Grève du 20 mars : texte du Collège national d’Emancipation

lundi 19 mars 2007
par  QD, Administrateur

Tract issu du national d’Emancipation des 17-18 mars.

STOPPER LA CASSE DE L’ÉCOLE ET LA REBÂTIR

La publication coup sur coup du décret du 12février cassant le statut de 50, de la circulaire du 23 février sur le cahier des charges de la formation des maîtres et du « statut » de professeurs associés, complète la machine de guerre libérale contre l’éducation, attaquée de toutes parts. Avec ce qui est encore à venir (réformes des EPEP et des directions d’école, audits conjoints des inspections des finances et de l’EN…), se réalise, de façon de plus en plus irréversible, la politique préconisée par la Commission européenne, relais du capitalisme mondial dont la CES et la nouvelle Confédération Syndicale Internationale sont des collaborateurs zélés..

L’offensive libérale se veut sans limites : stoppons la !
L’acharnement du gouvernement si près d’échéances électorales montre qu’il n’a rien à craindre,
- ni des élections : la croisade contre l’école est portée par l’UMP, mais elle avait déjà été préparée par les Bayrou et Royal, quand ils étaient au ministère de l’Education.
- ni des directions syndicales, occupées à interpréter les derniers oracles électoraux pour savoir s’ils laissent augurer plus d’aggravations que d’améliorations. Malgré le refus massif par les personnels des attaques du statut et de la casse des DHG, les décisions d’établissements, d’intersyndicales locales, de grève, de boycott des examens blancs, les directions ont tardé à fédérer les luttes début décembre et elles sont arrivées à la performance d’appeler à la grève juste avant les vacances de Noël, d’Hiver et de Printemps.

Et le syndicalisme majoritaire de l’Education a joué un rôle particulièrement démobilisateur, en mettant dans le paysage dès la fin novembre la manif du 20 janvier, avec pour résultat d’empêcher la grève, avant comme après, et en appelant pour le 20 mars à une grève tardive, non unitaire, et surtout organisée d’emblée pour être limitée à 24 heures (pas d’AG à l’issue des manifs).

Transformons cette grève du 20 mars en une réelle étape de mobilisation, ce qui est indispensable afin de développer un rapport de force permettant de résister :
- en tenant des AG au plus vite pour faire le lien avec l’action fonction publique prévue pour le 29 mars : reconduction de la grève, initiatives de popularisation en direction des parents et de l’opinion…
- en maintenant partout où ce sera possible des actions pendant les congés pour que la mobilisation reparte avant les échéances électorales, en toute indépendance, sans se priver d’intégrer les examens au dispositif de luttes.
- exiger des directions syndicales qu’elle contribuent à créer un cadre fédérateur permettant aux mobilisation de ne pas s’essouffler, en coordonner et à centralisant la mobilisation et qu’elles organisent des caisses de grève.

Imposons des alternatives à la politique libérale :
La rentrée ne peut s’effectuer sur les bases actuelles : l’abrogation des lois et décrets Ferry-Fillon-De Robien doit s’accompagner de la création de tous les postes statutaires nécessaires (enseignants ou non) pour répondre aux besoins et le maintien de l’indépendance des personnels conférée par le statut, c’est bien le minimum à obtenir. Au niveau pédagogique, cette indépendance doit être garantie individuellement, mais aussi collectivement, par la possibilité offerte aux équipes d’organiser ensemble leur enseignement et leurs projets (heures de concertation, formation continue…). C’est le contraire de la division instituée par le « conseil pédagogique », de l’arbitraire des chefs d’établissement, inspecteurs ou ministres, tel Robien cherchant à imposer, par la menace et la répression, sa méthode de lecture, sa grammaire, son calcul, ou son vocabulaire…

Mais cela ne suffit pas à assurer un service public le plus égalitaire possible ; surtout s’il reste possible d’orienter les enfants vers l’apprentissage à 14 ans et le travail de nuit à 15. Plutôt que ces exclusions précoces, il faut porter la scolarité obligatoire jusqu’à la fin de l’actuel lycée, en allant vers la disparition du tri des jeunes en fonction de leur origine sociale, dans les voies générale, technologique et professionnelle. Il faut unifier progressivement ces voies par l’introduction d’un enseignement polyvalent et polytechnique pour tous, dés le primaire.

Cette unification de la formation suppose une unification et un renforcement des statuts des personnels. Et donc l’arrêt de l’embauche de précaires et la titularisation immédiate et sans conditions de tous les non titulaires, licenciés massivement (alors qu’en même temps les statuts des titulaires sont fragilisés), ou contraints d’accepter des emplois en « CDI publics » ou « professeurs associés », sans réelle garantie d’emploi, et constituant en plus de véritables chevaux de Troie contre les statuts.

Collège national de l’ Émancipation, le 17 mars 2007

Contacter l’Émancipation, s’abonner à la revue « l’Émancipation syndicale et pédagogique » : er.emancipation@free.fr

Site internet : emancipation.fr/emancipa/


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