Brèves féministes (mars 2019)

dimanche 31 mars 2019
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Un bon point

Il n’y a aucune raison dans ces colonnes de passer sous silence les actes de sexisme voire de harcèlement sexuel qui peuvent se produire dans les syndicats : les organisations ouvrières sont au contraire les premiers lieux où les préjugés réactionnaires doivent être caractérisés et dénoncés comme tels. Pour autant, il faut aussi se réjouir quand des progrès se réalisent dans nos organisations. Ainsi depuis quelques temps on peut remarquer que plusieurs organisations syndicales ont pris des mesures concrètes. Depuis son congrès précédent – où une responsable intervenant sur ces questions avait été sifflée – FO a mis en place dans les départements des “référents égalité” spécialisé·e·s sur ces questions. Au SNES-FSU, une commission chargée de mettre en place la prévention et le signalement des cas de harcèlement a été mise en place suite au dernier congrès. Dans la CGT, la “cellule de veille contre les violences sexistes et sexuelles” créée fin 2016 a rendu son premier rapport annuel à la direction confédérale en mars 2018. Des questions qui auparavant auraient été mises sous le boisseau commencent à n’être plus ignorées, comme par exemple des comportements sexistes dans la CGT de la Ville de Paris, par ailleurs en état de quasi-scission : ainsi des militantes ont créé un “collectif Femmes mixité” qui dénonce des “agressions verbales, à caractère sexuel et à caractère sexiste”.

Quentin

Le sexisme ne nous fait pas rire

Le Haut conseil à l’Egalité (HCE) vient de publier le 17 janvier 2019 l’état des lieux du sexisme en France. Il définit à ce propos très clairement le sexisme et ce qu’il recouvre. Selon le HCE, le sexisme est d’une part une idéologie qui repose sur le postulat d’infériorité des femmes par rapport aux hommes et d’autre part, un ensemble de manifestations des plus anodines (remarques) aux plus graves (viols, meurtres) qui ont pour objet de stigmatiser, délégitimer, humilier ou violenter les femmes.

Cette définition montre bien que les manifestations sexistes font partie d’un système de pensée structuré .

Le rapport met en évidence que le sexisme est encore trop peu condamné. En 2017, 162 940 victimes d’actes sexistes ont été enregistrées (87 % étaient des femmes). Les actes de sexisme déclarés par des femmes sont environ 140 000 par an, mais seulement 3 % des dénonciations font l’objet d’une plainte et une plainte sur cinq conduit à une condamnation…

Le HCE a également entrepris une étude sur le sexisme dans l’humour dans le but d’en identifier les ressorts et de mettre en lumière ses caractéristiques : rire contre les femmes, en les dévalorisant ou en les réduisant à des objets sexuels. Cet“humour” a pour conséquences désastreuses de renforcer les stéréotypes, de dévaloriser l’image que les femmes ont d’elles-mêmes et de consolider un certain entre-soi masculin.

Un exemple récent la soi-disant blague de Jean Marie Bigard dans l’émission de Cyril Hanouna “Touche pas à mon poste” du 5 février dernier.Les signalements au CSA ont été nombreux mais “l’humour” sexiste bénéficie encore trop souvent d’une large tolérance.

Joëlle


Brèves

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