Brèves féministes (janvier 07)

dimanche 7 janvier 2007
par  QD, Administrateur

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°5 de janvier 2007)

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Parce que c’est aussi une forme de haine :
Chronique du sexisme ordinaire

Ca se passe comme ça à "Sarkoland"…
On aimerait ne pas avoir ce type de nouvelles à diffuser et croire que la période de "chasse au sorcières" est révolue. Hélas ! Il n’en est rien.

Mercredi 6 décembre, nous étions une poignée de militantEs, l’âme chevillée au corps (en ce moment il vaut mieux, car Notre cher "Nicolas" a le vent en poupe par rapport aux sans papierEs), enfin façon d’écrire parce qu’un copain de Sud Educ’ m’a fait remarquer qu’il n’avait pas d’âme à manifester notre colère devant la demande d’expulsion d’une famille algérienne. Une femme, sa fille et son fils, d’origine algérienne, se sont retrouvéEs "manu militari" envoyéEs en garde à vue puis en rétention (huit flics pour elles deux ça fait beaucoup, le fils ayant été recueilli dans un foyer). Le mari divorcé est reparti en Algérie, non sans avoir laissé son ex-femme dans la panade puisqu’il était bigame sans compter qu’il abusait aussi de violence. Sous le témoignage d’un homme qui a agressé violemment la jeune fille et qui est condamné à quatre mois de prison (il n’a pas encore purgé sa peine), les deux femmes ont été arrêtées ; la jeune fille a été accusée de jouer la comédie : elle avait dû inventer les côtes cassées et les nombreuses marques de coups qu’elle partait.

De plus, des personnes bien intentionnées ont envoyé un courrier à la famille de ces deux femmes en Algérie stipulant qu’elles avaient un comportement contraire à la loi coranique. Pour couronner le tout, la maman a perdu son emploi. A Saint-Brieuc, non seulement, le commissariat a été luxueusement construit, mais en plus nous avons droit à un commissaire "super sheriff", à côté duquel les sheriffs de western font pâle figure. Devant le tribunal où se prononçait le jugement, les "supers flics et fliquettes" jouaient aux cow-boys, manquant d’écraser des jeunes installéEs dans le parc du palais de justice. L’entrée dans le palais de justice a eu lieu menottes aux poignets et quelque peu brutalement. Les deux femmes ont du attendre deux heures de plus au commissariat , une fois le jugement prononcé, avant d’être relaxées. La famille est sous la menace d’une expulsion, puisqu’elle est assignée à résidence dans l’attente du passage devant le tribunal administratif.

Vive la justice française et vivent le sexisme et le machisme toujours aussi présent chez les keufs (et là je ne féminise pas parce que ça me fait mal au cœur que cette profession recrute de plus en plus de femmes !).

Lorsque précarité rime avec violence et machisme
Encore une fois nous avons affaire à notre sheriff Briochin et ses sbires.

Mon père étant presque grabataire, des jeunes femmes viennent quotidiennement l’aider. Ce travail n’est pas très gratifiant parce que payé "à coups de lance-pierres", une jeune femme a déjà déclaré forfait, non pas parce qu’elle était excédée par mon papa mais parce qu’elle a subi des violences de la part de son "ex’".

Malheureusement, elle est loin d’être la seule dans ce cas, une autre jeune femme, aussi employée par mes parents, a été plus que secouée par les violences qu’elle avait subi de la part de son mari, doublées d’un enlèvement de son enfant par le père. Les policiers, non contents de lui signifier qu’elle n’avait pas le droit de porter plainte pour enlèvement car les droits sont partagés en l’absence de séparation officielle, l’ont obligée à donner les clefs de son appartement pour que ce dernier puisse récupérer ses biens, le fait qu’il l’ait frappée étant considéré comme une broutille !

Isabelle DANIELLOU