TouTES uniEs dans la lutte

Edito
mardi 6 novembre 2018

La démonstration que nous avons, au pouvoir, un Président des riches et un gouvernement antisocial n’est plus à faire et leur crédibilité a rarement été aussi faible. S’ils poursuivent leur offensive, pour aller au plus loin possible dans les régressions, c’est qu’en face les dissensions syndicales leur ouvrent un boulevard.

La journée du 9 octobre aurait pu être le signal de la mobilisation générale, public et privé ensemble dans la grève et dans la rue. Elle s’annonçait sous de mauvais auspices, avec un “arc unitaire” limité aux premiers appelants (CGT, FO, Solidaires, UNEF, UNL), rejoints du bout des lèvres par les organisations de la Fonction publique, la FSU notamment ayant refusé d’appeler clairement à la grève, tandis que les fédérations de retraitéEs privilégiaient un calendrier de mobilisation spécifique.

Pire, la direction de la FSU, s’appuyant sur les bureaucraties syndicales d’accompagnement les moins déterminées à la lutte, l’UNSA et la CFDT, entreprenait de torpiller cette journée d’action par l’annonce prématurée d’une autre journée de grève le 12 novembre, dans l’Éducation nationale.

Il ne s’agit pas ici de nier l’impérieuse nécessité d’une mobilisation de touTEs les acteurs et actrices de l’école, tant la multitude des attaques visant le système éducatif public, de la maternelle à l’université, forme un tout très cohérent. L’école n’est nullement indépendante de la société, les réformes scolaires et universitaires dessinent un système en cohérence avec les régressions sociales qui touchent l’ensemble de la population. Il s’agit donc de contribuer à la construction d’un vaste mouvement social, et non seulement de répondre avec des mobilisations catégorielles et dispersées, sous l’argument de la “lisibilité”.

Mais le premier appel au 12 novembre a divisé le front syndical indispensable au niveau interpro comme éducation, avec une base revendicative se limitant strictement aux suppressions de postes et au budget 2019 pour l’éducation, en refusant de faire le lien avec la politique éducative, qui est pourtant indissociable des choix budgétaires. Cela ressemble fort à de basses stratégies des directions syndicales pour les élections professionnelles.

Du coup, nous voici maintenant avec un deuxième appel (voir p. 5), regroupant les organisations syndicales qui s’affichent comme les plus combatives (CGT, FO et Sud Éducation, bizarrement rejointes par le SNALC qui a signé les deux appels) et qui mobilisent pour le retrait de Parcoursup, de la réforme du lycée et du baccalauréat, l’abandon de la réforme de la voie professionnelle, le retrait du projet de loi Blanquer, l’abandon de la fusion des académies. Cet appel répond plus aux enjeux, même s’il lui manque une dynamique de construction de mobilisation.

Pour autant il est peut-être possible de s’emparer de cette journée pour en faire un moment utile aux luttes. Cela suppose une certaine capacité d’autonomie du mouvement social. Il peut s’agir alors de débattre de revendications unifiantes et offensives. Il peut aussi s’agir de débattre dès maintenant des suites rapides à donner à cette journée, de soutenir et favoriser les coordinations d’établissements en lutte, d’en populariser les appels, comme celui des 16 Lycées Professionnels de région parisienne réunis en AG le 9 octobre.

Cela nécessite aussi de conserver l’accès et l’usage de certains lieux d’assemblée et de réunion. Le local de l’EDMP, au 8 impasse Crozatier, fait partie de ces lieux. Abritant une librairie coopérative, le RESF, des éditeurs alternatifs, mais aussi des AG et coordinations de mobilisation au niveau de l’Ile-de-France comme national (précaires, éducation prioritaire…), il est devenu l’un des points d’ancrages historiques des luttes au fil de 42 années d’autogestion. Malgré les obstacles de toutes natures, la réussite de son acquisition pour en assurer la pérennité doit aussi être l’une de nos priorités.

Raymond Jousmet, 22 octobre 2018


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