Le travail des femmes avant, pendant et après la Première Guerre mondiale

Histoire
mercredi 30 janvier 2019

Avant la guerre : Les femmes constituent 1/3 de la population active. Mais leurs activités ne sont pas “visibles”. Elles sont essentiellement paysannes, domestiques, ouvrières et travaillent dans des secteurs dits féminins tels que textile, habillement, tabac, allumettes. Le taux de naissance en France est le plus bas d’Europe. Pour compenser ce “manque” de travail des enfants il y a donc les femmes, dont le salaire est indispensable pour la simple survie des ménages, et les immigrants.

JPEG - 30 ko

Pendant la guerre : Ce sont les femmes paysannes qui souffrent le plus, du fait qu’elles doivent remplacer à la fois les bêtes réquisitionnées et les hommes qui, mobilisés dans l’infanterie, meurent plus que les autres . Mais pendant les deux premières années de la guerre, le chômage féminin est massif car beaucoup d’entreprises ferment. Ce n’est qu’à partir du début 1915 que le pays se remet au travail avec les femmes. Elles occupent de plus en plus l’espace public et deviennent visibles. Elles sont serveuses de café, factrices, employées de banque et d’administration, livreuses de charbon, conductrices de tramway et “munitionettes” dans les industries de l’armement à partir d’automne 1915. Ce qui est donc nouveau en 1915, c’est la visibilité des femmes au travail.

En 1917, on compte quand même 20 % de femmes en plus qui travaillent par rapport à avant la guerre. Et le salaire est toujours inférieur à celui des hommes.

À la fin de la guerre : De fait elle ne finit pas vraiment car elle se poursuit en Russie ou ailleurs. Et puis 10 % des hommes actifs en 1913 vont trouver la mort. Donc bien sûr l’économie a besoin des femmes.

Les luttes pendant la guerre : En 1915, les travailleuses à domicile se mobilisent avec leurs syndicats et les féministes pour gagner des minimas de salaire horaire ou à la pièce. Mais pour le reste tous les droits sociaux ont été suspendus pendant la guerre. L’agitation sociale, faible en 1916, reprend de l’ampleur jusqu’en 1918.

Quant à l’émancipation des femmes pendant la guerre, quand certains historiens disent “oui mais”… Françoise Thébaud, elle, opte pour le “non mais”… car d’après elle la volonté sociale dominante est le retour à un ordre traditionnel des sexes avec une politique nataliste. Pour preuve, c’est le début de l’État Providence. Et la loi du 31 juillet 1920 interdit l’avortement et la contraception ainsi que toute propagande anticonceptionnelle (seul le préservatif est autorisé contre les maladies vénériennes).

Marie Contaux

  • Françoise Thébaud, Les femmes au temps de la guerre de 14 , Petite bibliothèque Payot, 2013, 10,65 €.

À commander à l’EDMP (8 impasse Crozatier, Paris 12e, 01 44 68 04 18, didier.mainchin@gmail.com)