Fascisation et dictatures ultralibérales : Comment s’y opposer ?

jeudi 13 décembre 2018

Qu’est-ce qui relie Trump, Poutine, Bolsonaro, Orban, Nétanyahou, Assad, Salvini ou Erdogan ? Il y a une extrême brutalité, un mépris affiché des règles démocratiques, de la vie humaine et de tout ce qui ressemble de près ou de loin aux droits de l’homme. S’y ajoute en général le racisme, le suprématisme, l’utilisation des boucs émissaires, le sexisme, l’homophobie et souvent la corruption.

Pourtant, à l’exception d’Assad, toutes ces brutes ont gagné des élections. Parfois en trichant un peu mais quand même avec un nombre considérable de voix.

Pourquoi ?

JPEG - 8.1 ko

Un seul modèle domine la planète : le capitalisme. Sa variante mondialisée et ultra-libérale a détricoté dans les pays dits développés la plupart des formes de solidarité, de redistribution des richesses ou d’éducation pour touTEs. Le capitalisme empêche toute forme de développement au service des peuples en fixant au plus bas le prix des matières premières produites par les pays dominés et en organisant le dumping social contre sa propre classe ouvrière. Il dégrade la planète et accentue le changement climatique. Le colonialisme n’a jamais cessé, les dirigeants des pays anciennement colonisés participent au pillage de leurs pays et contribuent à jeter leurs citoyens sur les routes de l’exil. L’inégalité a explosé à un point jamais atteint dans l’Histoire.

L’alternative aurait dû être socialiste et égalitaire, basée sur la lutte des classes. Mais le modèle chinois s’est transformé en dictature ultra capitaliste, le modèle soviétique (qui n’avait de socialiste que le nom) a implosé et le modèle social-démocrate s’est acharné à faire partout dans le monde le sale boulot que les patrons n’arrivaient pas à imposer.

D’où le retour aux “hommes forts”, au nationalisme raciste, à la haine attisée contre “l’autre”, en particulier contre les migrantEs. Partout des “romans nationaux” réécrivent l’histoire. Cette réactivation des nationalismes les plus exacerbés rappelle les sombres moments du XXe siècle.

Qu’est-ce qui change ?

En parole, il était interdit d’inciter à la haine. Les propos racistes et sexistes deviennent la règle chez les nouveaux dirigeants. En Russie ou en Turquie, des journalistes sont assassinéEs et/ou emprisonnéEs. La liberté syndicale disparaît. Les patrons ne s’y trompent pas : les élections de Trump ou de Bolsonaro ont fait monter la Bourse. Les soudards au pouvoir nomment aux postes de responsabilité des lobbyistes et la mafia. Les États sont de plus en plus policiers et les organes de répression bénéficient de la libération de la parole au plus haut sommet des États pour tuer impunément.

Quelle riposte ?

Dénoncer ce fascisme, qui vient, au nom de la morale est nécessaire mais sûrement pas suffisant. Bien sûr, il faut dénoncer les réécritures de l’Histoire qui essaient d’effacer notre passé de luttes pour l’émancipation, mais ça ne suffit pas.

Prôner l’unité avec tous ceux qui, libéraux ou social-démocrates, par leurs actes, ont contribué à mener le monde là où il en est, ne mène nulle part. La résistance se doit d’unifier toutes les victimes de ce nouvel ordre social mondial sur des bases de solidarité et d’égalité. En France, unifier le prolétariat, les couches sociales paupérisées, les précaires, les étrangerEs, les populations postcoloniales, les excluEs de toutes sortes ou les victimes de l’ordre moral et patriarcal, est urgent.

Réinventer une alternative au capitalisme,

nous n’avons pas le choix.

Pierre Stambul


Brèves

10 janvier 2018 - Débat avec Jean-Marc Rouillan

Le samedi 13 janvier à 14h
Jean-Marc Rouillan sera à l’EDMP au 8 Impasse Crozatier Paris 12ème (...)

26 juin 2017 - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

Pas de code du travail sur ordonnance !
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, (...)