Brèves féministes (octobre 06)

mercredi 4 octobre 2006
par  QD, Administrateur

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°2 d’octobre 2006)

Parce que c’est aussi une forme de haine :
Chronique du sexisme ordinaire

Filles afghanes : la religion au service de l’idéologie du profit…
Si l’on s’imaginait que le capitalisme était symbole de progrès et de lutte contre l’obscurantisme, ce que pour ma part je n’ai jamais pensé, la situation d’innombrables filles afghanes considérées comme des monnaies d’échange nous prouve qu’il n’en est rien.

Là où pourtant l’armée américaine guidée par ce "grand défenseur du bien" qu’est son président a combattu le mal que représentait le régime taliban à ses yeux, des fillettes, de huit ans pour certaines, sont vendues par leur famille à des hommes qui sont en âge d’être leur père voire leur grand-père. Elles sont utilisées parce que leur père a contracté une dette de jeu qu’il n’a pas les moyens de payer autrement, ou parce que leur famille est tellement pauvre que c’est leur seule source de subsistance. Il faut savoir qu’une fille est l’équivalent de cent moutons ou de dix vaches. Quand on fait remarquer à ces hommes acheteurs de vierges "la cruauté" d’une telle situation, ils rétorquent que le prophète a bien épousé Aïcha, une fillette de neuf ans.

La religion au service de l’idéologie du profit est une fois de plus source d’oppression des femmes.

Comportements sexués dès l’école maternelle
Je suis actuellement en poste dans une petite école maternelle et ai en charge des enfants de deux à quatre ans : la petite section. J’ai un grand plaisir à observer ces enfants.

Je remarque cependant qu’en six ans de temps, en matière d’éducation, peu de choses ont évolué. Le comportement de mes élèves est déjà marqué par une éducation fortement sexuée et quelque peu sexiste. Je commence à voir au bout de trois semaines des petites filles venir jouer au coin garage mais ce n’est pas évident. Les petits garçons ont déjà un comportement viril, se bagarrant pour s’approprier un jouet alors que dans l’ensemble les filles sont plus passives et moins agressives. Une maman m’a dit en parlant de sa fille "à l’aise dans ses baskets" qu’elle était garçon manqué parce que joueuse et peu soucieuse de sa toilette !

J’ai fait une réunion de parents d’élèves : il n’y avait que peu de mamans et un papa qui avait accompagné sa femme. Si je positive, je dirais que ces messieurs sont restés à la maison garder leurs enfants pour que ces dames puissent venir à la réunion. Je crois qu’il y a du boulot pour que les schémas évoluent vers un comportement non genré des enfants.

Isabelle DANIELLOU

Violences faites aux femmes : une étude de l’OMS
Une étude portant sur dix pays (Bangladesh, Brésil, Ethiopie, Japon, Namibie, Pérou, Samoa, Serbie et Monténégro, Thaïlande et Tanzanie) et coordonnée par l’Organisation Mondiale de la Santé, révèle le risque plus grand de violence s qu’encourent les femmes avec leur partenaire sexuel.

Dans tous les pays, sauf à Samoa, le risque de violences physiques ou sexuelles de la part du mari, du petit ami ou du compagnon était beaucoup plus grand que celui de violences de la part d’autres personnes, selon les déclarations des femmes ayant un partenaire masculin.

La proportion de femmes ayant souffert de violences physiques graves (coups, menaces avec un couteau ou une autre arme…) de la part de leur partenaire au cours des douze derniers mois précédents va de 4% dans une ville japonaise à 49% dans une ville péruvienne. Si l’on inclut aussi les cas de violences sexuelles, cette proportion va alors de 6% au Japon et en Serbie et Monténégro à 54% en Ethiopie.

Violences physiques et sexuelles vont souvent de pair, 30 à 56% des femmes ayant rapporté des violences ont déclaré avoir été victimes de ces deux types d’actes violents de la part de leur partenaire sexuel, selon l’étude coordonnée par Claudia Garcia-Moreno, en collaboration avec d’autres chercheuses et chercheurs.

Dani MOLINES