Pour le retrait des contre-réformes

Édito
mercredi 3 avril 2019

Mobilisations dans l’éducation : la colère monte et prend forme. Depuis novembre dernier, les enseignant·e·s du second degré se mobilisent contre les réformes du lycée, du bac et de l’accès aux études supérieures (loi ORE), qui représentent une attaque frontale contre le service public d’éducation et qui conduisent à l’explosion des inégalités sociales et territoriales, la fin du bac comme diplôme national, l’aggravation du tri social dans l’accès à l’enseignement supérieur, la liquidation de la filière professionnelle, les suppressions massives de postes, les classes de plus en plus chargées… Les collectifs se sont multipliés dans toutes les académies. On compte aujourd’hui environ 400 établissements mobilisés contre ces réformes dans toute la France, et trois coordinations nationales ont été organisées depuis le début du mouvement.

La dernière coordination, qui s’est tenue le 17 mars dernier à la Bourse du travail de Saint-Denis, a réuni 70 collègues venus de 19 départements. Certain·e·s collègues, mandaté·e·s par des collectifs départementaux, représentaient une quinzaine d’établissements. Si la majorité des personnes présentes venaient de lycées GT, il y avait à cette coordination aussi des représentant·e·s du premier degré, de collèges et de lycées professionnels. Une représentativité large, signe d’un mouvement qui prend de l’ampleur et qui commence à cordonner les établissements de la maternelle au lycée.

Et en effet, le texte de la loi Blanquer dite pour une école de la confiance, étudié à l’Assemblée en février dernier, a déclenché une vague de colère chez les professeur·e·s des écoles. Suppressions de postes de directrices·teurs, tri social, école à deux vitesses… digne représentante de la politique néo-libérale du gouvernement et ne cherchant pas à masquer la logique budgétaire qui l’anime, cette loi mobilise les enseignant·e·s, mais aussi les parents d’élèves qui craignent pour l’avenir de leurs enfants. Dans certains départements, le mouvement s’est développé depuis la mobilisation interprofessionnelle du 5 février dernier, pour monter crescendo au fil des AG de luttes successives.

Si les actions locales qui sont menées (blocages des évaluations, démissions de PP...) sont immédiatement utiles pour construire le mouvement et fédérer les collègues, parents et élèves, elles ne suffisent pas et la nécessité de la grève reconductible est portée depuis le début du mouvement comme le seul moyen de gagner. Une telle grève peine encore à se construire mais on voit s’étendre les grèves reconductibles locales, grèves tournantes, réunions d’information à destination des parents, mobilisation des associations de parents d’élèves, à l’image de la FCPE 75 qui publiait le 19 mars dernier un communiqué dénonçant entre autres la précarité entraînée par la réforme de la formation des enseignant·e·s, le remplacement de la pédagogie par le management, et l’accroissement des inégalités, territoriales, et donc entre élèves.

C’est pourquoi il faut travailler à approfondir et amplifier le mouvement. Si les organisations syndicales progressistes appellent toutes à un retrait des réformes et lois, elles ne jouent pas toutes un rôle moteur ou constructif. Ce sont les collectifs lycées qui ont impulsé les premiers mouvements, sur la base d’AG souveraines. Il s’agit de mettre en place des coordinations entre les établissements et collègues mobilisé·e·s, de la maternelle au lycée (et à l’université, mobilisée notamment sur la question de la hausse des frais d’inscription), donc de continuer à impulser des collectifs organisés en inter-degrés et de chercher à porter et construire la grève reconductible comme seul moyen d’obtenir satisfaction.

Tou·t·e·s ensemble, pour une école de l’émancipation !


Karine Prévot


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