Pour une rentrée de classe

jeudi 6 septembre 2018

Dans une situation internationale marquée par la multiplication des régimes autoritaires et/ou fascisants, les agressions des impérialismes, les menaces d’extension des guerres, les catastrophes écologiques… une orientation syndicale ou politique cohérente doit se confronter aux conséquences du règne sans partage du système capitaliste. Et en premier lieu, au sort des migrantEs qu’ils elles soient politiques, économiques ou écologiques, chasséEs par la surexploitation des ressources naturelles, par les ravages de l’exploitation coloniale et de l’économie mondialisée, par les bombardements des impérialistes ou les exactions de régimes despotiques instrumentalisés par ces derniers.

En France, le pouvoir offre un exemple de cette politique de négation des exigences démocratiques et solidaires élémentaires, le mouvement ouvrier syndical et politique ne constituant pas actuellement une alternative, soit par faiblesse soit par refus de rompre avec le capitalisme.

Après un an de règne, l’illusionniste Macron ne devrait plus tromper grand monde

Cet affairiste représentant des riches et des patrons, a confirmé son mépris pour les pauvres et les aides sociales qui “coûtent un pognon de dingue”.

Ni à gauche, ni à droite”, il mène la plus dure politique de droite, au service exclusif du capitalisme financiarisé, depuis l’après-guerre, ultralibérale, autoritaire, guerrière et répressive, dans la droite ligne des Thatcher et Reagan.

Cette politique de casse des garanties sociales, de précarisation et d’exclusion, imposée à coup de répression contre les mouvements sociaux, les réfugiéEs, les jeunes, les syndicalistes, bien sûr soutenue par la droite et par l’extrême droite, veut en finir avec tous les acquis sociaux, tout ce qui s’oppose aux inégalités, tout ce qui fait société, tout ce qui permet le vivre ensemble dans l’égalité des droits… Et elle vise aussi à affaiblir et intégrer encore plus le syndicalisme, corps intermédiaire inutile voir gênant pour la poursuite de sa politique d’agression directe. C’est le rôle du dialogue social- diktat et des contre-réformes des instances représentatives, qui dans le privé ont déjà diminué de 120 ?000 les mandatéEs syndicaux/cales et qui aura un effet encore plus violent dans le public, avec le dispositif Action Publique 2022, avec la fusion CT/CHSCT et avec l’attaque des CAP.

Il ne suffit plus au capitalisme que les directions syndicales aient sauvé la première loi Travail et les ordonnances de Macron, avec la participation pendant des semaines aux “concertations” et avec leurs grèves saute-mouton, et aussi la casse de la SNCF et du statut des cheminots avec l’imposition par la direction de la CGT de cette grève partielle et si prévisible pour l’organisation de la direction SNCF. Il veut liquider, avec les CAP/CHSCT, les décharges syndicales et achever de domestiquer ce qui reste des syndicats avec le chantage aux financements d’État.

Macron n’est pas un rempart contre l’extrême droite
Les fascistes de tous bords portés par la banalisation gouvernementale de leurs discours xénophobes et racistes se renforcent et s’affichent. Dans “des bastions sociaux” ou des opérations anti-étudiantEs comme à Montpellier, anti-exiléEs comme dans les Alpes ou en mer, aux côtés des forces de polices et avec leur compréhension, ainsi que celle des tribunaux, si enclins à condamner les personnes solidaires, les syndicalistes et les opposantEs.
Il convient donc de renforcer partout l’action militante antifasciste et contre le Rassemblement national sur les lieux de travail (CA), dans les mobilisations (défense des éxiléE, manif “Méric”, contre manifs,…) et dans les syndicats (VISA…). Mais sans perdre de vue que l’ultralibéralisme du système Macron se sert de ce néofacisme, en même temps que celui-ci le sert. La politique raciste du pouvoir crédibilise et renforce l’extrême droite, laquelle fait le coup de feu pour le pouvoir. Et tous deux servent le capitalisme qui en dernier ressort choisira le système qui sert le mieux ses intérêts.

Des revendications unifiantes et des luttes à la hauteur des attaques

La perception de ce danger et l’exigence des personnels de stopper les attaques, dans le contexte d’élections professionnelles, poussent FO (qui cherche à se dégager des collusions avec le pouvoir) et la CGT à proposer une plateforme et une action unitaire à l’automne. C’est un début, mais l’unité la plus large doit être recherchée pour résister sur chaque attaque et imposer des alternatives anticapitalistes

Déjouer les grandes manœuvres contre les retraites et la protection sociale solidaires

Encouragé par l’incapacité des directions syndicales à s’opposer efficacement et dans l’unité à ses contre réformes dans le privé, Macron veut siphonner les fonds sociaux solidaires. Après avoir augmenté la CSG, afin d’affaiblir le système de cotisation à gestion indépendante du pouvoir, il prétend, plus tôt que prévu, s’attaquer aux retraites en imposant un système à points voire par compte notionnel, avec juste un zeste de solidarité, dont le financement n’est même pas précisé.

Émancipation défend pour touTEs, public-privé, le maintien d’un système de retraites solidaire par répartition, avec une retraite pleine à 60 ans maximum sans décote, après 37,5 annuités.

Fonction publique : refuser “Action Publique”2022

Sous prétexte de rembourser une dette qui vient alimenter les profits de la finance internationale, le dispositif Action publique 2022 – et le rapport dévoilé avant l’heure le confirme – vise à affaiblir ou détruire ceux des services publics qui ont pour mission l’accès de touTEs aux droits sociaux fondamentaux, par la baisse des moyens, la dérèglementation et la mise en concurrence généralisée. Pour les personnels cela se traduirait par l’érosion des protections statutaires, la baisse du pouvoir d’achat, la précarisation, une souffrance professionnelle croissante. Et pour les services publics par des privatisations dont le seul objectif est de donner de l’oxygène à un capitalisme à bout de souffle.

Émancipation milite pour la défense et l’amélioration des services publics (santé, justice, poste, éducation,…) avec de revendications précises :

  • Contre les suppressions de postes, Émancipation revendique la création de tous les postes nécessaires, le réemploi et la titularisation immédiate de touTEs les non titulaires, sans condition de concours ni de nationalité, avec s’ils/elles le souhaitent, une formation sur le temps de travail et ensuite l’arrêt du recrutement sous statut précaire.
  • Contre le blocage des salaires, l’individualisation qui oppose les personnels et menace la grille nationale de rémunération, maintien et rattrapage du pouvoir d’achat et réduction des inégalités de salaire par des augmentations uniformes en points d’indice (400 euros pour toutEs), hausse des bas salaires (SMIC à 1700 euros).
  • Contre la mise en concurrence des personnels et l’éclatement catégoriel, Émancipation demande la suppression de l’évaluation et de l’entretien professionnel, la dénonciation des accords PPCR et de la mobilité forcée. Elle milite pour un corps unique des fonctionnaires et le même déroulement de carrière pour touTEs, aligné sur le statut le plus favorable, et la baisse du temps de travail sans perte de salaire.

Cela passe bien entendu par le retrait de l’ensemble des propositions gouvernementales formulées dans les groupes de travail concernant CAP 2022, dans lesquels les organisations syndicales n’ont rien gagné, ni même empêché, depuis quatre mois.

Soumission de Macron à l’Église catholique
La réalité anti-laïque de ce pouvoir apparaît de plus en plus clairement, comme d’ailleurs son caractère réactionnaire dans tous les domaines. Lors de sa visite au pape fin juin, Macron a rappelé son point de vue : “La religion est partout dans la société. Nous avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin de la religion”.
Cela fait suite à son discours du 9 avril sur le fait que “le lien abîmé entre l’Église et la République doit être réparé”, et précède son discours de soumission à l’Église catholique du Latran précisant : “la volonté de la France d’approfondir les relations d’amitié, de compréhension, de confiance qu’elle entretient avec le Saint-Siège”.
Cela est en lien avec toute une série de mesures actuelles ou en préparation marquant une nouvelle attaque contre la laïcité de l’État, par exemple (liste non exhaustive) : la main tendue à la “Manif pour tous” notamment en perspective de la révision des lois de bioéthique, l’obligation scolaire à trois ans dont l’objectif réel est d’accroître encore le financement public des écoles privées sous contrat, etc.
D’autres forces instrumentalisent la laïcité à des fins xénophobes et racistes, pour diviser les exploitéEs et les oppriméEs. Émancipation combat au contraire pour unifier toutes les luttes pour une égalité réelle.
Pour Émancipation, ni paravent de la xénophobie, ni morale de maintien de l’ordre social, ni tolérance des intrusions de forces religieuses dans les services publics, la laïcité est une des conditions pour la liberté de conscience, le vivre ensemble et l’égalité des droits. Il faut donc défendre la loi de 1905 et abroger tous les dispositifs anti-laïques (notamment la loi Debré), et ceux qui financent l’enseignement privé et renforcent ainsi la concurrence scolaire. La politique du gouvernement visant à préparer par étapes la privatisation du système éducatif (autonomie accrue des établissements, remise en cause du statut fonctionnaire, recrutement par les chefs d’établissements, promotion de l’enseignement supérieur privé via la pénurie de places dans le public, etc.) justifie plus que jamais la perspective d’une école émancipatrice et unifiée. Ce qui nécessite la nationalisation laïque de l’enseignement privé sans indemnité ni rachat et sous contrôle des personnels.
Émancipation combat les attaques contre la laïcité de l’État, et contribuera sur ces bases aux initiatives unitaires progressistes contre la politique gouvernementale.

Dans l’éducation, reconstruire le rapport de force

Le gouvernement actuel aggrave toutes les attaques des gouvernements précédents qui ont visé les personnels et l’organisation du système éducatif : loi Peillon, réforme des rythmes dans le premier degré, réforme du collège et du brevet, casse du bac et du lycée, fichage des enfants et des jeunes via le LPC, qui sera prolongé par le CPA, lois LRU sur l’autonomie et la concurrence des universités, plan licence et parcoursup. Blanquer accentue encore la dérèglementation et confirme sa politique réactionnaire en imposant la gestion managériale de l’éducation et des techniques pédagogiques d’un autre temps. Il attaque l’enseignement professionnel public en le plaçant sous contrôle patronal. Émancipation combat ces différentes mesures, demande leur retrait immédiat et l’abrogation des textes qui les organisent, Contre la territorialisation, l’éclatement des situations locales, la caporalisation, Émancipation défend la liberté pédagogique individuelle et collective dans un cadre national d’horaires et de programmes et un réel droit à l’éducation pour touTEs, à commencer pour les mineurEs étrangerEs.

Au niveau de la formation professionnelle Émancipation revendique pour le premier comme pour le second degré des pré-recrutements comme élève professeur dès la L1 et le recrutement au niveau licence avec deux années de formation professionnelle comme fonctionnaire stagiaire à l’ESPE, à 18 h, dont un tiers de service en établissement maximum. Cette formation initiale doit déboucher sur un master permettant la poursuite de recherches. Quant à la formation continue elle doit être sur le temps de travail et cesser d’être soumise à l’application des contre-réformes.

Contre la mise en place de la nouvelle école capitaliste qui accroit les inégalités et la soumission au marché du travail, qui organise de nouvelles modalités de reproduction sociale, favorise le privé et la concurrence de touTEs contre touTEs, à commencer par l’école privée contre l’école publique, Émancipation revendique une école réellement démocratique, pour les enfants et les jeunes comme pour les personnels, une école émancipatrice, polytechnique et polyvalente sans orientation jusqu’à la fin du lycée, s’appuyant notamment sur l’éventail des pédagogies coopératives et le tâtonnement expérimental.

Dans l’immédiat elle revendique la baisse des effectifs de classe à tous les niveaux, plus de maîtres que de classes, l’alignement des obligations statutaires sur celle des agrégéEs, la réduction du temps de travail pour touTEs les non enseignantEs et le retour dans le second degré au statut de MI-SE, ou un statut équivalent pour les AED qui le désirent.

Les luttes récentes ont montré que les luttes dispersées et à saute-mouton ne permettent pas de résister à la globalité de l’offensive néolibérale et pas plus que de faire barrage à l’extrême droite. Il faut, sur les lieux de travail, dans les quartiers, dans les syndicats, construire un mouvement social à la hauteur des enjeux : ce qui doit d’urgence conduire les directions syndicales à refuser d’aller négocier les reculs dans des concertations avec le gouvernement jouées d’avance, à le faire savoir en informant rapidement et complètement sur les danger des attaques et en appelant à tenir des AG aux différents niveaux réunissant l’ensemble des personnels, pour discuter et décider les revendications et les modalités de la construction du rapport de force.

La perspective de la grève et de sa reconduction au plus tôt à la rentrée scolaire et sociale demeure, avec les blocages, les occupations, les boycotts parmi les formes de lutte les plus efficaces pour faire converger les mobilisations et construire un rapport de force en mesure de faire céder le pouvoir. Quant à la plateforme, elle doit être à la hauteur des attaques en veillant à unifier les revendications, les situations et les différents secteurs, toujours sur les conditions les plus favorables.

Émancipation intervient, sur ces bases, sur le terrain et dans les syndicats pour soutenir les luttes et les secteurs mobilisés, lutter contre la répression, favoriser les convergences et développer les Assemblées Générales souveraines, ainsi que leur coordination à tous les niveaux. Elle intègre dans ces luttes syndicales la défense des exiléEs, avec l’appel de l’Ouest à mobilisation contre la loi asile immigration et la défense de la ZAD, avec la semaine “Retrouver du souffle”, du 27 août au 2 septembre.

Émancipation tendance intersyndicale, Saint-Beauzély, le 15 juillet 2018


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