Brèves féministes (juin 2018)

samedi 30 juin 2018
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Au nom des Védas

Il n’y a pas que les sectes monothéistes qui s’illustrent dans les discours réactionnaires et la négation des droits des femmes. Ainsi en Inde : lors de sa visite médiatisée dans le pays en mars, Macron a affiché sa proximité avec le premier ministre Narendra Modi. Encore un grand progressiste. On ne compte plus ses déclarations haineuses contre les musulman-e-s au nom de l’“hindouité”, et l’État qu’il dirigeait à été le théâtre de violents pogroms antimusulmans (environ 2000 mort-e-s) en 2002 : du coup même le gouvernement des États-Unis l’a interdit de séjour pendant presque 10 ans du fait de ses responsabilités dans l’événement. Dirigeant du parti nationaliste hindou (BJP), il a aussi été permanent politique du RSS (“Organisation patriotique nationale”), groupe d’extrême-droite qu’il n’a jamais renié et qui a le vent en poupe. Le RSS soutient que les fameux Aryens viendraient d’Inde, qu’il faut retrouver la pureté raciale originelle et pour cela suivre diverses prescriptions… en fait, imposer aux femmes indiennes des contraintes concernant le mode de vie, la nourriture, la vie privée, etc. pour qu’elles restent “pures” et “saines”. Plus récemment, divers groupes de cet acabit se sont illustrés à l’occasion du film Padmavati (princesse indienne mythique du XIVe siècle) : émeutes et saccages avant même sa sortie, interdiction du film dans plusieurs États… le responsable du BJP de l’État de Modi a promis une récompense financière pour qui décapiterait l’actrice du film. Son crime : oser braver en tant que femme les valeurs religieuses en embrassant un prince musulman dans le film.

Quentin

100 ans après…

Nous ne considérons pas que le concept d’amnistie prononcée par un gouvernement à l’encontre de militant-e-s soit juste sur le fond (l’amnistie efface des fautes passées, mais toujours considérées comme des fautes). En revanche, elle peut constituer une forme de réhabilitation implicite, qui peut faire cesser la répression d’État, comme l’amnistie des Communard-e-s en 1880. Le responsable du parti travailliste anglais Jeremy Corbyn, a ainsi émis l’idée d’une amnistie (“pardon”) des suffragettes anglaises, 100 ans après l’obtention du droit de vote des femmes au Royaume-Uni : “par conséquent le Parti travailliste au pouvoir non seulement amnistiera les suffragettes, mais aussi présentera des excuses officielles pour les erreurs judiciaires et l’importante persécution qu’elles ont subies”. Que faut-il déplorer ? Que le parti travailliste, principal parti ouvrier d’Europe, mette un siècle avant que son représentant le plus progressiste puisse envisager une mesure de réhabilitation pour les combattantes des droits des femmes ? Ou alors que cette simple proposition de justice élémentaire puisse provoquer une polémique hystérique pendant plusieurs semaines, les conservateur-e-s s’y opposant ? Il est vrai que nous sommes face à un État où il a fallu attendre 2017 pour que la “grâce royale” (là encore le pardon des fautes…) amnistie plus de 60 ?000 personnes emprisonnées pour homosexualité dans le passé et dont parfois la vie fut brisée, telles Oscar Wilde.

Quentin


Brèves

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