Brèves féministes (janvier 2019)

vendredi 8 février 2019
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

À l’école de la beauté, le sexisme est roi

La règle est pourtant bien connue : plus les choses sont évidentes, moins on les remarque. C’est donc 15 jours après son affichage, mais avec une grande stupéfaction, qu’un enseignant d’un lycée du Gard a découvert, placardée dans l’un des couloirs administratifs de son lycée, une affiche enjoignant les jeunes filles à postuler pour le concours de Miss Alès. Organisé par le comité Miss France, propriété de la société Endémol-France, ce concours exige certaines caractéristiques physiques comme“mesurer plus d’1m70”, “avoir une silhouette fine, harmonieuse et bien proportionnée”, une “allure générale correcte” mais aussi d’autres conditions comme le fait de ne pas avoir d’enfants…

Difficile de dire ce qui est le plus choquant (à moins qu’on ne choisisse pas, après tout !) : qu’une société commerciale à caractère privé et à but lucratif affiche ses publicités dans l’école publique ou que le comité Miss France, porteur d’une vision des femmes stéréotypée conduisant beaucoup trop d’adolescentes puis de femmes vers des comportements voire des pathologies destructeurs, soit autorisé à faire de la propagande au sein d’une école publique dont l’une des missions – rappelons-le – est l’apprentissage de la critique des apparences, stéréotypes, discriminations et des violences qu’ils engendrent…

Preuve que l’affiche sonnait faux, l’argumentaire porté par l’intersyndicale à l’attention du chef d’établissement a entraîné son retrait immédiat. Mais le sexisme, qui ne connaît aucune barrière, exige une vigilance de tous les instants.

Karine

Battlefield V : on n’est pas sorti·e·s de l’auberge

Battlefield V, le dernier opus d’une série de jeux vidéo à succès (jeux de tir à la première personne), est sorti en octobre. C’est aujourd’hui enfoncer une porte ouverte que de relever que le milieu du jeu vidéo (joueur·e·s mais pas seulement) est encore considéré comme très marqué par le sexisme, l’homophobie, etc. (plutôt à juste titre). Ainsi la polémique survenue dans la communauté des fans cet été : une femme (militaire) est en vedette sur la bande-annonce du jeu, censé se dérouler pendant la seconde guerre mondiale. Idée rejetée au nom du “réalisme” (qui a bon dos quand on voit ce qu’un personnage de jeu vidéo est souvent capable d’accomplir). Une historienne a même jugé utile d’indiquer : “Il y a une féminisation de l’armée durant la seconde guerre mondiale en raison des manques d’effectifs, mais elles ne combattent pas”. Et les milliers de partisanes russes, yougoslaves, grecques… dont un certain nombre seront atrocement exécutées par les nazis ? Et les snipers, pilotes de chars (toutes volontaires)… russes dont plusieurs deviendront héroïnes de l’Union soviétique ? Au-delà de cette polémique sexiste ponctuelle, d’autres questions se posent concernant le jeu vidéo. Par exemple : quand cessera-t-on de privilégier les jeux de guerre virilistes ? Quand les pouvoirs publics permettront-ils enfin aux syndicats émergents dans ce secteur très précarisé et flexibilisé, de se développer face aux exigences d’un capitalisme de plus en plus brutal ?

Quentin


Brèves

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