Un mois dans le monde

jeudi 21 février 2019

Battisti

Une véritable internationale néofasciste existe. L’entente Bolsonaro-Salvini a été parfaite pour annuler l’asile dont jouissait Cesare Battisti au Brésil. Ce qui est tragique, c’est que la Bolivie, censée être “à gauche” avec un président indigène, ait activement participé à cette extradition. Comment expliquer une telle “trahison” ? On pense à la répression des mouvements sociaux en Bolivie et à la très grande dépendance économique de ce pays vis-à-vis du puissant voisin brésilien.

En Italie, la “gauche” aussi a toujours eu un comportement honteux. Le terrorisme d’extrême droite qui a provoqué des centaines de mort·e·s pendant les années de plomb (1969-80) n’a jamais été jugé. Berlusconi, ancien de la loge P2, n’a jamais été poursuivi pour ses activités. Par contre cette gauche officielle s’est acharnée contre la partie de l’extrême gauche qui s’était lancée dans la lutte armée. Battisti a toujours nié les crimes dont il est accusé. Il a vécu 40 ans d’exil et de clandestinité. Sauf importante campagne en sa faveur, il va pourrir en prison sans jugement. Un scandale absolu.

Italie

L’espoir à gauche en Italie va peut-être venir d’un certain nombre d’élus : les maires de Palerme, de Riace, de Naples, de Florence mais aussi un dissident du mouvement 5 étoiles, le maire de Parme, ont annoncé qu’ils n’appliqueraient pas le décret-loi “sécurité et immigration” de Salvini qui “transforme en illégaux des personnes qui se trouvent légitimement en Italie” selon les propos de Leoluca Orlando, maire de Palerme.

Suède

Depuis les dernières élections, il n’y avait plus de majorité. Le parti social-démocrate a franchi le pas. Il s’est allié à deux petits partis de droite pour garder le pouvoir. Première mesure : l’annulation de l’équivalent suédois de l’ISF !

Gbagbo

La justice internationale, qu’il s’agisse de la Cour Pénale Internationale (CPI) ou du Tribunal Pénal International sur l’ex-Yougoslavie, a été jusqu’à présent une justice de vainqueur, condamnant Karadzic, Mladic et Milosevic mais n’inculpant pas les criminels de guerre croates. La CPI n’a jamais poursuivi les dirigeants israéliens. En Côte d’Ivoire, il y a eu incontestablement des crimes de guerre et des massacres ethniques dans les deux camps. Gbagbo et ses milices ont massacré des populations civiles. Mais l’armée de Ouattara, équipée et aidée par la France, a perpétré en mars 2011 le massacre de Duékoué (entre 150 et 1 000 mort·e·s). La CPI a inculpé et emprisonné Gbagbo sans inquiéter Ouattara.

Après des années d’emprisonnement, Gbagbo a été acquitté. C’est peut-être, enfin, un refus de la CPI de jouer le rôle partisan qu’elle a joué jusqu’à présent.

Gabon

Un dictateur africain, Ali Bongo, élu en bourrant les urnes sans même se donner la peine d’être crédible et pillant son pays, rien de plus normal dans la Françafrique. Des militaires essayant de profiter de l’hospitalisation du dictateur pour s’emparer du pouvoir, on est toujours dans la normalité néocoloniale. Même quand on connaît la Françafrique, le communiqué du ministère français des affaires étrangères condamnant “toute tentative de changement de régime extra-constitutionnel au Gabon” laisse quand même rêveur/rêveuse.

Soudan

Le dictateur Omar el-Béchir a pris le pouvoir par un coup d’État en 1989. Il a commis de nombreux crimes contre l’humanité et les migrant·e·s qui arrivent en Europe racontent les horreurs qui continuent de se dérouler, notamment au Darfour. Des manifestations se déroulent dans tout le pays contre l’augmentation du prix du pain et le dictateur a ordonné à ses troupes de tirer. À l’heure où ces lignes sont écrites, on compte 37 mort·e·s.

Venezuela

La droite vénézuélienne poursuit ses tentatives de coup d’État. Elle a essayé contre Chavez, elle continue contre Maduro. Sa tâche est facilitée par l’échec économique du régime qui a provoqué l’hyper-inflation, la pénurie généralisée, l’exode de centaines de milliers de Vénézuélien·ne·s et une crise sociale sans précédent.

Il n’empêche, cette droite est tout sauf démocratique. Elle rappelle les pires années des dictatures militaires sud-américaines et du plan Condor. Le coup d’État a été probablement commandité par Trump, Bolsonaro et par d’autres membres de la droite revancharde sud-américaine qui se sont empressés de reconnaître le coup d’État.

On retiendra quand même que notre grand président démocrate, Macron, salue le courage des manifestant·e·s du Venezuela. Bizarrement, il n’a pas salué le courage des Gazaouis qui manifestent depuis des mois ou celui des Yéménites qui résistent à une armée d’assassins armés par la France. Vous avez dit bizarre ?

Palestine

La division Fatah-Hamas est une honte. Elle aboutit une fois de plus à la fermeture de la frontière entre Gaza et l’Égypte. Devant cette situation, plusieurs partis palestiniens de gauche (dont le FPLP, le FDLP et le parti communiste) ont créé une coalition. Leur espoir est qu’existe enfin une alternative à la confrontation mortifère qui fait le jeu de l’occupant.

Israël

On votera en avril. Le paysage politique est totalement émietté. L’alliance entre le Parti travailliste et celle qui dirigeait le pays pendant l’opération “Bordure Protectrice” à Gaza en 2014 (Tsipi Livni) s’est effondrée. La liste unie des partis palestiniens aussi. L’adversaire le plus “sérieux” de Nétanyahou est un criminel de guerre, Benny Gantz, ancien général en chef de l’armée. Il fait une campagne ultra sécuritaire et se vante d’exécutions extra-judiciaires contre les dirigeants du Hamas. Il est inculpé pour crimes de guerre aux Pays-Bas, suite à la plainte d’un Palestinien de ce pays dont la famille a été tuée lors des bombardements de 2014.

Nétanyahou reste favori pour se succéder à lui-même, même s’il sera difficile de constituer une coalition. Pour lui, rester au pouvoir est vital, sinon ce sera la prison. Pour mettre toutes les chances de son côté, il vient d’attaquer les troupes iraniennes en Syrie. Rien de tel qu’une bonne guerre pour convaincre les indécis·es.

Turquie

Après 79 jours de grève de la faim, la député kurde Leyla Güven a été libérée. La plupart des élu·e·s de son parti, le HDP, nettement majoritaire dans le Kurdistan turc, sont toujours en prison.

Pierre Stambul


Brèves

8 décembre 2017 - Réunion publique - jeudi 14 décembre à 19h - Après les récentes défaites de Daesh, où va la Syrie ?

Réunion publique avec :
Joseph Daher, militant syrien originaire d’Alep
Sakher Achawi, (...)

7 juillet 2017 - RELAXE POUR ELIE DOMOTA !

Message de soutien d’Émancipation à Élie Domota
Le syndicaliste guadeloupéen Élie Domota, (...)

14 février 2017 - Réunion publique - Jeudi 23 février à 19h - Alep : un tournant ?

Résistances populaires en Syrie et manœuvres internationales
Réunion publique avec :
Ziad (...)