Les non-dits qu’on crie

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mercredi 6 février 2019

Danny est simple d’esprit, pas un idiot.

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Quand il trouve le cadavre de Mindy, la serveuse, la seule dans la petite ville de Wyalusing en Pennsylvanie, qui ne le méprise pas et qui lui adresse la parole en le traitant comme un être humain, Danny est perdu. Que faire si ce n’est couvrir le corps par respect ? Évidemment, il va vite être considéré comme le coupable idéal. Mais Danny ne va pas se laisser faire au cours de cette journée.

Samuel W. Gailey, avec Deep winter , renoue avec ce que la littérature états-unienne fait de mieux ; évoquer les laisséEs-pour-comptes, les excluEs, les pauvres dans la ruralité sèche et acide de ce pays sans nom. D’un souffle narratif à couper les certitudes, avec une puissance d’évocation égale à celle des plus grandEs, l’auteur traverse ces 24 heures comme un ouragan, desséchant tout, essorant toutes les amertumes, pliant toutes les envies, volant à l’essentiel, ce qui égratigne toutes les sentences définitives, les évidences erronées, les non-dits qu’on crie.

F. Braud.

  • Deep winter de Samuel W. Gailey, traduit de l’américain par Laura Derajinsky, Gallmeister, 314 pages, 2014, 23,40 €.

À commander à l’EDMP (8 impasse Crozatier, Paris 12e, 01 44 68 04 18, didier.mainchin@gmail.com).