Notre librairie (juin 2018)

vendredi 29 juin 2018

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Les migrants en bas de chez soi

Au cœur de la crise migratoire de l’été 2015, un lycée désaffecté du quartier de la place des Fêtes, dans le XIXe arrondissement, a été occupé par des migrantEs, dont le nombre est passé en trois mois de 150 à 1400. Isabelle Coutant, concernée à plusieurs titres, en tant qu’habitante du quartier et en tant que sociologue des quartiers populaires, retrace l’événement, les bouleversements qui en ont découlé, les tensions mais aussi les mobilisations solidaires. Son livre pose la question essentielle : comment accueillir ? En découle d’autres questionnements : peut-on penser la cause des réfugiéEs indépendamment de la cause des quartiers ? À quelles conditions les quartiers populaires, au premier chef concernés par l’arrivée des migrantEs, peuvent-ils continuer d’assurer la fonction d’intégration qui leur est de fait confiée ?

Les migrants en bas de chez soi , Isabelle Coutant, éditions du Seuil, mars 2018, 224 p., 19 €.

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Femmes d’exception : les raisons de l’oubli

Dans ce livre, Yannick Ripa, professeure d’histoire contemporaine à l’université Paris 8, et spécialiste de l’histoire des femmes et du genre s’attache à comprendre les causes et les modalités de l’invisibilisation de femmes illustres en leur temps et tombées dans l’oubli. Après un prologue centré sur la vie et l’œuvre de Marguerite Durand, elle trace le portait de vingt femmes d’exception. Elle s’intéresse à cette notion d’exception et à son détournement dès lors qu’elle est attribuée aux femmes. Elle met en évidence trois modes d’évitement : l’exceptionnalité féminine pathologisée ; l’amputation mémorielle ; et enfin l’instrumentalisation pour renforcer la règle du genre. Derrière ces disparitions des mémoires, demeure bien entendu le refus de l’égalité entre les sexes.

Femmes d’exception : les raisons de l’oubli , Yannick Ripa, éditions Le cavalier Bleu, mai 2018, 240 p., 20 €.
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Exils syriens : parcours et ancrages

Dans la sinistre comptabilité de l’exil, la Syrie fournit le plus gros contingent de réfugiéEs au monde. La Turquie en accueille le plus grand nombre, mais en proportion c’est le Liban qui produit l’effort le plus conséquent, avec un réfugiéE pour quatre habitantEs (en France, le taux est de un pour 700). Le Liban, et à travers lui le Proche-Orient, offre donc un point de vue privilégié pour mieux saisir la complexité et les enjeux des migrations internationales contemporaines. Ce livre tente de restituer les parcours et les conditions de vie, pour tenter de discerner l’exiléE derrière le ou la réfugiéE. Il propose au lecteur, à la lectrice françaisE un décentrage du regard sur les circulations contemporaines, à l’heure où les États européens ont les yeux rivés sur leurs frontières immédiates.

Exils syriens : parcours et ancrages (Liban, Turquie, Europe ), Michel Agier et Babels, éditions Le passager clandestin, mai 2018, 128 p., 10 €.
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Histoire des suffragistes radicales

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Paru outre-Manche en 1978, ce livre, traduit pour la première fois en français, retrace le combat oublié des ouvrières du nord de l’Angleterre au début du XXe siècle alors que les femmes sont privées du droit de vote. À Manchester et dans les villes cotonnières, des ouvrières se mobilisent : ce sont les suffragistes radicales. Leur lutte pour le droit de vote qui durera du 1er mai 1900 jusqu’en 1914, s’inscrit dans un combat plus vaste pour l’émancipation des femmes : pour de meilleures conditions de travail et contre les inégalités salariales ; pour le droit des filles à l’éducation et des épouses au divorce ; pour l’égalité des droits avec les hommes pour la garde des enfants ; pour l’émancipation ouvrière et le socialisme. Le militantisme lui-même est un combat pour ces femmes qui doivent tout à la fois élever une famille et gagner leur vie.

Histoire des suffragistes radicales , Jill Liddington et Jill Norris, traduction Laurent Bury, éditions Libertalia, mars 2018, 560 p., 17 €.