour protéger les personnes qui ont accepté de se mettre à terre avec nous. Pendant deux heures, nous avons interpellé les passant·e·s sur les violences et les crimes subis par les femmes : la plus jeune Taïna de Saint-Thibault-des-Vignes avait 20 ans lorsqu’elle a été mortellement frappée à la tête par son compagnon, la plus âgée Fameck de Moselle avait 90 ans lorsque son compagnon l’a abattue.

Un produit de la société patriarcale

Tuées par balles, battues à mort, étranglées, défenestrées, ligotées et incendiées, poignardées… la liste est glaçante. Nous l’avons répétée à plusieurs reprises pour interpeller sur ces meurtres qui ne doivent pas rester dans l’oubli. Ces assassinats trouvent leur origine dans la société patriarcale qui génère tous les types de violences sexuelles et sexistes, subies par les femmes. Nous devons lutter sans relâche pour que l’éducation évolue et permette de sortir des stéréotypes de genre, de ces représentations mortifères qui donnent aux hommes le sentiment de posséder les femmes et les autorisent à disposer de leurs corps et de leur vie comme bon leur semble. Stop aux féminicides !

Joëlle Lavoute


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