Brèves féministes (novembre 2018)

lundi 3 décembre 2018
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

L’initiative #NousToutes

Le mouvement féministe contre les violences sexuelles et sexistes se transforme en partie, comme le mouvement social. Alors que de nombreuses organisations et collectifs féministes font un travail de terrain et de propagande contre ces violences depuis longtemps, la place prise par ces questions a pris une dimension “de masse”, notamment avec les relativement nouveaux moyens de communication comme nous avons pu le constater avec le mouvement #metoo.

Ainsi, c’est par le biais des réseaux sociaux que la marche du 24 novembre prochain contre les violences s’est constituée (voir http://noustoutes.org/).

Si l’initiative se veut dans la continuité des mouvements en Espagne et en Argentine, l’absence de développement de stratégie dans l’appel au delà de la marche du 24 novembre semble dommageable. Toutefois, le mouvement doit être suivi et ce pour au moins deux raisons : sur la forme, le cadre permet en apparence la prise d’initiatives par le plus grand nombre. Sur le fond, le combat contre les violences sexuelles et sexistes est hélas totalement d’actualité et la stratégie “d’en finir” avec ces violences laisse à chacun.e la possibilité de mettre ses propositions en discussion en vue d’une éventuelle application.

Serge et Karine

Tueur à gages

Encore un coup du père François (pardon, du pape François) ! Après les parents d’enfants homosexuelLEs qui devraient psychiatriser leurs rejetons, voici les femmes qui avortent, accusées de faire appel à des tueurs à gages.

Notre cher François connaît sûrement le passage sur Loth dans la Bible. Après avoir exterminé la population de Sodome, repère d’homos, et changé la femme de Loth en statue de sel (trop bête, elle s’était retournée alors que c’était interdit), Dieu, dans sa miséricorde, fait venir les filles de Loth dans le lit paternel pour assurer la survie de l’espèce. Alors cher François, après l’homophobie et l’antiféminisme, on attend de toi une apologie de l’inceste.

Pierre

100 ans après…

Nous ne considérons pas que le concept d’amnistie prononcée par un gouvernement à l’encontre de militant·e·s soit juste sur le fond (l’amnistie efface des fautes passées, mais toujours considérées comme des fautes). En revanche, elle peut constituer une forme de réhabilitation implicite, qui peut faire cesser la répression d’État, comme l’amnistie des Communard·e·s en 1880. Le responsable du parti travailliste anglais Jeremy Corbyn, a ainsi émis l’idée d’une amnistie (“pardon”) des suffragettes anglaises, 100 ans après l’obtention du droit de vote des femmes au Royaume-Uni : “par conséquent le Parti travailliste au pouvoir non seulement amnistiera les suffragettes, mais aussi présentera des excuses officielles pour les erreurs judiciaires et l’importante persécution qu’elles ont subies”. Que faut-il déplorer ? Que le parti travailliste, principal parti ouvrier d’Europe, mette un siècle avant que son représentant le plus progressiste puisse envisager une mesure de réhabilitation pour les combattantes des droits des femmes ? Ou alors que cette simple proposition de justice élémentaire puisse provoquer une polémique hystérique pendant plusieurs semaines, les conservateur·e·s s’y opposant ? Il est vrai que nous sommes face à un État où il a fallu attendre 2017 pour que la “grâce royale” (là encore le pardon des fautes…) amnistie plus de 60 000 personnes emprisonnées pour homosexualité dans le passé et dont parfois la vie fut brisée, telles Oscar Wilde.

Quentin


Brèves

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